Grand Nancy Métropole

DOB : Intervention d'Hervé Féron en Conseil de Communauté

A l'occasion du débat d'orientation budgétaire qui s'est déroulé le vendredi 5 février 2016 en Conseil de Communauté, Hervé Féron est intervenu pour le groupe de gauche :

 Monsieur le Président,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour débattre de nos orientations pour le dernier Budget de la Communauté Urbaine puisque l’an prochain nous serons amenés à voter le premier budget métropolitain. C’est une page qui se tourne, la fin d’un cycle avant l’avènement d’une nouvelle organisation qui amènera des changements importants. Vous nous avez proposé de faire Métropole ensemble, nous avons répondu que nous y serions favorables mais bien sûr à certaines conditions. Et pour l’instant le compte n’y est pas. Il y aura bien sûr un nouveau mode de gouvernance, mais on attend toujours une nouvelle culture du faire ensemble. Le changement annoncé ne se traduit pas toujours dans les actes. Vous nous avez proposé de nous associer à la préparation du débat sur la stratégie économique et nous y avons apporté des contributions essentielles. Ce fut un débat constructif, qui aura permis de dégager un consensus et dont le Grand Nancy est sorti gagnant.

Mais il est dommage que cette première expérience n’ait pas été poursuivie à l’occasion de ce débat d’orientation budgétaire. Une nouvelle fois nous sommes amenés à nous positionner sur un texte auquel nous n’avons pas participé. C’est regrettable car nos propositions auraient certainement pu contribuer à enrichir ce texte et à en renforcer la légitimité. Se suffire de permettre à quelques-uns un temps de parole limité dans cette grand-messe qu’est notre conseil de communauté ne participe pas d’un exercice démocratique. Régulièrement, vous et vos collègues rappelez le contexte national difficile et la baisse des dotations de l’État – 7,3 millions d’euros pour le Grand Nancy en 2016, et près de 18 millions en cumulé par rapport à 2013 – qui pèsent lourd dans le budget et obligent à des ajustements douloureux. Mais il serait plus juste de considérer une période plus longue, qui montrerait bien qu’il est stérile de tenter de montrer du doigt le gouvernement de François Hollande puisque les baisses de dotation de fonctionnement ont commencé en 2008 sous Nicolas Sarkozy. Ainsi, toutes dotations de fonctionnement de l’État confondues, la ville de Tomblaine depuis 2008 et si l’on fait une projection à ce qu’on nous annonce pour 2017 aura constaté une baisse de -52%. C’est énorme quand on sait que les dotations de fonctionnement de l’Etat constituent 33% de notre budget de fonctionnement communal. C’est à mon avis ce qu’il aurait été intéressant de démontrer dans ce débat d’orientation budgétaire communautaire.

Alors on peut débattre de la méthode employée par ces gouvernements, de l’ampleur de l’effort demandé aux collectivités, du calendrier. Nous nous sommes tous élevés pour dénoncer des baisses trop rapides, trop drastiques, qui laissent les communes exsangues. Mais si l’on ne considère que ces baisses de dotation de fonctionnement, la Communauté Urbaine devrait pouvoir faire face de la même manière que les autres collectivités. Dans ce contexte particulièrement difficile, un débat d’orientation budgétaire d’une commune de gauche, d’une commune de droite, ou d’une agglomération majoritairement à droite ou à gauche se ressemble forcément dans le diagnostic comme dans les recherches de solutions. Il est donc nécessaire de dégager des économies en faisant des efforts sur toutes les lignes de fonctionnement. Car la priorité doit être de maintenir l’investissement. Agir sur le fonctionnement permet de dégager du virement à l’investissement et de conforter notre capacité à rembourser la dette. Investir et surtout investir mieux c’est préparer l’avenir, c’est continuer d’avancer, c’est avoir un temps d’avance sur les autres. C’est aussi créer les conditions des recettes futures si les investissements sont pertinents. Il est donc nécessaire aujourd’hui de prendre de la hauteur et d’aller de l’avant, mais une donnée tout de même doit permettre de remettre les choses à leur place : entre 2015 et 2016, l’encours de la dette communautaire a encore progressé de 12,8 millions d’euros, un chiffre largement supérieur à la baisse des dotations de l’État prévue pour cette année.

