Hervé FERON

Faut-il organiser les élections municipales en juin ?

Face à la crise sanitaire, alors qu’il aurait fallu décréter la mobilisation générale, ils ont institué la manipulation générale.

C’est clair, les élus et les membres du Gouvernement, qui souhaitent que les élections municipales aient lieu en juin sont ceux qui y ont intérêt. Ceux qui ne souhaiteraient pas devoir en septembre repasser par un premier tour... Et ceux-là se fichent complètement du risque sanitaire, ils se fichent de leur devoir de protection de la population, ils préfèrent cyniquement prendre le risque. 
Mais comment peut-on encore hésiter à ouvrir nos restaurants et nos théâtres, lieux de vie et de lien social et dans le même temps vouloir à tout prix organiser des élections dès le mois de juin, quand ces élections aujourd’hui dans notre pays sont devenues mortifères par la manipulation générale ?
Alors, je vois déjà venir, ceux qui diront de moi, que c’est facile parce que j’ai été élu dès le premier tour. Mais je suis très à l’aise et s’il fallait que l’élection de mon Conseil Municipal soit annulée pour recommencer en septembre, à un moment dont on sera sûr que nos concitoyens ne seront pas mis en danger, cela ne me poserait aucun problème.
Je pense que ceux qui demandent des élections en juin ne sont ni dignes, ni responsables. 

Pour ceux-là, la campagne n’a jamais cessé d’être, pire encore, ils se sont servi du drame pour tenter de se faire valoir. 

Ainsi, il est assez étonnant de lire dans la presse locale un article de complaisance d’une page entière pour Laurent Hénart, maire sortant de Nancy, avec à la une, la phrase qu’il fallait oser : « Laurent Hénart, une gestion de crise transparente ». Il me semble qu’on est là quasiment dans la propagande...
On aurait aimé que, pendant les mois qui ont précédé les élections municipales à Nancy, tous les candidats soient traités de la même manière par les médias locaux...
Alors, non la gestion de cette crise par Laurent Hénart n’a pas été tout à fait clean...
L’utilisation du terme « transparent » est d’ailleurs certainement un lapsus du journaliste...
Laurent Hénart, qui a justement été très « transparent » pendant tout son mandat, parce que étouffé par A. Rossinot, l’autocrate président de la Métropole du Grand Nancy, n’a rien fait de bon pour Nancy, avec un bilan catastrophique dans  à peu près tous les domaines : transports, fermetures de commerces, écologie, urbanisme, qualité de la vie... 

Et voilà que soudain, il a trouvé l’opportunité de cette crise sanitaire pour se montrer hyper-actif et... omniprésent dans la presse. Cela s’appelle « continuer à faire campagne » et cela, ce n’est surtout pas être transparent. 

=> Mais n’oublions pas qu’il s’est associé pour ces élections à La République en Marche, largement responsable de la gestion calamiteuse de cette crise sanitaire et de tous les  mensonges d’Etat successifs que nous avons entendus en continu depuis trois mois. 
=> N’oublions pas non plus que Laurent Henart en complicité avec A. Rossinot a tenté de faire un coup en annonçant publiquement que à l’initiative du Maire de Nancy, la Métropole allait offrir deux masques par Grand Nancéien... Oubliant de dire très clairement, que ces masques allaient être payés de moitié par les Communes et donc complètement par les habitants. On se souvient qu’A. Rossinot avait invité tous les maires de la Métropole le vendredi 17 avril pour organiser ces commandes de masques et qu’il avait juste « oublié » d’inviter le Maire de Tomblaine, excluant de fait tous les Tomblainois de cette participation financière de la Métropole. J’appelle cela de la discrimination. On se souvient aussi que le dispositif à Nancy obligeait les gens à se déplacer en plein confinement pour retirer ces masques et qu’ils devaient présenter... leur carte d’électeur pour démontrer qu’ils étaient électeurs à Nancy. Même si, dans un deuxième temps, le coup a été rattrapé pour permettre aux non-électeurs de solliciter un masque, n’est il pas choquant et discriminant qu’un non électeur ne soit pas traité au départ comme n’importe quelle autre personne sur le territoire, parce qu’il serait SDF, étranger, ou tout simplement non-électeur (ce qui est un droit). J’ai connaissance, par exemple d’une dame, mariée à un français électeur à Nancy, cette dame habite et travaille à Nancy, mais elle est de nationalité étrangère, elle n’a pas reçu de masque... Le simple fait de le présenter comme ça a été très mal vécu. Et une fois de plus, quel est l’intérêt d’annoncer un mode de distribution au départ réservé aux seuls électeurs, sinon de faire honteusement campagne pour les élections municipales en surfant sur le malheur des gens. 

=> Est-aussi la précipitation, pour faire un coup de communication, qui a fait que certains de ces masques étaient de mauvaise qualité et sont partis en charpie au premier lavage ?
=> Et puis, toujours pour la communication le Maire de Nancy a voulu annoncer très vite qu’il donnait des primes aux employés municipaux qui s’étaient investis pendant le confinement... Bravo au maire de nancy ! Articles dans la presse... C’est un héros !  Il a donc versé cette prime... avant que le décret ministériel ne soit signé. Résultat : cette prime sera imposable pour les bénéficiaires. 

