Agir pour vous et avec vous

Catégorie : Grand Nancy Métropole (Page 99 de 145)

Retrouvez ci-dessous l’intervention d’Hervé Féron en Conseil de Communauté le vendredi 5 février 2016 à l’occasion de la délibération n°1 sur le rapport sur le développement durable du Grand Nancy :

 

Monsieur le Président,

Je tiens tout d’abord à remercier les services pour le travail qu’ils effectuent au quotidien, au service de tous les Grands-Nancéiens. Récemment, le PDG de LVMH, Bernard Arnault, a été élu entrepreneur de l’année, et il en a profité pour dire que les emplois publics n’étaient pas de vrais emplois, parce qu’ils n’étaient pas marchands. Je souhaite dire ici que non seulement ce sont de vrais emplois mais qu’en plus, par le principe de neutralité, par le devoir de réserve, par leurs compétences, ils assurent chaque jour la stabilité de nos territoires et de notre République. Face à ces propos affligeants, je pense que nous devons tous affirmer notre soutien aux fonctionnaires de ce pays.

Je tiens par ailleurs à saluer le Président du Conseil de Développement Durable, Dominique VALCK, ainsi que l’ensemble des membres du C3D pour leur implication au service du territoire. A ce sujet, je souhaiterais réitérer notre proposition d’annexer systématiquement aux délibérations les contributions du C3D. Vous avez dû recevoir il y a quelques jours celle qui s’intitule « Les Natures en Villes au secours des respirations urbaines ». Je pense qu’il aurait été intéressant de la joindre au rapport de développement durable du Grand Nancy que vous nous présentez aujourd’hui, d’autant plus que durant ce conseil, nous aborderons également à plusieurs reprises la question de la Place Thiers qui, en matière de nature en ville, est loin de faire l’unanimité.

Une place très minérale, froide, glaciale. Ce qui m’inquiète le plus, et Pascal JACQUEMIN pourra le confirmer, c’est qu’une des pistes d’économie envisagée est la minéralisation et la suppression de certains espaces verts, afin de diminuer les coûts d’entretien en termes de personnel. Donc ce qui se fait sur la Place Thiers va probablement devenir la norme et du coup, je me demande pourquoi nous avons investi autant dans la trame verte, puisqu’à défaut de cheminements verts, nous aurons désormais des coulées de béton.

Cela m’interroge sur la façon dont sont menées les concertations sur les grands projets. J’ai dû mal à croire que le résultat sur la Place Thiers est celui qu’attendaient les habitants. Je souhaiterais donc faire plusieurs propositions :

*D’abord, organiser de véritables concertations pour tous les grands projets architecturaux ou urbanistiques. Quand je dis « véritables concertations », je veux dire qu’il faut de la pédagogie. Les architectes sont un peu comme nous : ils sont passionnés par ce qu’ils font, et parfois, ils manquent de pédagogie. Il faut vulgariser les propos pour les rendre accessibles au grand public et pour qu’il n’y ait aucun malentendu.

*Ensuite, il faut prendre en compte les différents avis. Souvent, vous nous donnez l’impression que tout est déjà ficelé. C’est un très mauvais signal que vous lancez aux habitants.

*Nous devons également faire de la politique autrement, savoir reconnaître ses erreurs et revenir sur les mauvais projets lorsque cela s’avère nécessaire. On prend souvent l’exemple du tram. Certes, il est très utilisé parce qu’il s’agit d’une ligne structurante. Mais sa vitesse commerciale est très faible, le matériel est défectueux, tout comme les infrastructures. Bon pour le coup, je pense que vous ne referez pas cette erreur !

*Enfin, et pour en revenir au problème de la bétonisation de Nancy, nous devons repenser un vrai projet de ville verte, avec des espaces à vivre et de la convivialité. Ca passe aussi par une concertation, avec le C3D, avec les habitants, les commerçants. Peut-être pourrions-nous même demander l’avis aux touristes, qui ont un regard extérieur à notre territoire.

