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Message publié le 05/02/2010 à 09:57:00 Lionel Jospin à Tomblaine et Villers. ![]() La venue de Lionel Jospin sur notre circonscription a été un grand évènement, j'ai été très heureux de le recevoir. Sa disponibilité auprès de tous, sa capacité d'analyses et sa grande sagesse tranchent avec la nervosité permanente du chef de l'Etat. Lionel est sympathique et a beaucoup d'humour, et je suis toujours étonné qu'on lui donne une image austère parce que ce n'est absolument pas le cas. Après avoir reçu depuis le début du mandat Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, François Hollande, Bertrand Delanöé, Elisabeth Guigou, Laurent Fabius, Martine Aubry, avec Lionel Jospin, nous avons encore vécu un grand moment de qualité. Revue de presse : Vendredi 30 Avril 2010, L'Est Républicain/Région Génération Jospin Nancy. Quand Pascal Jacquemin, maire de Villers glisse à Lionel Jospin qu’il aura droit à un ballon de basket en cadeau, et que l’accueillir dans le Gymnase Bauvin, à deux pas de la mairie ne doit rien au hasard comme le montrent deux immenses paniers de part et d’autre, l’ancien Premier ministre sourit. Et dégage gentiment en touche : « Une récente opération de l’épaule m’empêchera d’aller tirer des paniers ce soir, mais c’est le Jospin d’hier, voire d’avant-hier que vous avez invité aujourd’hui », réplique, un brin nostalgique, l’ancien basketteur universitaire de haut niveau. Qui pratique toujours, à 73 ans, le tennis avec Jérôme Cahuzac, le nouveau président de la commission des Finances à l’Assemblée et... voisin de bureau du député Hervé Féron. Il n’en fallait pas davantage pour que « le militant de la section Chapelle-Goutte d’Or » accepte de monter au filet (lire en France-Monde) sur la nouvelle circonscription « charcutée » du maire de Tomblaine à la faveur d’une séance de dédicace de « Lionel raconte Jospin » à la mairie de Tomblaine puis en meeting à Villers devant 150 personnes mais 350 chaises. (Fabius avait fait 200).Si l’austère se marre plus qu’avant, la mise reste stricte. À Tomblaine, la chaleur le conduira finalement à tomber la veste, mais pas la cravate bleue rayée sur une chemise bleue également mais claire, et à laisser tomber les bretelles. Qu’il remet à l’issue de la dédicace bon enfant, en tordant la droite, lui fait discrètement remarquer son hôte attentionné. Jospin éclate de rire : « Je ne néglige aucun détail ».À Villers, il consentira à desserrer le premier bouton de sa chemise et la cravate, allez, d’un bon centimètre. Jospin se (re) lâche?!Télés, radios. Tournée. « Je ne boude pas mon plaisir », avoue volontiers l’ancien Premier ministre qui prend son temps à chaque signature pour écouter son interlocuteur. Même quand il n’a qu’un mois au compteur, comme le fils d’Alban Cayon, l’attaché parlemen taire de Féron : « Je fais très attention à écrire lisiblement la date de la dédicace en pensant à 18 ans plus tard quand le jeune regardera mon livre ». Une autre génération.Hier c’était « la génération Jospin » à Villers, a lancé Mathieu Klein, premier secrétaire fédéral du PS 54, militant du début des années 90, « après celle des bébés Jospin », comme l’ancien Premier ministre avait qualifié René Mangin, ancien député de la circonscription entre 1997 et 2002. « Je me rappelle de 95, de 97, et d’autres moins bons souvenirs », égrène Mathieu Klein. Michel Dinet fronce le front. Un ange passe. Très vite. Jospin embraye. Le militant de la Goutte d’Or n’est pas encore totalement retiré de la vie politique.Philippe RIVET Philippe RIVET Vendredi 30 Avril 2010, L'Est Républicain/France Lionel Jospin, à livre ouvert DEPUIS QUE Lionel raconte Jospin, l’ancien Premier ministre arbore une mine de moins en moins austère et se marre de plus en plus. Mais se montre néanmoins retraité (très) actif, le regard toujours vigilant sur l’actu, le coup de patte toujours aussi acéré. Comme hier à Tomblaine, dans la banlieue de Nancy.Etat. « Cet État est