Grand Nancy Métropole

Courrier au Président de la CUGN au sujet du stade

Monsieur le Président,

Les élus de gauche n'ont pas souhaité participer au vote du Conseil de Communauté Urbaine du 10 décembre dernier concernant la candidature de Nancy à l'EURO 2016 et l'agrandissement du stade Marcel Picot.

Ils ont souhaité montrer ainsi leur réprobation quant à une délibération beaucoup trop imprécise pour permettre d'identifier clairement les intentions de la collectivité (qui est déjà trop endettée) en terme de garantie ou de participation financière à ce projet annoncé initialement comme 100 % privé.

L'absence de concertation, l'absence de lisibilité rendent les perspectives de réalisation de ce projet peu probables. Il ne nous a pas semblé non plus correct de joindre dans la même délibération, c'est-à-dire au même vote, un appel à participation du Conseil Général et du Conseil Régional, alors qu'il n'en a jamais été question par ailleurs et que depuis le début, il a été annoncé un projet 100 % privé.

Conscient de la difficulté dans laquelle vous vous êtes mis et des difficultés de l'ASNL, j'ai une proposition à vous faire. Je vous demande très officiellement de bien vouloir réunir un Conseil de Communauté Extraordinaire dans les quinze premiers jours du mois de janvier, pour nous permettre de nous préparer de façon raisonnable et concertée à l'éventualité d'une évolution de la loi et être ainsi réactifs, s'il fallait confirmer la candidature de Nancy à l'EURO 2016 avant le 31 janvier, comme cela a été annoncé en précisant le montage juridique et le montage financier.

Cette réunion de Conseil de Communauté Extraordinaire aurait un seul point à l'ordre du jour :

- La candidature de Nancy à l'EURO 2016 et par conséquent l'agrandissement du stade Marcel Picot, elle permettrait pour la première fois à partir d'une approche analytique préparée par vos services, d'associer les 80 conseillers communautaires à une prise de décision.

Je propose de travailler sur l'hypothèse suivante :

Vos services nous prépareraient une note analytique pour nous présenter la proposition d'une emprunt de 25 millions d'euros par la CUGN. Ces 25 millions seraient destinés à participer à l'investissement dans le cadre du BEA sous réserve bien sûr que l'évolution du texte législatif le permette. L'analyse faite par vos services devrait démontrer que l'annuité à rembourser par la CUGN pour ces 25 millions serait inférieure ou égale à la somme qu'elle ne verserait plus à l'ASNL pour les charges d'exploitation, les investissements et renouvellements pour le stade (somme que j'évalue sauf erreur de ma part, à 2.158.000 €). Nous aurions alors une situation qui verrait la CUGN ne pas dépenser plus annuellement pour l'ASNL qu'elle ne le faisait précédemment (5.290.000 € au CA 2009). Par ailleurs, l'épargne nette de la CUGN serait préservée puisque d'une part, elle paierait une annuité d'emprunt et d'autre part, elle ne paierait plus ses participations à l'activité de l'ASNL.


Je vous fais cette hypothèse de travail car il me semble que vous avez déjà discuté de cette éventualité avec l'ASNL. Ce qui est nouveau, c'est que je propose d'en parler et que la décision appartienne à l'ensemble du Conseil de Communauté Urbaine, en toute connaissance des conséquences budgétaires.

L'ASNL pourrait par ailleurs, emprunter sur 25 ans, 30 millions d'euros à 3,5 %, ce qui représente pour elle une annuité d' 1,7 millions d'euros. Cet emprunt pourrait être en partie garanti par la CUGN, si bien sûr, là aussi, l'évolution de la loi le permet. Si un jour, l'ASNL ne parvenait pas à rembourser cette annuité d'1,7 millions d'euros, les subventions annuelles (1.514.800 €) permettraient de prendre en charge la garantie, transférée alors à la CUGN.

Nous pourrions décider ensemble au Conseil de Communauté (ce qui n'a jamais été discuté jusqu'alors) que les 8 millions d'euros fléchés par le Président de la République pour la CUGN, soient reversés à l'ASNL pour son projet.

