Agir pour vous et avec vous

Catégorie : Actualité (Page 128 de 315)

            Voter l’interdiction des néonicotinoïdes pour protéger les abeilles et la biodiversité

 

                                                            ***

De plus en plus fréquemment dans le débat public, nous entendons parler des néonicotinoïdes, cette famille de molécules présentes dans des produits phytosanitaires largement utilisés dans l’Union européenne, extrêmement nocives pour les abeilles.

L’année dernière, une étude conjointe de l’INRA[1] et du CNRS[2] a en effet démontré la nocivité de ces substances pour les colonies d’abeilles. Selon une enquête publiée par la Commission européenne en mars 2015, près de 10 % des 2 000 espèces sauvages d’abeilles européennes seraient actuellement menacées d’extinction. Une autre étude, publiée à la Royal Holloway University de Londres, a prouvé la réduction des services de pollinisation assurés par les bourdons et a mesuré, pour la première fois, les conséquences économiques d’une telle réduction.

Ce n’est donc pas d’une, ni même de deux études scientifiques dont nous parlons, car il existe plus de 1 100 études convergentes à l’échelle internationale !

Or, les abeilles sont indispensables à la vie. La pollinisation, que l’usage de ces substances met en péril, est un enjeu fondamental pour l’avenir de l’humanité. On estime en effet que la plupart des plantes que nous mangeons (près de 85 %) en ont besoin pour vivre. Sans abeilles, un grand nombre de fruits et légumes n’existerait plus, et la diversité de notre alimentation serait grandement affectée. 

L’absence d’abeilles est déjà une réalité dans certains endroits du monde comme en Chine, à la Réunion ou encore dans certaines parties des Etats-Unis, où c’est l’homme qui doit se substituer aux abeilles pour polliniser artificiellement les plantes. 

Lors de la COP21, si la crise climatique a été présentée comme le défi majeur pour l’humanité, la perte de la biodiversité représentait ainsi un enjeu tout aussi important : nous assistons à une vague d’extinction d’espèces, notamment de pollinisateurs, qui ne laisse aucun doute sur le plan scientifique.

Avant d’en arriver là, il nous faut prendre les décisions qui s’imposent et interdire strictement et le plus rapidement possible les produits contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes. Convaincu de cela, je me suis tout de suite joint à l’initiative parlementaire œuvrant pour cette interdiction (par mon vote et en co-signant des amendements) couronnée d’un franc succès en première lecture du Projet de loi Biodiversité à l’Assemblée nationale mais qui avait été supprimée par la droite dès son arrivée au Sénat.

Le texte nous étant revenu par le jeu de la navette parlementaire, je me réjouis que la commission développement durable de l’Assemblée ait réussi à rétablir cette interdiction au 1er janvier 2017, et je plaide pour que ceci ne soit pas remis en cause au moment de l’examen en séance publique cette semaine. Je voterai en ce sens.

Vous pouvez également consulter ma question écrite datant d’avril 2015 dans laquelle j’interpellais déjà le Ministre de l’Agriculture sur la nécessité d’interdire les néonicotinoïdes (QE n°78474, http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-78474QE.htm).  

 

 

Vous noterez que je ne réponds pas aux messages d’interpellation inquisiteurs et agressifs qui encombrent nos réseaux sociaux, mais que j’ai grand plaisir à informer les personnes qui suivent mon travail dans un esprit constructif.

Hervé Féron.


[1] l’Institut national de la recherche agronomique

[2] Centre national de la recherche scientifique

            Voter l’interdiction des néonicotinoïdes pour protéger les abeilles et la biodiversité

 

                                                            ***

De plus en plus fréquemment dans le débat public, nous entendons parler des néonicotinoïdes, cette famille de molécules présentes dans des produits phytosanitaires largement utilisés dans l’Union européenne, extrêmement nocives pour les abeilles.

L’année dernière, une étude conjointe de l’INRA[1] et du CNRS[2] a en effet démontré la nocivité de ces substances pour les colonies d’abeilles. Selon une enquête publiée par la Commission européenne en mars 2015, près de 10 % des 2 000 espèces sauvages d’abeilles européennes seraient actuellement menacées d’extinction. Une autre étude, publiée à la Royal Holloway University de Londres, a prouvé la réduction des services de pollinisation assurés par les bourdons et a mesuré, pour la première fois, les conséquences économiques d’une telle réduction.

