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Catégorie : Actualité (Page 142 de 316)

Quel serait le sens d’accueillir des migrants si dans le même temps on baissait l’aide au développement ?

 

Pour la première fois en quatre ans, le budget de l’aide au développement  ne va pas diminuer.

Cette (bonne) nouvelle est une surprise, car le Gouvernement avait présenté en septembre un budget d’aide au développement en baisse dans le Projet de loi de finances pour 2016. Revenant sur sa décision initiale, le  Gouvernement a déposé un amendement proposant de porter le plafond de la Taxe française sur les transactions financières (TTF) affectée au Fonds de solidarité pour le développement (FSD) à 260 millions d’euros en 2016, contre les 160 millions initialement prévus.

Nous sommes plusieurs à accueillir avec soulagement cette décision du Gouvernement, qui s’inscrit dans la droite ligne des objectifs affichés le 28 septembre par François Hollande à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Deux mois avant l’organisation de la COP 21 à Paris, il était en effet urgent de réaffirmer l’implication de la France dans le système de solidarité internationale. Car les enjeux sont énormes, dans tous les domaines : économique, démocratique, sanitaire, éducatif… Il nous faut soutenir les pays touchés par le changement climatique, contribuer à éradiquer les épidémies, aider les pays frontaliers des pays en guerre à gérer l’afflux de réfugiés, et bien d’autres choses encore. 

Même si nous aurions préféré parvenir à une augmentation de l’aide publique au développement, l’effort réalisé par le Gouvernement doit tout de même être salué. Peut-être la tribune publiée dans la Croix, et que nous avions cosignée avec plusieurs parlementaires[1], a-t-elle joué un rôle dans cet arbitrage. Si tel était le cas, il faut croire que la mobilisation de la société civile et de la représentation nationale aura, pour cette fois, porté ces fruits.

L’attitude du Gouvernement ayant été, à cet égard, véritablement encourageante, je veux croire qu’elle sera de bon augure pour la suite du combat que je mène avec plusieurs de mes collègues en faveur du rétablissement de la demi-part fiscale[2].

[1] Consultable en cliquant ici

[2] Pour l’ensemble des personnes veuves.

 

Leny Escudero s’en est allé. Ce fils de républicain espagnol marqué par la guerre civile de 1939, émigré en France, a été un des plus grands de la chanson française. Je l’avais eu au téléphone il y a un peu plus d’un an. J’avais été bouleversé car j’avais à peine reconnu sa voix. De Malypense à la planète des fous, il nous a fait voyager sur des textes forts avec une présence sur scène inégalable. J’avais beaucoup d’amitié pour lui, même si je ne l’avais pas revu depuis quelques années (une sacrée java jusque très tard dans la nuit à Tomblaine). C’était un humaniste, un combattant, il avait énormément d’humour, il était plein de vie. On aura longtemps dans la tête la balade à Sylvie. Enorme peine. Salut Leny.

Leny Escudero s’en est allé. Ce fils de républicain espagnol marqué par la guerre civile de 1939, émigré en France, a été un des plus grands de la chanson française. Je l’avais eu au téléphone il y a un peu plus d’un an. J’avais été bouleversé car j’avais à peine reconnu sa voix. De Malypense à la planète des fous, il nous a fait voyager sur des textes forts avec une présence sur scène inégalable. J’avais beaucoup d’amitié pour lui, même si je ne l’avais pas revu depuis quelques années (une sacrée java jusque très tard dans la nuit à Tomblaine). C’était un humaniste, un combattant, il avait énormément d’humour, il était plein de vie. On aura longtemps dans la tête la balade à Sylvie. Enorme peine. Salut Leny.

Il y a 70 ans, le jeudi 4 octobre 1945, était promulguée l’ordonnance instaurant la sécurité sociale en France.

La sécurité sociale prend racine dans le contexte si particulier des lendemains de la Seconde Guerre Mondiale ; en 1945, il faut tout reconstruire, mais également renouer le lien social, qui s’est délité dans une société meurtrie par l’occupation et la honte de la collaboration. 

Conduite par le Centre National de la Résistance, la réflexion sur les principes de la sécurité sociale a été diffusée dans un programme intitulé, à point nommé, « Les jours heureux ». Elle fait écho à l’article 11 de la Constitution de 1946, qui charge la Nation de « garantir à tous […] la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. »

Il est indispensable de rappeler les circonstances exceptionnelles qui ont présidé à la mise en place de la « sécu », dont nous bénéficions tous naturellement aujourd’hui. Ainsi gardons-nous en mémoire que la sécurité sociale n’a pas surgi de nulle part, et qu’il s’agit de la protéger.