Si l’on parle pédagogie, nous devons également nous sentir concernés, parce que trop de projet sont incompris, parfois même par nos collègues. Je vais prendre quelques exemples dans le rapport sur le développement durable :

*La French Tech.

*Le PLUi.

*Le 1% territorial. C’est une mesure qui permet de valoriser les artistes et d’embellir l’espace public.

Ce sont là des projets que nous soutenons, mais si vous demandez à un Grand-Nancéien ce que c’est, il ne saura pas répondre. Nous avons donc besoin de concerter et d’être pédagogues.

Enfin, je vais brièvement parler des transports. Mes collègues y reviendront également. Simplement, vous n’êtes pas sans savoir que tous les arrêts ne sont pas équipés de bornes automatiques. Quand il n’y a pas de borne automatique, vous avez deux choix : soit vous rendre dans un point de vente relais, comme les tabac-presse, soit acheter votre ticket auprès des conducteurs, au prix de 1,50€, alors que le tarif en borne est de 1,30€. Je trouve qu’il y a là une vraie inégalité entre les quartiers, et comme vous comptez faire des économies en réduisant encore les dessertes du réseau Stan, peut-être pourriez-vous songer à mettre fin à cette différenciation.

Je vous remercie.

 « Avec la cruauté d’une bête sauvage, Thiers a tué la Commune en un rouge carnage », extrait de la chanson « Versaillais », hiver 1871.

Les travaux ont commencé en février 2013 sur les rues Mazagran et Poincaré, et en août 2013 sur la place elle-même. Le coût prévisionnel annoncé en 2012 était de 18,4 millions d’euros Hors Taxes pour l’ensemble du chantier. Une délibération du 3 juillet 2015 annonce un coût total de 21,457 millions d’euros Hors Taxes, soit une augmentation de plus de 3 millions d’euros. La répartition de la maîtrise d’ouvrage serait de 85% pour le Grand Nancy et 15% pour la ville.

Les élus de la minorité du Grand Nancy n’ont cessé de regretter le manque de concertation. A aucun moment ils n’ont été associés au projet. A l’arrivée, le résultat est à la hauteur de ce que l’on pouvait malheureusement craindre. Il y avait eu la Tour Thiers dans les années 1970 qui défigurait définitivement Nancy. Il y avait certainement mieux à faire au pied de cette balafre-Tour infernale que la place Thiers telle qu’on la découvre aujourd’hui. Minéralisée à l’extrême, c’est l’antithèse de ce que tout le monde préconise. Entre les erreurs du plateau de Haye et le drame architectural « d’Entre Meurtre et Canal », la place Thiers, froide, glaciale, s’impose à vous lorsque vous sortez de la gare. Les quelques petits malheureux sapins tremblotants dans des bacs à l’esthétique douteuse n’apportent pas le minimum de poésie que l’on pourrait espérer dans la ville d’Émile Gallé, de Louis Majorelle, et des frères Daum.

On a du mal à imaginer comment on pourra corriger cette tristesse coulée dans le béton. A quoi sert depuis des années de nous parler de trame verte, de ville tournée vers le végétal, de développement durable ? Si vous voulez aller prendre le train, vous risquez de rater votre train parce que les trams et bus circulent en fréquences trop rares, sur des parcours dessinés de façon hasardeuse, provoquant embouteillages sur embouteillages, transports en commun aux amplitudes horaires ne correspondant pas à la réalité des départs et arrivées ferroviaires.

Sinon, vous avez toujours la possibilité d’aller parquer pour la journée votre voiture pour pouvoir aller travailler en train à Metz ou à Paris. Il vous en coûtera une fortune car si rien n’est fait pour faciliter le transport en commun, tout est fait pour vous empêcher d’utiliser votre véhicule personnel. Places de parking en sous-terrain trop étroites, les ailes de votre voiture se souviendront des arêtes des piliers de béton et tarifs prohibitifs, le droit de se déplacer pour aller travailler est réservé à une classe privilégiée. Ce plan de circulation est une chronique d’une catastrophe annoncée.