Face à cette situation, vouloir maintenir le niveau des investissements ne suffit pas. Il s’agit aujourd’hui d’investir mieux, de contrôler davantage l’utilisation des fonds publics et d’être plus exigeants dans la sélection des projets. Car c’est peu dire que certains investissements passés ont été inutilement coûteux, pour des résultats pas toujours à la hauteur.

Il nous faut également être plus performants dans la recherche de subventions d’investissement, que ce soit au niveau de l’État (le Président de la République a annoncé la création d’un fonds d’aide à l’investissement d’un milliard d’euros pour 2016) ou bien des crédits européens, ce qui permettra de minorer les besoins d’autofinancement et donc le virement du fonctionnement à la section d’investissement. Et le Grand Nancy devenu Métropole aura plus de poids et de légitimité pour cela.

Mais voyez-vous, Monsieur le Président, dans ce contexte où les budgets sont tous contraints, où les élus n’ont pas de marge de manœuvre, ils sont réduits à l’état de simples gestionnaires, tels des notaires, et ne peuvent plus faire vivre les politiques publiques. Il n’y a plus de place pour l’imagination, la dynamique, la créativité. C’est ainsi que la parole publique est décrédibilisée. Aujourd’hui ce n’est pas forcément la collectivité qui sera au départ la plus riche qui sera la plus performante économiquement. C’est celle, au contraire, qui permettra la participation, l’appropriation, la contribution des élus pour porter des politiques publiques dans une stratégie dynamique. Or aujourd’hui le mode de gouvernance n’est pas adapté. Il empêche les élus communautaires de fonctionner. C’est l’ensemble du fonctionnement de cette Communauté Urbaine qui est incroyablement ringard. Dans nos fonctionnements dans nos communes dans nos compétences communautaires, chaque fois que nous proposons, chaque fois que nous remarquons, on nous renvoie à des silences pesants, à des études coûteuses et trop souvent inutiles, on refuse de nous entendre et de nous laisser une place. Il y a bien sûr dans ce que je dis la possibilité de participer aux travaux de l’exécutif. Et ceux qui suspecteraient tel ou tel de vouloir aller à la soupe, à la vice-présidence ou aux indemnités, insulteraient nos consciences et ne feraient qu’agiter la bannière de cette ringardise dont je parlais précédemment. Car il y a bien sûr participer à l’exécutif pour pouvoir faire vivre ces politiques publiques, mais c’est l’ensemble du conseil communautaire qui doit être entendu, qui doit être associé. Il s’agit de mobiliser l’intelligence collective comme le disait le professeur Albert Jacquard. Je donnerai juste un exemple : j’ai auditionné à la Commission des affaires culturelles à l’Assemblée nationale mercredi Olivier Poivre d’Arvor qui a été nommé par Laurent Fabius Ambassadeur chargé de l’attractivité culturelle de la France et chargé d’une mission de promotion et de valorisation de cette attractivité culturelle. Dans ce cadre, il a été conçu et organisé « Le Grand Tour », rythmé par 43 étapes, reconnues et valorisées par le gouvernement, donc 14 à Paris et 29 en régions entre janvier et juillet 2016. L’objectif étant de favoriser l’industrie culturelle française est mobiliser un réseau international de coopération et d’action culturelle créative. J’ai été sidéré de constater que le Grand Nancy ne fait pas partie de cette histoire. Peut-être est-ce que nous avons candidaté, et que nous n’avons pas été retenus, je suis conseiller communautaire et je n’en sais rien. Je n’ai donc pas pu défendre l’éventualité d’un dépôt de candidature du Grand Nancy. Je reste d’ailleurs à votre disposition pour cela. Ce que je dis là est très important car dans ce Grand Tour on aurait pu imaginer que le Grand Nancy postule pour valoriser l’École de Nancy, la Place Stanislas, le Livre sur la Place, le festival Nancy Jazz Pulsations, et pourquoi pas même les rencontres théâtrales Aux Actes Citoyens. On aurait pu candidater pour l’un de ces événements ou même trouver une logique de complémentarité qui aurait renforcé la candidature du Grand Nancy. Toutes ces étapes du Grand Tour vont apporter une visibilité à l’international de ces villes et de ces événements, c’est de l’attractivité, l’attractivité c’est du tourisme, le tourisme c’est du développement économique. Je ne suis pas en train de dire que nous ne sommes pas bon dans les tous les domaines, je suis en train de dire que nous pourrions être meilleurs s’il y avait un jour une volonté d’imaginer et de travailler ensemble.