A ceux qui commenteront, nous disant que dans ce cas de figure, la CUGN aura en plus à sa charge les aménagements extérieurs du stade (stationnement, circulation, etc.), il pourra être répondu que dans tous les cas de figure, EURO 2016 ou pas, agrandissement du stade ou pas, la CUGN a d'ores et déjà la responsabilité de mettre en œuvre ce chantier.

Vos services auraient donc travaillé sur une hypothèse en démontrant toutes les conséquences de façon lisible à l'ensemble du Conseil de Communauté Urbaine et nous avons donc là un projet porté par l'ASNL dans le cadre d'un BEA (toujours si l'évolution de la loi le permet), sur la base de 25 millions empruntés par la CUGN + 30 millions empruntés par l'ASNL + 8 millions provenant de l'Etat = 63 millions, ce qui représente exactement en H.T. le coût du stade de 32.000 places dans la version toit fixe.

Si nous avons cette discussion, en parfait connaissance de cause, dans un Conseil de Communauté Extraordinaire convoqué dans les quinze premiers jours de janvier, nous pourrons être prêts à l'éventualité d'une évolution législative (dernière quinzaine de janvier ?) qui nous permettrait alors de confirmer la candidature de Nancy à l'EURO 2016 avant le 31 janvier.

Nous sommes tous dans ce dossier, soucieux de l'intérêt général. Notre démarche consiste à exiger des équilibres budgétaires pérennes, une parfait lisibilité des finances publiques envers nos concitoyens, ainsi qu'une décision concertée et raisonnable.

J'espère, Monsieur le Président, que vous entendrez ma demande.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes salutations distinguées.

Projet d'agrandissement du Stade Picot

Conseil de Communauté Urbaine du Grand Nancy
du 10 décembre 2010
Intervention d’Hervé Féron sur le rapport 17



Monsieur le Président,

Il faut avant de parler de cette délibération, faire un peu d'histoire.

Depuis 2001, année où je suis devenu maire, je n'ai eu de cesse de vous interpeller sur le stade Marcel Picot et ses abords, sur les problèmes d'accessibilité en particulier, aménagement de la Plaine de la Méchelle, travaux du précédent permis de construire du stade pas terminés, etc.

Vous m'avez mené de promesses en études et d'études en promesses sans jamais faire avancer ce dossier. Il est d'ailleurs à remarquer que la CUGN a toujours été d'accord avec la ville de Tomblaine sur le fait qu'il serait nécessaire de développer des pôles de stationnement à l'extérieur du site du stade, mais surtout pas à proximité immédiate en raison de l'engorgement actuel constaté lors de chaque match.

Or, la CUGN a permis l'achat par l'ASNL de l'ancien supermarché ALDI en friche et squatté. J'avais alors tiré la sonnette d'alarme, car conformément à ce que nous avons toujours convenu, il n'était pas question de nouveaux parkings à cet endroit. A l'époque, vous m'avez rassuré. Je constate aujourd'hui que l'ASNL a transformé de fait ce terrain en nouveau parking, sans les autorisations nécessaires venant engorger encore plus le secteur Plaine de la Méchelle, alors que de toutes les propositions que j'ai faites depuis des années, aucune n'a été mise en œuvre à ce jour.

Et puis surprise,  un jour de l'été 2009, vous me téléphonez pour m'informer de la visite du président de la Fédération Française de Football à la mairie de Nancy dans le cadre d'une candidature de la ville de Nancy à l'EURO 2016, candidature qui n'avait jamais été discutée auparavant en Conseil de Communauté. Vous aviez besoin de ma caution et j'ai joué le jeu.

Lors de cette réunion, j'ai découvert sur table, un projet d'agrandissement du stade et j'ai soutenu ce projet comme s'il avait été préparé et concerté. Ce jour là, le président ROUSSELOT répondait à la question du président de la FFF en affirmant : "J'ai le financement". On remarquera qu'immédiatement après cette réunion à laquelle je participais, une conférence de presse était organisée, conférence dont j'étais immédiatement exclu.