L’Est Républicain relatait récemment, non sans humour, les erreurs d’aiguillage qui vous invitent à utiliser la voie de gauche pour accéder à l’aire de dépose courte durée, alors qu’en France on roule à droite. Personne n’a envie de s’engouffrer ainsi en sous-terrain sans savoir comment il en ressortira. Et s’il arrive à la personne qui souhaite vous déposer pour prendre votre train de stationner à l’extérieur en double-file, la police municipale a été mobilisée pour appliquer la double peine : vous subissez un plan de circulation infernal dans un nouveau dispositif incompréhensible, et en plus vous vous faites verbaliser juste parce que vous essayez de vivre le centre-ville. S’il fallait un qualificatif pour résumer ce nouveau quartier, on dirait juste : austère.

Quelles sont les solutions préconisées par la gauche du Grand Nancy :

– Organiser de véritables concertations désormais pour tous les grands projets architecturaux ou urbanistiques qui feront le Grand Nancy de demain.

– Une vraie concertation signifie prendre en compte les avis exprimés pour construire la décision et non pas en utiliser certains pour légitimer une décision déjà prise par avance

– Faire de la politique autrement, c’est-à-dire savoir reconnaître ses erreurs et revenir sur les mauvais projets

– Repenser un vrai projet de ville verte avec de véritables espaces à vivre, de la convivialité, et imaginer ensemble l’esthétique.

– Associer véritablement tous les élus communautaires aux choix budgétaires pour arrêter de commettre de telles erreurs qui nous engagent sur un tel gaspillage d’argent public.

Je souhaite à toutes et à tous une joyeuse année 2016.

Hervé Féron

 « Avec la cruauté d’une bête sauvage, Thiers a tué la Commune en un rouge carnage », extrait de la chanson « Versaillais », hiver 1871.

Les travaux ont commencé en février 2013 sur les rues Mazagran et Poincaré, et en août 2013 sur la place elle-même. Le coût prévisionnel annoncé en 2012 était de 18,4 millions d’euros Hors Taxes pour l’ensemble du chantier. Une délibération du 3 juillet 2015 annonce un coût total de 21,457 millions d’euros Hors Taxes, soit une augmentation de plus de 3 millions d’euros. La répartition de la maîtrise d’ouvrage serait de 85% pour le Grand Nancy et 15% pour la ville.

Les élus de la minorité du Grand Nancy n’ont cessé de regretter le manque de concertation. A aucun moment ils n’ont été associés au projet. A l’arrivée, le résultat est à la hauteur de ce que l’on pouvait malheureusement craindre. Il y avait eu la Tour Thiers dans les années 1970 qui défigurait définitivement Nancy. Il y avait certainement mieux à faire au pied de cette balafre-Tour infernale que la place Thiers telle qu’on la découvre aujourd’hui. Minéralisée à l’extrême, c’est l’antithèse de ce que tout le monde préconise. Entre les erreurs du plateau de Haye et le drame architectural « d’Entre Meurtre et Canal », la place Thiers, froide, glaciale, s’impose à vous lorsque vous sortez de la gare. Les quelques petits malheureux sapins tremblotants dans des bacs à l’esthétique douteuse n’apportent pas le minimum de poésie que l’on pourrait espérer dans la ville d’Émile Gallé, de Louis Majorelle, et des frères Daum.

On a du mal à imaginer comment on pourra corriger cette tristesse coulée dans le béton. A quoi sert depuis des années de nous parler de trame verte, de ville tournée vers le végétal, de développement durable ? Si vous voulez aller prendre le train, vous risquez de rater votre train parce que les trams et bus circulent en fréquences trop rares, sur des parcours dessinés de façon hasardeuse, provoquant embouteillages sur embouteillages, transports en commun aux amplitudes horaires ne correspondant pas à la réalité des départs et arrivées ferroviaires.

Sinon, vous avez toujours la possibilité d’aller parquer pour la journée votre voiture pour pouvoir aller travailler en train à Metz ou à Paris. Il vous en coûtera une fortune car si rien n’est fait pour faciliter le transport en commun, tout est fait pour vous empêcher d’utiliser votre véhicule personnel. Places de parking en sous-terrain trop étroites, les ailes de votre voiture se souviendront des arêtes des piliers de béton et tarifs prohibitifs, le droit de se déplacer pour aller travailler est réservé à une classe privilégiée. Ce plan de circulation est une chronique d’une catastrophe annoncée.