Sur un plan un peu plus pragmatique, dans le souci d’une gestion rigoureuse, vous proposez d’introduire la souplesse des gestions de crédit avec la possibilité pour l’exécutif de procéder à des virements de crédit de chapitre à chapitre au sein de la même section dans la limite de 7,5% des dépenses réelles de la section. C’est effectivement possible, à condition d’en rendre compte au cours de l’année budgétaire en conseil de communauté. Sinon comment faire en sorte que les conseillers communautaires s’approprient les politiques publiques si on leur demande de voter un budget primitif et qu’on change la donne au cours de l’exercice sans en rendre compte avec précision ?

De même, il est proposé que soient expertisées les non consommations de crédit en 2015. Ça ne nous fera pas de mal d’avoir là un peu d’approche analytique. Le phénomène est le même dans toutes les communes : en fin d’année budgétaire, les crédits non consommés sont souvent utilisés précipitamment, et pas toujours à bon escient, pour épuiser les lignes budgétaires. Il y a certainement des économies à faire à ce niveau afin de rationaliser les dépenses. Et parfois même, toujours en fonctionnement, certaines lignes peuvent ne pas être consommées complètement, il y aurait une logique à ne pas les reconduire en faisant un copier-coller du BP 2015.

Nous demandons également depuis plusieurs années que soit conduit un véritable audit du réseau de transport en commun afin d’élaborer ensemble un nouveau Plan de Déplacements Urbains cohérent, en partant d’une analyse des besoins et en associant les usagers. C’est tout l’inverse qui est proposé, et vous nous annoncez une nouvelle réorganisation prévue pour cet été avec une diminution très importante du nombre de kilomètres parcourus. La réorganisation ressemble de plus en plus à un démantèlement en règle d’un service public au service des citoyens et en particuliers des plus démunis, ceux qui vivent en périphérie et n’ont pas d’autre choix que d’utiliser les transports en commun pour se déplacer. Cette dégradation organisée du réseau de bus n’a qu’un but : dissuader les usagers déboussolés par les diminutions de fréquence et le changement des horaires d’avoir recours aux transports en commun, afin de pouvoir constater un faible taux de remplissage des bus qui justifiera de nouvelles diminutions de fréquences. Après avoir rendu l’accès en voiture du centre-ville de Nancy très difficile par les choix pris en matière de gestion du trafic urbain et du stationnement, on démantèle les transports en commun au lieu d’encourager leur utilisation. Ce faisant, on élargit la fracture entre le centre et les zones périphériques.

Alors, en faisant le tour des maires individuellement avec une armée de collaborateurs qui chaque fois ont pu fourbir les bons arguments, on trouve logique de diminuer du service ici et là, sur telle ou telle ligne très peu fréquentée. Mais dans le même temps, le mot d’ordre étant « dépensez moins », les propositions de développement là où elles sont nécessaires ne sont pas entendues. Quand reparlera-t-on dans la même discussion d’une desserte périphérique, du tram-train, ou encore d’une logique globale et cohérente pour inciter les spectateurs nancéiens du stade Marcel Picot à utiliser les transports en commun parce qu’ils seront devenus accessibles, pratiques, lisibles.