Le lendemain, vous faisiez la une de la presse locale et les riverains, nombreux, découvraient ce qui n'avait jamais été discuté et m'interpellaient. J'ai dû monter au créneau pour défendre ce projet auprès des riverains et sécuriser tout le monde. Vous avez probablement compris qu'il serait souhaitable de m'associer au projet. Vous avez même organisé une séance photo à laquelle j'ai participé. Puis, sont arrivées deux délibérations au Conseil de Communauté Urbaine le 25 septembre 2009. Ces délibérations actaient le principe de la participation de la CUGN à la candidature française à l'EURO 2016. J'ai voté pour ces délibérations en conditionnant mon vote au fait d'être copilote du projet, pour participer à la décision qui concerne au premier chef le territoire de ma commune.

La délibération d'aujourd'hui s'appuie sur les délibérations du 25 septembre 2009, sauf qu'en aucun cas, cette délibération n'actait le fait que la CUGN allait être garante ou même allait participer financièrement à l'investissement. Vous êtes donc aujourd'hui en train de nous faire rebondir sur la base de principes qui n'ont pas été actés.

Quelques mois plus tard, le 11 décembre 2009, vous nous avez proposé précipitamment une délibération pour valider le contrat cadre de l'EURO 2016 avec l'UEFA. J'étais intervenu pour dénoncer le diktat de l'UEFA et le caractère complètement illégal de cette délibération. Les élus de gauche avaient unanimement voté contre, mais vous aviez la majorité. Quelques jours après, je vous écrivais mon intention d'engager une procédure au Tribunal Administratif, car il était évident que cette délibération était entachée d'illégalité. Vous m'avez répondu par écrit en actant le fait que je serai copilote de ce projet. Cela me convenait bien car je pouvais ainsi m'assurer de la défense de l'intérêt public et des intérêts des riverains pour lesquels en tant que maire, je représente une légitimité territoriale.

Depuis, vous n'avez pas toujours tenu vos promesses. Parfois, j'ai été bien informé par vos collaborateurs, j'ai parfois participé au travail de réflexion, d'autres fois, j'en ai été exclu. Michel DUFRAISSE a trop souvent joué cavalier seul, en quête d'une tribune, faisant des déclarations intempestives et peu responsables dans la presse, ou ayant des excès d'humeur très inattendus lors de nos dernières réunions de travail.

Aujourd'hui, je ne suis pas rapporteur de cette délibération. Je n'en partage ni les attendus, ni les objectifs et je suis très inquiet d'avoir été exclu de votre dernière rencontre avec le président de l'ASNL car je ne sais pas ce qui a été conclu à cet instant et par conséquent, ce qu'il y a derrière la délibération présente en terme d'intentions.

Cette délibération est dans ses conclusions parfaitement impossible, vous le savez très bien. Je vais vous le démontrer et je ferai une contre proposition. Notez que ma position initiale n'a pas changé, je suis favorable à l'agrandissement du stade dans le cadre de l'Euro 2016, mais sur la base de ce qui nous avait été présenté : investissement exclusivement  privé, dossier évalué raisonnablement, fonctionnement dans le respect de la loi. Mais cela est impossible techniquement, financièrement, juridiquement et légalement. Par contre, il me semble que cette délibération a deux buts, le premier but :

-         alors que vous avez fait des effets d'annonce, pressé peut-être par les reproches de Michel PLATINI émis à votre encontre parce que vous n'avez pas été candidat à la Coupe du Monde, alors que vous n'avez pas évalué les conséquences de ces effets d'annonce, il vous faut aujourd'hui faire bonne figure et montrer aux amoureux du football et à l'ensemble des observateurs que vous essayez de faire quand même, alors que vous savez pertinemment que c'est techniquement, matériellement, financièrement et juridiquement impossible. Vous tentez de sauver la face.

Le deuxième but :

-         C'est de rapporter une partie de la cause de l'échec sur le Conseil Général et le Conseil Régional, car vous le savez très bien, en proposant de solliciter ces deux collectivités, elles ne mettront pas un centime sur ce projet parce que leurs élus sont responsables, parce que dans un contexte difficile de transfert de charges de l'Etat sans compensation, de difficultés croissantes en terme de chômage et de baisse du pouvoir d'achat dans le département ou la région, il serait irresponsable de mettre un centime d'argent public sur un projet qui a été largement annoncé comme étant un projet d'investissement privé.