L’Est Républicain relatait récemment, non sans humour, les erreurs d’aiguillage qui vous invitent à utiliser la voie de gauche pour accéder à l’aire de dépose courte durée, alors qu’en France on roule à droite. Personne n’a envie de s’engouffrer ainsi en sous-terrain sans savoir comment il en ressortira. Et s’il arrive à la personne qui souhaite vous déposer pour prendre votre train de stationner à l’extérieur en double-file, la police municipale a été mobilisée pour appliquer la double peine : vous subissez un plan de circulation infernal dans un nouveau dispositif incompréhensible, et en plus vous vous faites verbaliser juste parce que vous essayez de vivre le centre-ville. S’il fallait un qualificatif pour résumer ce nouveau quartier, on dirait juste : austère.

Quelles sont les solutions préconisées par la gauche du Grand Nancy :

– Organiser de véritables concertations désormais pour tous les grands projets architecturaux ou urbanistiques qui feront le Grand Nancy de demain.

– Une vraie concertation signifie prendre en compte les avis exprimés pour construire la décision et non pas en utiliser certains pour légitimer une décision déjà prise par avance

– Faire de la politique autrement, c’est-à-dire savoir reconnaître ses erreurs et revenir sur les mauvais projets

– Repenser un vrai projet de ville verte avec de véritables espaces à vivre, de la convivialité, et imaginer ensemble l’esthétique.

– Associer véritablement tous les élus communautaires aux choix budgétaires pour arrêter de commettre de telles erreurs qui nous engagent sur un tel gaspillage d’argent public.

Je souhaite à toutes et à tous une joyeuse année 2016.

Hervé Féron

Vendredi 18 décembre, Hervé Féron est intervenu lors du Conseil de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, à l’occasion du débat sur la stratégie de développement économique :

Monsieur le Président, chers collègues,

La façon dont nous procédons cet après-midi pour organiser ce débat est un événement. En effet, sur un sujet aussi important que le développement économique qui va pouvoir être une compétence par le fait que nous deviendrons Métropole, on ne pouvait pas imaginer être crédible sans avoir travaillé en mobilisant les talents de chacun. Le fait que nos collègues Christophe Choserot et Michel Breuille aient pu travailler en amont avec les vice-Présidents de la majorité de la Communauté Urbaine dont les délégations croisent le développement économique était essentiel. Nos collègues ont ainsi pu très largement contribuer à la rédaction des propositions qui nous sont faites aujourd’hui.

Nous l’avons déjà dit, le Grand Nancy Métropole devrait permettre de faire Métropole ensemble, c’est ce que nous espérons, mais plus encore d’être une Métropole d’équilibre par rapport à l’Alsace. Sans cela, on risquait d’avoir dans cette nouvelle grande région d’un côté Strasbourg et de l’autre le reste du monde. Nous devons plus qu’exister, nous devons proposer, inventer, entreprendre. Si ce débat dans la forme qu’il prend ce soir est essentiel, il arrive également à point nommé. En effet, tout évolue, une nouvelle grande région, de nouvelles stratégies, de nouveaux territoires d’attractivité, de nouveaux partenariats, de nouvelles intelligences, nous ne pouvions attendre que la Grande Région se retourne vers le Grand Nancy pour nous demander « et vous, où en êtes-vous ? ». Il nous fallait anticiper et être les premiers, force de proposition, pour dire « voilà nos atouts, voilà ce que nous proposons, voilà ce que nous demandons, voilà ce que nous souhaitons entreprendre avec vous ». Enfin, il est essentiel de garder un seul cap, dans le cadre de ce débat, une seule volonté, nous allons parler développement économique, car parler de développement économique ne concerne qu’un seul objectif, créer de l’emploi sur notre territoire.