A Tomblaine, j’ai attendu le décret et les employés municipaux ne paieront pas d’impôts sur cette prime...

Cette gestion est tout sauf transparente et surtout pas éclairée !

Enfin, si la gestion pendant la crise est une chose, il ne faut pas oublier d’évoquer la gestion lors de ce mandat, avant la crise... Et là le trouble s’installe carrément.
=> A. Rossinot a été très, très longtemps Président du CHU de Nancy, Laurent Hénart lui a succédé. Il ont accepté les centaines de suppressions de postes et les centaines de suppressions de lits, ainsi que le surendettement du CHU, alors que dans le même temps ils engageaient des projets inconsidérés comme Nancy Grand Coeur ou le Grand Nancy Thermal en bradant l’argent public au profit des promoteurs privés et faisant la Métropole du Grand Nancy la Métropole la plus mal classée de France dans le rapport dette par habitant. Bientôt un Milliard de dette pour les Grands
Nancéiens ! 
Et puis, ces deux-là ont créé les conditions et accepté qu’un nouveau « plan de sauvetage » (on croit rêver !) du CHU prévoie la suppression de 598 postes et 174 lits dans les cinq ans à venir ! 

Aujourd’hui, il ne sert à rien d’avoir tapé sur des gamelles tous les soirs pendant deux mois pour rendre hommage aux personnels soignants, si nous ne descendons pas tous ensemble dans la rue pour empêcher cette grande liquidation annoncée !

=> Enfin, je voudrais vous parler de la Maison de Santé Pluriprofessionnelle de Santé de Tomblaine. Tomblaine était en situation de désert médical. Je me suis battu pendant des années pour que ce projet partagé avec les professionnels de santé soit possible. J’ai demandé une participation à la Métropole de 98 000€ qui s'alignait sur celle que le Conseil départemental nous avait annoncé (par la suit le CD donnera finalement  174 000€). Pendant trois ans, malgré mes demandes insistantes, A. Rossinot m’a refusé cette aide. Finalement, huit jours avant l’inauguration, en présence de la Ministre de la santé, A. Rossinot ayant compris qu’il ne serait pas invité à prendre la parole, puisqu’il avait combattu notre projet, m’appelle pour me dire qu’il donnerait tout de même 98 000€ (sur un coût total de 2. 200 000 )
Il est donc venu se montrer à l’inauguration, pour être sur la photo, puis prendre la parole en tant que « financeur » (pas de honte). Cette année là, la Ville de Tomblaine a payé tous les travaux. La participation de la Métropole n’a été versée que de moitié sur cette année et l’autre moitié l’année suivante... Mais entre-temps, la Métropole a perçu la taxe d’équipement de la part de la Ville de Tomblaine, taxe d’équipement liée à la construction de cette Maison de Santé, pourtant d’intérêt Public, taxe d’un montant équivalent au montant de l’aide allouée par la Métropole. Le Conseil Départemental avait eu, lui, la délicatesse de nous donner une subvention de compensation par rapport à la taxe d’équipement, pas la Métropole.
Quand il ya quelques mois, j’ai entendu A. Rossinot, lors de son interminable monologue à la Métropole pour la signature du Contrat Local de Santé, dire publiquement  que « tous ceux qui avaient souhaité des Maisons de Santé s’étaient lourdement trompés, car ça ne marche pas », j’étais scandalisé.

Sachant que la Maison de Santé Pluriprofessionnelle de Tomblaine était prévue pour accueillir 24 professionnels de santé et que finalement elle en compte 35, ainsi qu’un laboratoire d’analyse médicale. Quand on sait qu’hors crise sanitaire, elle accueille 400 patients par jour, sans compter les visites extérieures et que les maires de droite de communes limitrophes sont très heureux de savoir que leurs administrés trouvent là une offre de soin cohérente, accessible et en proximité. Quand on sait le travail exceptionnel des professionnels de santé de la MSP de Tomblaine à l’occasion de cette crise sanitaire (qu’aurions nous fait sans eux ?)...  Quel mépris ! On ne peut qu’être atterré par ces attitudes et propos lamentables de la part du « bon docteur Rossinot »... 

Et puis, cerise sur le gâteau, lorsque j’ai lu dans la presse que Laurent Hénart, pourtant complice de Rossinot, pendant la campagne des municipales, en février dernier, promettait des maisons de santé dans les quartiers de Nancy, je me suis dit que ça n’était plus de la politique, c’était la Casa de Papel, c’est à la fois un hold up et de la contrefaçon !

Vous êtes si nombreux à me dire ou à m’écrire tous les jours que vous appréciez mes prises de positions, mes vidéos, mes écrits, car vous ne trouvez pas ce « parler vrai » ailleurs, j’avais besoin de vous raconter tout ça... Parce que surtout, quand on écrit que la gestion de la crise de Laurent Hénart a été transparente, on prend les gens pour des cons. Je vous prie chers amis de bien vouloir excuser cette petite trivialité de ma part...

 

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