Pourquoi ce projet est ainsi impossible :

Il a été annoncé dès le départ en investissement privé en juillet 2009 quand le président de la Fédération a posé la question, le président de l'ASNL a répondu : "J'ai les financements".Le 14 janvier 2010, dans le journal "Le Parisien", Jacques ROUSSELOT affirme : "Je paierai personnellement l'agrandissement du stade, j'ai les 60 millions, j'ai vendu des centres Leclerc". Or, depuis le début, les banques ont toujours dit dans une période d'après-crise financière, nous ne pourrons nous engager sur un prêt d'une telle ampleur et d'une telle durée que si il y a garantie par l'Etat ou les collectivités publiques.

Vous le savez depuis le début et le président ROUSSELOT le sait aussi depuis le début. Pour ce qui concerne l'Etat, il n'en a jamais été question et le ministère est clair, il n'en sera pas question. Nicolas SARKOZY a annoncé 153 millions d'euros pour les collectivités sur lesquels étaient fléchés 8 millions d'euros pour la CUGN (et donc pas pour l'investisseur privé). Pour ce qui concerne la collectivité CUGN, la loi ne lui permet pas, ni de participer financièrement, ni de garantir l'investissement privé.

Après avoir travaillé avec sérieux sur les différentes possibilités et démontré que le PPP par exemple coûterait 11 millions d'euros par an à la CUGN, vous êtes revenu à la seule possibilité : le Bail Emphytéotique Administratif, mais le président de l'ASNL n'a jamais eu la moindre intention d'avancer quelque somme que ce soit, ni personnellement, ni au nom de l'ASNL.

Il a depuis le début prévu de réaliser un emprunt pour rembourser ensuite dans des conditions que je vais vous démontrer impossibles. Il faut savoir que depuis des années, nous demandons à voir une lecture claire de financement à la CUGN à l'ASNL. Les financements croisés sur diverses lignes rendent l'opération difficile. Nous savons aujourd'hui que la CUGN verse beaucoup plus que la somme de 1 514 800 euros en subvention annuelle affiché dans le CA 2009.

Si l'on regarde les choses de plus près, il faut y ajouter pour 2 236 000 euros, les charges d'exploitation, la mise à disposition de personnels communautaires et également une compensation de transferts de charges de la ville de Nancy (tiens, tiens !) pour 78 000 euros. Il faut également tenir compte de l'annuité pour 9 ans encore concernant les derniers travaux engagés par la CUGN pour le stade Marcel Picot à hauteur de 1 540 000 euros.

Ce qu'il faut retenir, c'est le total constaté au CA 2009, l'ASNL coûte à la CUGN 5 290 800 euros par an. La réalité de la situation est que la CUGN est propriétaire du stade. L'ASNL lui loue le stade. Le loyer annuel, Mesdames, Messieurs, chers collèges, est de 150 000 euros, comparez cela aux 5 290 800 euros annuels et l'ASNL n'arrive pas à verser ces 150 000 euros par an. Pour rattraper son retard, elle doit verser aujourd'hui 210 000 euros à la CUGN.

La réalité, c'est aussi que l'ASNL loue les locaux du stade Marcel Picot qui ne lui appartiennent pas pour des activités extra-sportives à des privés (par exemple : l'anniversaire de l'épouse d'un élu nancéen, ou encore pour des séminaires). Cela lui rapporte aux environs de 450 000 euros par an. Il me semble que cela est illégal. Il y a donc urgence à modifier ce fonctionnement.

Ce que je viens de dire, c'est la situation actuelle. Maintenant pourquoi est-ce que les choses sont impossibles ? Techniquement, le projet qui nous avait été présenté, prévoyait un toit amovible. Il représenterait un surcoût des 20 millions d'euros et il n'est pas homologable par l'UEFA (demandez au club de Lille qui avait le même projet). Techniquement, de nouvelles normes font que dès qu'un stade atteint 30 000 places (or, pour l'EURO 2016, il fallait s'engager sur 30 000 places, Nancy s'est engagé sur 32 000 places), à partir de 30 000 places, il faut prévoir un dégagement depuis les gradins de 18 m tout autour du stade. J'ai fait mesurer du pied des gradins à la limite de propriété de la caserne des pompiers, il y a 18,50 m. Cela signifie que si vous voulez être candidat à l'EURO 2016, il faut, soit attaquer la caserne des pompiers, soit supprimer les trottoirs et voies d'accès pour 3000 élèves qui se rendent à la cité scolaire.