La conjoncture n’est pas des plus propices, je vous l’accorde. Si la reprise économique semble bien là, elle se fait timide, la croissance reste atone, et l’exigence de redressement des comptes publics grève les capacités d’investissement public. Les collectivités sont les premières à souffrir de cette situation alors que les dotations au titre de la DGF subissent des coupes drastiques. Cela réduit les marges de manœuvre et oblige à définir des priorités.

Notre région qui fut le troisième pôle économique de France s’est retrouvée au cours des dernières décennies à la remorque de la mondialisation, subissant de plein fouet les vagues de désindustrialisation successives, souffrant de la concurrence avec des pays plus compétitifs. Aujourd’hui, l’occasion nous est donnée de prendre à nouveau un coup d’avance, et nous sommes convaincus que le Grand Nancy dispose des atouts nécessaires pour devenir la tête de pont du développement économique de ce territoire.

Nous sommes satisfaits que l’Agence de Développement Economique que nous appelions de nos vœux soit évoquée dans cette délibération, certes en des termes encore vagues puisqu’il ne s’agit encore que « d’engager une réflexion avec les partenaires du Grand Nancy », mais nous avons bon espoir que ce projet aboutisse et nous serons vigilants pour qu’il ne tombe pas aux oubliettes.

Car les défis sont immenses et requièrent un fort volontarisme institutionnel que seule peut initier la Métropole. Je souhaite ici apporter, peut-être, quelques éléments propositionnels supplémentaires, et en particulier pour ce qui concerne la formation professionnelle. Il est nécessaire de travailler à l’amélioration de l’adéquation entre les types de formations proposées dès le lycée professionnel et la réalité de l’employabilité sur le territoire. Trop de jeunes se perdent dans des formations inadaptées, aux débouchés professionnels incertains sinon inexistants. Il est urgent de rétablir un peu de réalisme économique dans notre système de formation, de valoriser enfin l’apprentissage afin de combler le fossé entre les besoins des entreprises, et de l’industrie en particulier, et les aspirations de la masse de jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni perspectives. Pourtant les débouchés existent : chaque année en Meurthe-et-Moselle, ce ne sont pas moins de 350 contrats d’apprentissage dans les métiers de l’industrie qui ne sont pas pourvus faute de candidat. Il y a là un véritable gisement d’emplois et d’activité qui ne demande qu’à être exploité. Même s’il n’en est pas question dans la présente délibération, il me semble qu’il sera souhaitable que la question de l’apprentissage prenne toute sa place dans notre projet.

Pour prendre un seul exemple que j’ai défendu personnellement à l’Assemblée nationale, l’entreprise Schweitzer à Ludres emploie plus de vingt personnes en interim très régulièrement car elle ne trouve pas de candidats correspondant aux qualifications recherchées – qui n’ont pourtant rien d’exotique : électriciens, mécaniciens, etc… Il s’agit d’une entreprise innovante, compétitive, qui exporte dans toute l’Europe. Spécialisée dans les emballages, elle produira bientôt des sacs en bioplastique fabriqués à partir de fécule de pomme de terre, conformément à l’évolution de la législation qui devrait prochainement interdire l’utilisation des sacs de caisse à usage unique en plastique dans les supermarchés. Il s’agit d’une filière d’avenir alors qu’un véritable continent sous-marin en plastique envahit la planète. Le groupe Sphère, dont fait partie l’entreprise Schweitzer, a d’ailleurs prévu de réaliser des investissements importants à Ludres pour développer cette activité.

C’est un exemple de filière innovante qui ouvre des perspectives nouvelles, qui créera de nombreux emplois liés à la modernité et au développement durable. Cette activité permettrait de diversifier l’économie du Grand Nancy qui repose de manière très importante sur le secteur tertiaire. En effet, outre les emplois industriels créés sur le site de production, le bioplastique produit à partir de fécule de pomme de terre ouvrirait également des débouchés nouveaux pour les agriculteurs lorrains qui pourraient fournir la matière première sans exercer de concurrence avec les terres cultivables car ce type de pomme de terre, impropre à la consommation humaine, pourrait être cultivée sur des terres en jachère. Nous retrouvons là réunies plusieurs des priorités affichées dans cette délibération, qui contribueront à faire du Grand Nancy un des principaux moteurs économiques de la Grande Région.