Ce n’est donc pas d’une, ni même de deux études scientifiques dont nous parlons, car il existe plus de 1 100 études convergentes à l’échelle internationale !

Or, les abeilles sont indispensables à la vie. La pollinisation, que l’usage de ces substances met en péril, est un enjeu fondamental pour l’avenir de l’humanité. On estime en effet que la plupart des plantes que nous mangeons (près de 85 %) en ont besoin pour vivre. Sans abeilles, un grand nombre de fruits et légumes n’existerait plus, et la diversité de notre alimentation serait grandement affectée. 

L’absence d’abeilles est déjà une réalité dans certains endroits du monde comme en Chine, à la Réunion ou encore dans certaines parties des Etats-Unis, où c’est l’homme qui doit se substituer aux abeilles pour polliniser artificiellement les plantes. 

Lors de la COP21, si la crise climatique a été présentée comme le défi majeur pour l’humanité, la perte de la biodiversité représentait ainsi un enjeu tout aussi important : nous assistons à une vague d’extinction d’espèces, notamment de pollinisateurs, qui ne laisse aucun doute sur le plan scientifique.

Avant d’en arriver là, il nous faut prendre les décisions qui s’imposent et interdire strictement et le plus rapidement possible les produits contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes. Convaincu de cela, je me suis tout de suite joint à l’initiative parlementaire œuvrant pour cette interdiction (par mon vote et en co-signant des amendements) couronnée d’un franc succès en première lecture du Projet de loi Biodiversité à l’Assemblée nationale mais qui avait été supprimée par la droite dès son arrivée au Sénat.

Le texte nous étant revenu par le jeu de la navette parlementaire, je me réjouis que la commission développement durable de l’Assemblée ait réussi à rétablir cette interdiction au 1er janvier 2017, et je plaide pour que ceci ne soit pas remis en cause au moment de l’examen en séance publique cette semaine. Je voterai en ce sens.

Vous pouvez également consulter ma question écrite datant d’avril 2015 dans laquelle j’interpellais déjà le Ministre de l’Agriculture sur la nécessité d’interdire les néonicotinoïdes (QE n°78474, http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-78474QE.htm).  

 

 

Vous noterez que je ne réponds pas aux messages d’interpellation inquisiteurs et agressifs qui encombrent nos réseaux sociaux, mais que j’ai grand plaisir à informer les personnes qui suivent mon travail dans un esprit constructif.

Hervé Féron.


[1] l’Institut national de la recherche agronomique

[2] Centre national de la recherche scientifique

Un nom a toujours un sens, il n’y a pas de mots par hasard, il ne peut donc pas y avoir de tirage au sort.

La méthode est étonnante : demander à des gens tirés au sort de proposer un nom. Comme s’il y avait refus de prise de responsabilité ? Ou bien comme s’il s’agissait de légitimer un possible mauvais choix à venir…

Et puis après, il sera proposé de faire voter par internet, avec tous les risques de manipulations, d’excentricité, ou d’erreurs, que cela permet…

D’autant plus qu’en ayant déjà verrouillé la proposition par le choix de ces « tirés au sort », on s’empêche quasiment de recevoir une proposition nouvelle et pertinente.
Etrange conception de la démocratie… Manque de sérieux ? Démagogie ? Cela fait un peu sondage de bistrot…

Que cherchent-ils ?  Veulent-ils faire croire qu’ils seraient plus démocrates que tous les autres ?
Quand on connait les méthodes de la Conseillère Régionale qui porte très médiatiquement tout ça, cela prête à sourire.

Trois possibilités s’offrent donc désormais à vous chers internautes : Acalie, Rhin-Champagne et Nouvelle Austrasie !

Il aurait été intéressant a priori de se poser quelques questions : que cherche-t-on ? Faire un coup médiatique, on a compris.

Mais plus sérieusement, par le nom de la nouvelle région on aurait pu intellectuellement viser une cible : définir une identité ? Un territoire ? Un projet ? Une histoire commune ?

Il me semble qu’aucune des trois propositions ne définit de près ou de loin une de ces quatre cibles.