Juridiquement maintenant, les choses sont impossibles parce que la loi ne permet pas aux collectivités, ni de garantir, ni de participer financièrement à l'investissement privé. Les banques elles n'envisagent de prêter que s'il y a garantie complète des collectivités. Dans une réunion au ministère début octobre, on nous a présenté un texte document de travail sur lequel on nous a demandé surtout de ne pas communiquer, étant donné la fragilité de la démarche. Ce qui a commencé à me fâcher quand le lendemain, Michel DUFRAISSE s'appropriait le projet de ce texte dans la presse et la radio.

Ce projet de projet de loi nous a été présenté comme n'étant pas encore passé à la moulinette interministérielle; encore pas soumis à l'avis du Conseil d'Etat et surtout encore pas présenté à Bercy. On nous a annoncé début octobre que dans le meilleur des cas, ce projet de loi pouvait venir à l'ordre du jour à l'Assemblée Nationale deuxième quinzaine de décembre. A l'époque, je vous ai écrit que cela rendait impossible tout projet, parce que la Fédération demande aux villes de confirmer leur candidature avec le montage juridique et financier avant fin janvier.

Le calendrier annoncé me paraissait impossible, or, nous sommes en décembre, je viens de regarder attentivement l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale qui nous mène jusqu'au 12 janvier 2011, aucun texte de ce type à ma connaissance est à l'ordre du jour. Alors, rêvons un peu ! Le projet de loi arrive et les choses peuvent se débloquer. Il y a en droit français un élément qu'il ne faut pas oublier : une collectivité ne peut pas garantir à plus de 50 % un investissement privé. Continuons à rêver ! On change cette loi. Le droit européen contraint encore plus ce pourcentage. Les banques n'accepteront donc jamais un prêt aussi important avec aussi peu de garantie. Ce qui m'inquiète beaucoup plus par ailleurs, c'est que nous avons essayé de travailler sur une hypothèse où l'ASNL, bénéficiant d'un BEA, empruntait et donc la CUGN n'entretenait plus le stade et ne mettait plus à disposition de personnel. La CUGN pouvait alors, c'était ma proposition, continuer à verser annuellement sous forme de subvention, les 2 129 000 euros qu'elle ne dépensait plus en entretien du stade et mise à disposition du personnel.

Si un jour, l'ASNL emprunteur faisait défaut, la garantie tomberait et la CUGN ne verserait plus alors cette subvention à l'ASNL, mais l'utiliserait pour assumer cette garantie. Dans cette hypothèse, la CUGN n'augmenterait pas sa participation globale de 5 290 800 euros annuellement à l'ASNL. Ce qui m'inquiète, c'est  que dans de récentes réunions, Michel DUFRAISSE ait proposé de faire autrement sans que nous ne soyons concertés et je crains qu'il y ait là l'intention de la part de la CUGN de participer à cet investissement privé d'emblée, en versant tout d'abord les 8 millions promis par l'Etat à l'ASNL, mais en y ajoutant 10/15 ou 20 millions que la CUGN emprunterait. Le niveau d'endettement de notre collectivité ne nous le permet pas, cela n'est pas raisonnable.

La façon peu précise dont est écrite cette délibération laisse la porte ouverte à toutes ces éventualités. Nous sommes donc clairement en désaccord, mais allons un peu plus loin, si l'on abandonne l'idée du toit amovible , deux possibilités s'offrent à nous. On est toujours en H.T.. Un projet avec toit fixe qui coûte 63 millions, un autre sans toit qui coûte 55 millions. Si la CUGN verse les 8 millions de l'Etat à l'ASNL, il lui reste à emprunter 47 millions dans la version sans toit.