Le développement de la formation professionnelle doit bien sûr associer étroitement l’université qui joue un rôle de premier plan. Le Grand Nancy peut pour cela s’appuyer sur l’Université de Lorraine qui offre à la région une visibilité et un rayonnement nationaux voire internationaux sur certains domaines d’excellence comme les matériaux, les procédés, la santé, les sciences de l’environnement et le numérique.

Dans cette optique, les partenariats entre l’Université et le secteur privé doivent être renforcés. Par exemple, le laboratoire GeoRessources, lié à l’Université de Lorraine, travaille depuis des années avec la société EGL sur l’exploitation du gaz de charbon. Le sol lorrain regorge de ce gaz qui, contrairement au gaz de schiste plus connu et plus médiatisé, peut être exploité sans conséquences néfastes pour l’environnement. Il n’y a pas de fragmentation hydraulique. L’exploitation du gaz de charbon dans le cadre du Sillon Lorrain pourrait permettre de créer des milliers d’emplois pour la région tout en améliorant notre balance commerciale et en renforçant notre indépendance énergétique pour de nombreuses années.

Juste un autre exemple ; l’entreprise CINI, avec l’Institut Jean Lamour, l’école de chirurgie, l’INRIA, pour la conception de matériaux médicaux.

Il faut également soutenir les accélérateurs de projets et travailler à la mobilisation de tous les acteurs en faveur du développement économique. Le  C2IME (Commissariat à l’Innovation à l’Investissement et la Mobilisation Economique), créé il y a deux ans avec le soutien de la région Lorraine et du pôle métropolitain du sillon Lorrain a un rôle d’interface entre les acteurs de l’université et de la recherche, les plateformes technologiques, la région Lorraine, les métropoles, les départements, les industriels, les banques et organismes de financement. C’est une initiative exemplaire qui a permis d’accompagner les créateurs en améliorant leurs points faibles, et d’accélérer leurs projets.

L’action du commissariat sera prolongée par l’agence de développement économique lorsqu’elle sera opérationnelle. Car les enjeux sont liés et indissociables. Le Grand Nancy doit jouer pleinement son rôle d’animateur du territoire, il doit être force de proposition, en adoptant une démarche proactive. C’est bien pour cela que le débat que nous avons eu hier est essentiel, débat au centre duquel se pose la question du mode de gouvernance et des responsabilités à partager. C’est ensemble, en mobilisant toutes les compétences, en s’ouvrant sur les partenariats, en travaillant en réseau, que nous développerons une véritable dynamique nouvelle et la nécessaire mobilisation pour l’emploi. La stratégie de développement économique qui nous est proposée cet après-midi est un premier pas dans cette direction, et c’est pourquoi nous y sommes particulièrement favorables.

 

 

 

 

 

Vendredi 18 décembre, Hervé Féron est intervenu lors du Conseil de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, à l’occasion du débat sur la stratégie de développement économique :

Monsieur le Président, chers collègues,

La façon dont nous procédons cet après-midi pour organiser ce débat est un événement. En effet, sur un sujet aussi important que le développement économique qui va pouvoir être une compétence par le fait que nous deviendrons Métropole, on ne pouvait pas imaginer être crédible sans avoir travaillé en mobilisant les talents de chacun. Le fait que nos collègues Christophe Choserot et Michel Breuille aient pu travailler en amont avec les vice-Présidents de la majorité de la Communauté Urbaine dont les délégations croisent le développement économique était essentiel. Nos collègues ont ainsi pu très largement contribuer à la rédaction des propositions qui nous sont faites aujourd’hui.