– Acalie : il s’agit d’un néologisme issu, lui-même, d’un acronyme. On est certainement dans le pire en termes d’esthétisme, mais surtout, ça n’évoque rien de ces quatre cibles, sauf à faire une véritable enquête pour en trouver un minimum de sens. Le temps de l’enquête, le voyageur aura changé de région…

– Rhin-Champagne : cela évoque deux parties de deux morceaux de cette Grande Région. Même si on sent bien qu’il y a eu là la volonté de définir un territoire (de l’est à l’ouest), ça reste pauvre, à peu près, morcelé, fracturé. Comment voudriez-vous que les Ardennais ou les Lorrains s’y retrouvent ? C’est d’emblée abandonner l’idée de réunir. Mais la majorité de cette nouvelle région souhaite-t-elle l’équilibre du territoire ? La cohérence ? Ou bien est-on d’emblée engagé dans une lutte de tous les instants, entre les anciennes régions, les plus grandes villes, l’urbain et le rural ? Malheur aux faibles ! Adieu la République Une et Indivisible !

– La Nouvelle Austrasie : c’est passéiste, ça évoque un territoire qui n’est pas celui dont on parle aujourd’hui. Outre la Lorraine, l’Alsace et la Champagne, l’Austrasie des Mérovingiens comprenait aussi la Belgique, la Rhénanie, et la partie septentrionale des actuels Pays-Bas. Pour définir un territoire, même en le qualifiant de nouveau, on a vu mieux et plus  précis !

Et puis, il faut savoir raison garder ! Notre nouvelle grande Région est une réunion, la réunion de trois anciennes régions. Alors que  l’Austrasie était, elle, issue du partage du royaume des Francs, donc d’une division.

L’Austrasie était un royaume chrétien.

Alors que nous sommes toujours dans une République laïque, me semble-t-il ?

Et puis « Austrasie », moi ça me fait penser à « ostracisme » donc à l’exclusion, à l’éviction, au rejet. On parle d’ostracisme social, d’ostracisme religieux, d’ostracisme au travail, par exemple…
ça ne donne pas vraiment envie de devenir « néo-austrasien » !!!

Bref, je trouve que ces trois propositions sont malheureuses. Je redoute que l’une d’entre elles (ou peut-être les trois) n’intéresse la majorité de la nouvelle Grande Région. C’est pourquoi je m’inquiète de la méthode utilisée (très induite) pour interroger les citoyens et des possibilités de manipulation ou d’interprétation des résultats.

Un nom a toujours du sens et ce nom pèsera, comme tout nom, sur notre identité et sur l’histoire commune que nous aurons à construire.

Je suis contre ces trois propositions, mais on peut espérer qu’une proposition plus intéressante émergera suffisamment massivement pour peser dans la décision ?

Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il est déjà entré dans l’usage  d’appeler cette Grande Région « Grand Est ». Je pense que c’est là une proposition plus intéressante. Parce qu’elle est déjà dans l’usage, spontanément, et que je crois dans le bon sens populaire (loin du tirage au sort).

Parce que « Grand Est » évoque une situation géographique, mais aussi un territoire pas restrictif. Et parce que dans l’expression « Grand Est », j’entends une déclaration d’intention, peut-être même le début d’un projet de développement et d’ouverture vers les territoires environnants.

Et si on faisait la Région ensemble ?

Un nom a toujours un sens, il n’y a pas de mots par hasard, il ne peut donc pas y avoir de tirage au sort.

La méthode est étonnante : demander à des gens tirés au sort de proposer un nom. Comme s’il y avait refus de prise de responsabilité ? Ou bien comme s’il s’agissait de légitimer un possible mauvais choix à venir…

Et puis après, il sera proposé de faire voter par internet, avec tous les risques de manipulations, d’excentricité, ou d’erreurs, que cela permet…

D’autant plus qu’en ayant déjà verrouillé la proposition par le choix de ces « tirés au sort », on s’empêche quasiment de recevoir une proposition nouvelle et pertinente.
Etrange conception de la démocratie… Manque de sérieux ? Démagogie ? Cela fait un peu sondage de bistrot…

Que cherchent-ils ?  Veulent-ils faire croire qu’ils seraient plus démocrates que tous les autres ?
Quand on connait les méthodes de la Conseillère Régionale qui porte très médiatiquement tout ça, cela prête à sourire.

Trois possibilités s’offrent donc désormais à vous chers internautes : Acalie, Rhin-Champagne et Nouvelle Austrasie !

Il aurait été intéressant a priori de se poser quelques questions : que cherche-t-on ? Faire un coup médiatique, on a compris.