recentralisateur. Il n’aime pas les contre-pouvoirs dans les médias, la justice, les collectivités locales. Il est impécunieux, n’assumant pas sa part dans les transferts de charges. La réforme territoriale va créer une confusion dans les compétences au lieu de les clarifier, tout ça pour qu’une droite minoritaire rafle quelques collectivités. On s’éloigne de l’esprit républicain. »Burqa. « Je ne suis pas hostile à une loi permettant de limiter au maximum la burqa dans l’espace public. À condition de ne pas prendre le risque d’une censure juridique. L’affirmation de Fillon est insensée d’autant plus que c’est lui a demandé l’avis au Conseil d’État. »Grèce. « Si les États européens continuent de tergiverser, ce n’est plus 30 mais 150 milliards qu’ils devront verser dans quelques semaines. Quand aux agences de notation, elles feraient bien de se noter elles-mêmes, elles ne se mettraient pas une bonne note. »Retraites. « On l’aurait fait si la gauche avait gagné en 2002. Le COR est une création de mon gouvernement. »Primaires. « Je suis un militant discipliné. Si elles ont lieu je voterai. »Philippe RIVET Philippe RIVET Le Républicain Lorrain, Vendredi le 30 Avril 2010 / Région Leçons républicaines avec Lionel Jospin L'ancien Premier ministre, venu pourune conférence, critique vertement la politique menée par la droite. Est-ce que les gens que vous rencontrez parlent de la situation politique actuelle ? Lionel JOSPIN : « Ils sont assez nombreux à évoquer le passé notamment les années de gouvernement et un nombre croissant fait des comparaisons, qui ne me sont pas actuellement désagréables... J'ai essayé de gouverner de façon républicaine. » Ce n'est plus le cas aujourd'hui ? « On respectait les règles. On admettait les contre-pouvoirs. On respectait les collectivités locales. On respectait l'indépendance de la justice. » En parlant des collectivités territoriales, vous pensez à leur réforme ? « Je constate que cet Etat est un Etat recentralisateur, alors que la France s'était heureusement décentralisée pour trouver un nouvel équilibre institutionnel et politique. Cet Etat n'aime pas les contre-pouvoirs, dans les médias, dans la justice, dans les collectivités locales. Il est sans argent parce qu'il a mené une mauvaise politique économique et qu'il n'assume pas la part qui lui revient dans les transferts de compétences vers les collectivités locales. » Que pensez-vous d'une loi sur le voile intégral ? « Comme les socialistes, je ne suis pas hostile à une loi permettant de limiter au maximum sa présence dans l'espace public, à condition qu'elle soit conforme aux principes généraux du droit et suive les avis du Conseil d'Etat, qui m'ont paru sages. Il y a tout ce qui touche à la dignité des personnes, à la sécurité - on ne se masque pas quand on rentre dans une banque - et l'application des principes de laïcité, comme dans l'enseignement. Il y a là de quoi agir sans courir le risque de censure juridique, qui serait un succès pour les islamistes. » Quelle est votre position sur les retraites ? « Le Parti socialiste est au travail. Je ne vais pas donner la position Jospin, ça n'a pas de sens. » Pourtant vous avez une réelle expertise en cette matière. « Bien sûr. J'ai d'ailleurs lu que Martine Aubry avait demandé au ministre du Travail de ne pas piller le fonds de réserve des retraites, que nous avions créé. On n'est pas passé à l'acte, nous voulions le faire après 2002, si la gauche avait été élue. C'était les derniers mois, nous pensions qu'il fallait reprendre une légitimité pour le faire. Je l'ai regretté après coup. » Quelle est votre situation par rapport au PS ? « Je suis membre d'une section du PS et pour le reste, comme individu, comme ancien militant et dirigeant, comme ancien Premier ministre, je suis un accompagnateur fidèle du PS. Quand les dirigeants du PS me font signe, il n'y a pas de problème, je réponds. » Propos recueillis par Julien BÉNÉTEAU. ![]() | Derniers commentaires
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