Nous l’avons déjà dit, le Grand Nancy Métropole devrait permettre de faire Métropole ensemble, c’est ce que nous espérons, mais plus encore d’être une Métropole d’équilibre par rapport à l’Alsace. Sans cela, on risquait d’avoir dans cette nouvelle grande région d’un côté Strasbourg et de l’autre le reste du monde. Nous devons plus qu’exister, nous devons proposer, inventer, entreprendre. Si ce débat dans la forme qu’il prend ce soir est essentiel, il arrive également à point nommé. En effet, tout évolue, une nouvelle grande région, de nouvelles stratégies, de nouveaux territoires d’attractivité, de nouveaux partenariats, de nouvelles intelligences, nous ne pouvions attendre que la Grande Région se retourne vers le Grand Nancy pour nous demander « et vous, où en êtes-vous ? ». Il nous fallait anticiper et être les premiers, force de proposition, pour dire « voilà nos atouts, voilà ce que nous proposons, voilà ce que nous demandons, voilà ce que nous souhaitons entreprendre avec vous ». Enfin, il est essentiel de garder un seul cap, dans le cadre de ce débat, une seule volonté, nous allons parler développement économique, car parler de développement économique ne concerne qu’un seul objectif, créer de l’emploi sur notre territoire.

La conjoncture n’est pas des plus propices, je vous l’accorde. Si la reprise économique semble bien là, elle se fait timide, la croissance reste atone, et l’exigence de redressement des comptes publics grève les capacités d’investissement public. Les collectivités sont les premières à souffrir de cette situation alors que les dotations au titre de la DGF subissent des coupes drastiques. Cela réduit les marges de manœuvre et oblige à définir des priorités.

Notre région qui fut le troisième pôle économique de France s’est retrouvée au cours des dernières décennies à la remorque de la mondialisation, subissant de plein fouet les vagues de désindustrialisation successives, souffrant de la concurrence avec des pays plus compétitifs. Aujourd’hui, l’occasion nous est donnée de prendre à nouveau un coup d’avance, et nous sommes convaincus que le Grand Nancy dispose des atouts nécessaires pour devenir la tête de pont du développement économique de ce territoire.

Nous sommes satisfaits que l’Agence de Développement Economique que nous appelions de nos vœux soit évoquée dans cette délibération, certes en des termes encore vagues puisqu’il ne s’agit encore que « d’engager une réflexion avec les partenaires du Grand Nancy », mais nous avons bon espoir que ce projet aboutisse et nous serons vigilants pour qu’il ne tombe pas aux oubliettes.

Car les défis sont immenses et requièrent un fort volontarisme institutionnel que seule peut initier la Métropole. Je souhaite ici apporter, peut-être, quelques éléments propositionnels supplémentaires, et en particulier pour ce qui concerne la formation professionnelle. Il est nécessaire de travailler à l’amélioration de l’adéquation entre les types de formations proposées dès le lycée professionnel et la réalité de l’employabilité sur le territoire. Trop de jeunes se perdent dans des formations inadaptées, aux débouchés professionnels incertains sinon inexistants. Il est urgent de rétablir un peu de réalisme économique dans notre système de formation, de valoriser enfin l’apprentissage afin de combler le fossé entre les besoins des entreprises, et de l’industrie en particulier, et les aspirations de la masse de jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni perspectives. Pourtant les débouchés existent : chaque année en Meurthe-et-Moselle, ce ne sont pas moins de 350 contrats d’apprentissage dans les métiers de l’industrie qui ne sont pas pourvus faute de candidat. Il y a là un véritable gisement d’emplois et d’activité qui ne demande qu’à être exploité. Même s’il n’en est pas question dans la présente délibération, il me semble qu’il sera souhaitable que la question de l’apprentissage prenne toute sa place dans notre projet.

Pour prendre un seul exemple que j’ai défendu personnellement à l’Assemblée nationale, l’entreprise Schweitzer à Ludres emploie plus de vingt personnes en interim très régulièrement car elle ne trouve pas de candidats correspondant aux qualifications recherchées – qui n’ont pourtant rien d’exotique : électriciens, mécaniciens, etc… Il s’agit d’une entreprise innovante, compétitive, qui exporte dans toute l’Europe. Spécialisée dans les emballages, elle produira bientôt des sacs en bioplastique fabriqués à partir de fécule de pomme de terre, conformément à l’évolution de la législation qui devrait prochainement interdire l’utilisation des sacs de caisse à usage unique en plastique dans les supermarchés. Il s’agit d’une filière d’avenir alors qu’un véritable continent sous-marin en plastique envahit la planète. Le groupe Sphère, dont fait partie l’entreprise Schweitzer, a d’ailleurs prévu de réaliser des investissements importants à Ludres pour développer cette activité.