Mais plus sérieusement, par le nom de la nouvelle région on aurait pu intellectuellement viser une cible : définir une identité ? Un territoire ? Un projet ? Une histoire commune ?

Il me semble qu’aucune des trois propositions ne définit de près ou de loin une de ces quatre cibles.

– Acalie : il s’agit d’un néologisme issu, lui-même, d’un acronyme. On est certainement dans le pire en termes d’esthétisme, mais surtout, ça n’évoque rien de ces quatre cibles, sauf à faire une véritable enquête pour en trouver un minimum de sens. Le temps de l’enquête, le voyageur aura changé de région…

– Rhin-Champagne : cela évoque deux parties de deux morceaux de cette Grande Région. Même si on sent bien qu’il y a eu là la volonté de définir un territoire (de l’est à l’ouest), ça reste pauvre, à peu près, morcelé, fracturé. Comment voudriez-vous que les Ardennais ou les Lorrains s’y retrouvent ? C’est d’emblée abandonner l’idée de réunir. Mais la majorité de cette nouvelle région souhaite-t-elle l’équilibre du territoire ? La cohérence ? Ou bien est-on d’emblée engagé dans une lutte de tous les instants, entre les anciennes régions, les plus grandes villes, l’urbain et le rural ? Malheur aux faibles ! Adieu la République Une et Indivisible !

– La Nouvelle Austrasie : c’est passéiste, ça évoque un territoire qui n’est pas celui dont on parle aujourd’hui. Outre la Lorraine, l’Alsace et la Champagne, l’Austrasie des Mérovingiens comprenait aussi la Belgique, la Rhénanie, et la partie septentrionale des actuels Pays-Bas. Pour définir un territoire, même en le qualifiant de nouveau, on a vu mieux et plus  précis !

Et puis, il faut savoir raison garder ! Notre nouvelle grande Région est une réunion, la réunion de trois anciennes régions. Alors que  l’Austrasie était, elle, issue du partage du royaume des Francs, donc d’une division.

L’Austrasie était un royaume chrétien.

Alors que nous sommes toujours dans une République laïque, me semble-t-il ?

Et puis « Austrasie », moi ça me fait penser à « ostracisme » donc à l’exclusion, à l’éviction, au rejet. On parle d’ostracisme social, d’ostracisme religieux, d’ostracisme au travail, par exemple…
ça ne donne pas vraiment envie de devenir « néo-austrasien » !!!

Bref, je trouve que ces trois propositions sont malheureuses. Je redoute que l’une d’entre elles (ou peut-être les trois) n’intéresse la majorité de la nouvelle Grande Région. C’est pourquoi je m’inquiète de la méthode utilisée (très induite) pour interroger les citoyens et des possibilités de manipulation ou d’interprétation des résultats.

Un nom a toujours du sens et ce nom pèsera, comme tout nom, sur notre identité et sur l’histoire commune que nous aurons à construire.

Je suis contre ces trois propositions, mais on peut espérer qu’une proposition plus intéressante émergera suffisamment massivement pour peser dans la décision ?

Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il est déjà entré dans l’usage  d’appeler cette Grande Région « Grand Est ». Je pense que c’est là une proposition plus intéressante. Parce qu’elle est déjà dans l’usage, spontanément, et que je crois dans le bon sens populaire (loin du tirage au sort).

Parce que « Grand Est » évoque une situation géographique, mais aussi un territoire pas restrictif. Et parce que dans l’expression « Grand Est », j’entends une déclaration d’intention, peut-être même le début d’un projet de développement et d’ouverture vers les territoires environnants.

Et si on faisait la Région ensemble ?

« Débat sur l’Ecole : halte aux (im)postures ! », une tribune de Najat Vallaud-Belkacem publiée dans Le Monde (accessible ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/17/najat-vallaud-belkacem-la-reforme-de-l-orthographe-n-existe-pas_4867148_3232.html) et en intégralité ci-dessous :

« Au cours de ces derniers jours, pas moins de trois anciens Ministres de l’Éducation Nationale et un ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur ont créé et alimenté une polémique absurde à propos d’une réforme de l’orthographe qui n’existe pas. Plus grave, ils ont sciemment induit en erreur les médias et l’opinion publique en assimilant cette réforme imaginaire à la réforme, bien réelle celle-ci, qui concerne le collège et plus largement, toute l’École de la République. Ce malheureux épisode de la vie politique, énième tartufferie comme nous en connaissons beaucoup trop ces temps-ci, ne serait d’aucune importance s’il n’occultait pas, une fois de plus, un débat essentiel pour l’avenir de notre pays, mais aussi pour la défense de nos valeurs républicaines: l’éducation de nos enfants.