47 millions empruntés sur 25 ans représenterait à 4 %, une annuité de 3,1 millions pour l'ASNL. Il faut y ajouter l'entretien et grosses réparations estimés à 1 million par an, ce qui fait au total 4,1 millions par an, alors que je vous disais tout à l'heure que l'ASNL n'arrivait pas à payer les 150 000 euros annuels. Ce projet n'est pas sérieux, pas équilibré, mal évalué.

Le président de l'ASNL estime que dans un stade agrandi, il pourrait organiser des manifestations extra sportives qui généreront de nouvelles recettes :

1)      C'est un autre métier que le sien.
2)      Il n'y a plus beaucoup de chanteurs en France ou à l'étranger, capables de remplir un stade.
3)      Avant même que de générer 4,1 millions de recettes, il se passera quelques années.

Voilà pourquoi, la délibération que vous nous proposez est impossible maintenant.

Parlons un peu de l'EURO 2016, à aucun moment, vous n'avez évalué l'impact :

-         Qu'est ce que ça va coûter à la CUGN ?
-         Qu'est ce que cela va rapporter en terme de rayonnement, en terme économique ou social à la CUGN ?
-         On sait que cela signifierait l'organisation de 4 matches de poule seulement au stade Marcel Picot. Il y aurait par contre obligation de diffuser tous les autres matches de l'EURO sur grand écran au centre ville. Vous n'avez pas non plus évalué notre capacité à gérer les flux, les réactions des supporters de chacun des pays concernés.

Je pense donc qu'il n'est pas souhaitable que Nancy soit candidat à l'EURO 2016. Les contraintes et les risques sont beaucoup trop grands. Il me semble qu'en élus responsables, nous devons aujourd'hui tenir cette position.
Dernier élément : l'ASNL a-t-elle besoin d'un stade de 32 000 places aujourd'hui ou demain ? Certainement non. Par contre, il y a urgence à travailler sur les extérieurs sur l'accessibilité, sur un plan cohérent de circulation. L'ASNL a certainement besoin d'un stade plus grand et plus confortable pour diversifier ses activités et nous pouvons très bien travailler sur un planning prévisionnel à un projet véritablement concerté, raisonnablement équilibré pour accompagner l'ASNL sur quelque chose qui ne serait plus de l'ordre de l'irraisonnable.

En conclusion, nous n'allons pas nous opposer à cette délibération, car ce serait beaucoup trop facile pour vous, de porter sur nous le poids de l'échec, mais l'échec est annoncé car les faits démontreront que le projet tel que prévu au départ est impossible.

Je préférerais bien sûr puisque vous êtes majoritaire, que vous nous proposiez de renoncer à la candidature de l'EURO 2016 et de partir sur un autre projet cohérent et responsable. Nous ne participerons donc pas au vote sur cette délibération pour montrer notre profond désaccord, mais pour que vous ne puissiez pas nous utiliser comme opposants de principe.


Hervé Féron

André Rossinot est un menteur ... et l'est républicain lui donne la parole pour le faire

Samedi 22 janvier, une demi-page est consacrée dans ce journal  au Maire de Nancy et Président de la CUGN au prétexte du mi-mandat. Cela ne devait certainement pas suffire puisque dans les pages suivantes, on le voit remettre des médailles et vaquer à des occupations diverses.

C’est le quotidien de ce quotidien très à l’écoute de la bande Rossinot-Hénart-Rosso Debord. Les lecteurs de moins en moins nombreux seraient-ils lassés ? En tout cas, cet article à mi-mandat (du 5ème mandat de Maire !) apparaît plus comme une fin de règne difficile à justifier. Le fait que l’Est Républicain vante les mérites de ces gens là quotidiennement ne me dérange pas, je n’aurais qu’à pas lire ce journal. Ce qui m’irrite plus, c’est quand on parle de moi et que l’on dénature mes propos ou mes actes.

Ca a été le cas récemment de la part d’un journaliste commentant mon intervention lors des voeux du Maire de Vandoeuvre. Il avait même réussi l’exploit, sans citer mon nom, de transformer complètement le sens de mon intervention en la critiquant négativement bien sûr. Vous êtes un certain nombre à avoir eu l’impression que je dérangeais ce journaliste. Triste conception de ce métier.