Le regretté Stéphane Hessel s’indignait il y a quelques années encore, dans un pamphlet qui a fait grand bruit. Grand diplomate, co-rédacteur de la Déclaration des Droits de l’Homme, il mettait le doigt sur le véritable problème auquel notre système fait face aujourd’hui : en 1945, au lendemain de la guerre, nous n’avions plus rien, l’Europe n’était que destruction. C’est alors que nous avons inventé, grâce au Conseil national de la Résistance, la solidarité nationale, la sécurité sociale, afin de faire société, et de garantir aux citoyens français un niveau décent de bien-être en les protégeant de la maladie. Stéphane Hessel faisait aussi remarquer que depuis, la France n’avait jamais cessé de produire plus de richesse et de devenir plus riche alors que l’on nous dit régulièrement que l’Etat ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Le seul véritable problème qui se pose aujourd’hui est donc celui de la redistribution des richesses.

Non, ce ne sont pas des positions dogmatiques voire ringardes que de défendre nos acquis sociaux. S’ils sont justes, s’ils ont du sens, alors c’est le devoir de notre société de se donner les moyens de les défendre.

Que chacun, quels que soient ses revenus, et quel que soit le territoire qu’il habite, ait accès aux mêmes prestations de santé, tel doit être le sens de notre combat. On ne peut faire des économies sur la santé des gens, au risque de déséquilibrer l’ensemble de notre système social, et de mettre dans une situation d’isolement désespéré les Français les plus fragiles.

Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2016, en discussion au Parlement dans les semaines à venir, doit être l’occasion de rouvrir ce débat vital. Dans le contexte du soixante-dixième anniversaire de la sécurité sociale, les députés y apporteront une attention toute particulière et ils seront particulièrement vigilants au respect des principes de la solidarité universelle.

Il y a 70 ans, le jeudi 4 octobre 1945, était promulguée l’ordonnance instaurant la sécurité sociale en France.

La sécurité sociale prend racine dans le contexte si particulier des lendemains de la Seconde Guerre Mondiale ; en 1945, il faut tout reconstruire, mais également renouer le lien social, qui s’est délité dans une société meurtrie par l’occupation et la honte de la collaboration. 

Conduite par le Centre National de la Résistance, la réflexion sur les principes de la sécurité sociale a été diffusée dans un programme intitulé, à point nommé, « Les jours heureux ». Elle fait écho à l’article 11 de la Constitution de 1946, qui charge la Nation de « garantir à tous […] la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. »

Il est indispensable de rappeler les circonstances exceptionnelles qui ont présidé à la mise en place de la « sécu », dont nous bénéficions tous naturellement aujourd’hui. Ainsi gardons-nous en mémoire que la sécurité sociale n’a pas surgi de nulle part, et qu’il s’agit de la protéger.

Le regretté Stéphane Hessel s’indignait il y a quelques années encore, dans un pamphlet qui a fait grand bruit. Grand diplomate, co-rédacteur de la Déclaration des Droits de l’Homme, il mettait le doigt sur le véritable problème auquel notre système fait face aujourd’hui : en 1945, au lendemain de la guerre, nous n’avions plus rien, l’Europe n’était que destruction. C’est alors que nous avons inventé, grâce au Conseil national de la Résistance, la solidarité nationale, la sécurité sociale, afin de faire société, et de garantir aux citoyens français un niveau décent de bien-être en les protégeant de la maladie. Stéphane Hessel faisait aussi remarquer que depuis, la France n’avait jamais cessé de produire plus de richesse et de devenir plus riche alors que l’on nous dit régulièrement que l’Etat ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Le seul véritable problème qui se pose aujourd’hui est donc celui de la redistribution des richesses.

Non, ce ne sont pas des positions dogmatiques voire ringardes que de défendre nos acquis sociaux. S’ils sont justes, s’ils ont du sens, alors c’est le devoir de notre société de se donner les moyens de les défendre.

Que chacun, quels que soient ses revenus, et quel que soit le territoire qu’il habite, ait accès aux mêmes prestations de santé, tel doit être le sens de notre combat. On ne peut faire des économies sur la santé des gens, au risque de déséquilibrer l’ensemble de notre système social, et de mettre dans une situation d’isolement désespéré les Français les plus fragiles.

Le Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2016, en discussion au Parlement dans les semaines à venir, doit être l’occasion de rouvrir ce débat vital. Dans le contexte du soixante-dixième anniversaire de la sécurité sociale, les députés y apporteront une attention toute particulière et ils seront particulièrement vigilants au respect des principes de la solidarité universelle.

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