Un tel débat devrait être sérieux, responsable et constructif car c’est un débat auquel tous les Français ont droit. Un débat honnête, aussi, car chacun a le droit en démocratie d’avoir accès aux véritables enjeux d’une réforme aussi importante, et de pouvoir juger sereinement, et librement, de ce que leurs gouvernements successifs ont fait, ou n’ont pas fait.

Parce qu’ils ont été Ministres de l’Éducation Nationale ou de l’Enseignement Supérieur, François Fillon, Luc Chatel, François Bayrou ou Laurent Wauquiez ont trahi ces exigences élémentaires du débat public dans une démocratie telle que je la conçois. Une trahison d’autant plus regrettable pour la qualité du débat politique qu’ils portent, avec quelques autres, une très lourde responsabilité dans les difficultés que traverse l’École aujourd’hui, et que nous nous attachons à refonder depuis 3 ans en tenant, les uns après les autres, les engagements du Président de la République sur la priorité à la jeunesse. C’est parce que j’ai toujours considéré que l’École ne devait pas être l’otage de combats partisans que j’appelle celles et ceux qui, de bonne volonté, veulent faire avancer notre pays, à accepter enfin la responsabilité du débat. Conviction contre conviction, bilan contre bilan, projet contre projet.

Je m’adresse, en l’occurrence, à celles et ceux qui sont en train d’instruire un procès contre une École de la République qu’ils ont saccagée avec un acharnement consternant durant plus d’une décennie: halte à l’imposture !

Vous qui, entre 2002 et 2012, avez choisi de démolir les dispositifs d’aide aux élèves les plus fragiles, de ne plus recruter d’enseignants y compris de lettres classiques ou d’allemand, de ne plus former les professeurs, de concentrer tous les moyens en direction de ceux qui en avaient le moins besoin, de renoncer à toute modernisation pédagogique dans l’acquisition des connaissances fondamentales, dont la maîtrise de la langue française, n’avez-vous rien de mieux à dire au pays que votre soudaine et opportune indignation contre une évolution orthographique décidée il y a plus de 25 ans, sans jamais l’avoir contestée lorsque vous étiez aux responsabilités ? De qui vous moquez-vous ?

Parlons plutôt, Messieurs, de la priorité que ce gouvernement accorde à l’éducation avec 60 000 postes d’enseignants, parlons des 9 000 postes en primaire déjà créés, des 25 000 places pour scolariser les enfants de moins de 3 ans, des nouveaux programmes de la maternelle au collège afin d’assurer à tous l’acquisition des fondamentaux, quelque soit le milieu social d’origine. Parlons de la formation des enseignants, de l’évaluation des savoirs et des compétences en CE2, de la nouvelle organisation du collège avec plus d’autonomie et d’accompagnement personnalisé des élèves. Parlons du plan numérique de plus d’un milliard d’euros pour faire entrer l’École dans la modernité, et préparer les jeunes Français aux emplois de demain. Parlons de la nouvelle éducation prioritaire pour une école plus juste qui réhabilite enfin le mérite républicain et l’excellence pour tous, partout sur le territoire national. Parlons de la réalité des réformes que nous menons, qui concernent des millions d’élèves, de professeurs et de parents, mais aussi de la société tout entière qui attend de la nouvelle génération qu’elle soit bien formée, intelligente, diverse, adaptée au monde de demain.

Parlons, aussi, de ce que vous faites, aujourd’hui, dans les Mairies, les Départements et les Régions dont vous avez la responsabilité pour les Écoles, les Collèges et les Lycées. Car sur le terrain, il n’est plus question d’accents circonflexes et de tirets, mais d’écoles délabrées, d’argent public gaspillé dans quelques portiques de sécurité imprudemment promis en campagne électorale, de disparition des bourses départementales aux collégiens ou de l’aide aux transports scolaires pour les familles… Auriez-vous peur d’en débattre ? Alors, parlons de nos réformes, parlons des vôtres, et d’un vrai projet d’avenir pour l’École de la République. J’y suis prête. »

Najat Vallaud-Belkacem,
Ministre de l’Éducation Nationale,
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

« Anciens articles Nouveaux articles »