C’est un exemple de filière innovante qui ouvre des perspectives nouvelles, qui créera de nombreux emplois liés à la modernité et au développement durable. Cette activité permettrait de diversifier l’économie du Grand Nancy qui repose de manière très importante sur le secteur tertiaire. En effet, outre les emplois industriels créés sur le site de production, le bioplastique produit à partir de fécule de pomme de terre ouvrirait également des débouchés nouveaux pour les agriculteurs lorrains qui pourraient fournir la matière première sans exercer de concurrence avec les terres cultivables car ce type de pomme de terre, impropre à la consommation humaine, pourrait être cultivée sur des terres en jachère. Nous retrouvons là réunies plusieurs des priorités affichées dans cette délibération, qui contribueront à faire du Grand Nancy un des principaux moteurs économiques de la Grande Région.

Le développement de la formation professionnelle doit bien sûr associer étroitement l’université qui joue un rôle de premier plan. Le Grand Nancy peut pour cela s’appuyer sur l’Université de Lorraine qui offre à la région une visibilité et un rayonnement nationaux voire internationaux sur certains domaines d’excellence comme les matériaux, les procédés, la santé, les sciences de l’environnement et le numérique.

Dans cette optique, les partenariats entre l’Université et le secteur privé doivent être renforcés. Par exemple, le laboratoire GeoRessources, lié à l’Université de Lorraine, travaille depuis des années avec la société EGL sur l’exploitation du gaz de charbon. Le sol lorrain regorge de ce gaz qui, contrairement au gaz de schiste plus connu et plus médiatisé, peut être exploité sans conséquences néfastes pour l’environnement. Il n’y a pas de fragmentation hydraulique. L’exploitation du gaz de charbon dans le cadre du Sillon Lorrain pourrait permettre de créer des milliers d’emplois pour la région tout en améliorant notre balance commerciale et en renforçant notre indépendance énergétique pour de nombreuses années.

Juste un autre exemple ; l’entreprise CINI, avec l’Institut Jean Lamour, l’école de chirurgie, l’INRIA, pour la conception de matériaux médicaux.

Il faut également soutenir les accélérateurs de projets et travailler à la mobilisation de tous les acteurs en faveur du développement économique. Le  C2IME (Commissariat à l’Innovation à l’Investissement et la Mobilisation Economique), créé il y a deux ans avec le soutien de la région Lorraine et du pôle métropolitain du sillon Lorrain a un rôle d’interface entre les acteurs de l’université et de la recherche, les plateformes technologiques, la région Lorraine, les métropoles, les départements, les industriels, les banques et organismes de financement. C’est une initiative exemplaire qui a permis d’accompagner les créateurs en améliorant leurs points faibles, et d’accélérer leurs projets.

L’action du commissariat sera prolongée par l’agence de développement économique lorsqu’elle sera opérationnelle. Car les enjeux sont liés et indissociables. Le Grand Nancy doit jouer pleinement son rôle d’animateur du territoire, il doit être force de proposition, en adoptant une démarche proactive. C’est bien pour cela que le débat que nous avons eu hier est essentiel, débat au centre duquel se pose la question du mode de gouvernance et des responsabilités à partager. C’est ensemble, en mobilisant toutes les compétences, en s’ouvrant sur les partenariats, en travaillant en réseau, que nous développerons une véritable dynamique nouvelle et la nécessaire mobilisation pour l’emploi. La stratégie de développement économique qui nous est proposée cet après-midi est un premier pas dans cette direction, et c’est pourquoi nous y sommes particulièrement favorables.

 

 

 

 

 

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