Plus particulièrement le dossier du stade Marcel Picot est traité de façon scandaleuse. Je n’ai jamais pu avoir la parole à ce sujet dans ce journal. Par contre, souvent, on a fait parler les autres à mon sujet.  J’ai subi des attaques personnelles. Il a été écrit que je retournais ma veste alors que mon positionnement a toujours été le même.

J’ai eu un entretien téléphonique d’une heure et demi avec un journaliste sportif qui avait donné la parole largement à Jacques Rousselot, le président de l’ASNL, lui donnant l’occasion de m’attaquer. J’avais trouvé lors de cette conversation téléphonique le journaliste très partisan, mais j'espérais qu’il me permette au moins quelques mots de Droit de réponse. Rien, pas un mot ... Un autre journaliste m’a interviewé au téléphone assez longuement à ce sujet , et le lendemain à la une de l’Est Républicain, des propos complètement différents de ceux que j’avais tenus apparaissaient sous la forme de déclaration de la part du Président de l’ASNL. Il était annoncé notamment que «le montage financier était bouclé». C’est un mensonge !

Vous êtes citoyen, contribuable, on vous ment. Les banques n’ont rien validé, le Conseil de Communauté Urbaine n’a rien validé, la loi (souvenez-vous bien de ce que j’ai toujours dit depuis le début !) n’a toujours pas évolué et rien n'apparaît à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale jusqu’au 10 février. Un bail emphytéotique administratif (BEA) avec participation ou cautionnement de la CUGN est donc pour l’instant légalement impossible. Or la fédération Française de Football a demandé une confirmation de candidature avec montage financier et juridique pour le 31 janvier.

André Rossinot manipule. Il bafoue la démocratie et les élus issus du suffrage universel. Il dit dans cet article à sa gloire : «Monsieur Féron me pousse à emprunter 25 millions d’euros». C’est malhonnête de diffuser cette information. Je ne le pousse à rien (je n’en ai pas les moyens). Je n’ai même pas proposé d’emprunter 25 millions d’euros, j’ai juste proposé qu’on en discute. La nuance est énorme.

Car jamais le Conseil de Communauté Urbaine n’a pu avoir, à aucun moment, un espace de discussion éclairé par des éléments d’analyses précis pour pouvoir construire un projet de décision de façon démocratique.

André Rossinot a refusé ce temps de discussion !

La CUGN est la communauté urbaine la plus endettée de France. Elle n’a pas les moyens d’engager 25 millions d’euros et le temps de discussion que je demandais aurait permis de le démontrer. André Rossinot craint que la loi évolue et permette une participation de la CUGN. C’est pour cela qu’il sollicite sans aucun élément technique, d’information, d’analyse, les finances du Conseil Général et du Conseil Régional par un courrier à leurs Présidents respectifs, après l’avoir annoncé dans la presse.

Il aimerait ainsi leur faire porter la responsabilité de l'échec du projet. Malin ! Mais le règne a été trop long, les citoyennes et citoyens n’en peuvent plus de ce genre de méthodes : les études pour faire travailler les copains, les projets attribués aux amis, et pendant ce temps, une population qui souffre.

Dans cet article, il est dit aussi qu’André Rossinot vient d’écrire au Président de la Fédération Française de Football pour lui indiquer que la Communauté Urbaine a confirmé le choix d’un Un bail emphytéotique administratif (BEA). Mensonge et déni de démocratie, jamais la CUGN n’a délibéré en ce sens. Elle a autorisé le Président à consulter en vue de conclure un BEA mais elle n’a jamais été informée de résultats de cette cosultation, ni même précisément de son objet et le Conseil de Communauté n’a pas validé un BEA, d’autant plus que le mode de financement reste inconnu.

André Rossinot assure avoir été approché par d’autres partenaires potentiels qui s’engagent à investir 50 millions d’euros. De nouveaux amis ? Ou et quand André Rossinot a-t-il eu mandat pour cela ? La mauvaise nouvelle, c’est que vous risquez d’être collectivement sur-endettés pour très longtemps ...

 

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