Le passage en Métropole s’accompagnera de nouvelles compétences, comme par exemple le transfert des voiries départementales. Or les voiries dans le Grand Nancy se dégradent, quand la CUGN se réveillera il sera peut-être trop tard. La Métropole sera une opportunité extraordinaire pour le Grand Nancy, qui nécessite qu’on ne néglige aucune contribution. Nous avons déjà dit que nous sommes prêts à faire Métropole ensemble, nous continuerons à formuler des propositions dans l’intérêt général, et nous espérons que nous serons bientôt entendus.

Je vous remercie

Thiers a tué la Commune

 « Avec la cruauté d’une bête sauvage, Thiers a tué la Commune en un rouge carnage », extrait de la chanson « Versaillais », hiver 1871.

Les travaux ont commencé en février 2013 sur les rues Mazagran et Poincaré, et en août 2013 sur la place elle-même. Le coût prévisionnel annoncé en 2012 était de 18,4 millions d'euros Hors Taxes pour l'ensemble du chantier. Une délibération du 3 juillet 2015 annonce un coût total de 21,457 millions d’euros Hors Taxes, soit une augmentation de plus de 3 millions d’euros. La répartition de la maîtrise d'ouvrage serait de 85% pour le Grand Nancy et 15% pour la ville.

Les élus de la minorité du Grand Nancy n’ont cessé de regretter le manque de concertation. A aucun moment ils n’ont été associés au projet. A l’arrivée, le résultat est à la hauteur de ce que l’on pouvait malheureusement craindre. Il y avait eu la Tour Thiers dans les années 1970 qui défigurait définitivement Nancy. Il y avait certainement mieux à faire au pied de cette balafre-Tour infernale que la place Thiers telle qu’on la découvre aujourd’hui. Minéralisée à l’extrême, c’est l’antithèse de ce que tout le monde préconise. Entre les erreurs du plateau de Haye et le drame architectural « d’Entre Meurtre et Canal », la place Thiers, froide, glaciale, s’impose à vous lorsque vous sortez de la gare. Les quelques petits malheureux sapins tremblotants dans des bacs à l’esthétique douteuse n’apportent pas le minimum de poésie que l’on pourrait espérer dans la ville d’Émile Gallé, de Louis Majorelle, et des frères Daum.

On a du mal à imaginer comment on pourra corriger cette tristesse coulée dans le béton. A quoi sert depuis des années de nous parler de trame verte, de ville tournée vers le végétal, de développement durable ? Si vous voulez aller prendre le train, vous risquez de rater votre train parce que les trams et bus circulent en fréquences trop rares, sur des parcours dessinés de façon hasardeuse, provoquant embouteillages sur embouteillages, transports en commun aux amplitudes horaires ne correspondant pas à la réalité des départs et arrivées ferroviaires.

Sinon, vous avez toujours la possibilité d’aller parquer pour la journée votre voiture pour pouvoir aller travailler en train à Metz ou à Paris. Il vous en coûtera une fortune car si rien n’est fait pour faciliter le transport en commun, tout est fait pour vous empêcher d’utiliser votre véhicule personnel. Places de parking en sous-terrain trop étroites, les ailes de votre voiture se souviendront des arêtes des piliers de béton et tarifs prohibitifs, le droit de se déplacer pour aller travailler est réservé à une classe privilégiée. Ce plan de circulation est une chronique d’une catastrophe annoncée.

L’Est Républicain relatait récemment, non sans humour, les erreurs d’aiguillage qui vous invitent à utiliser la voie de gauche pour accéder à l’aire de dépose courte durée, alors qu’en France on roule à droite. Personne n’a envie de s’engouffrer ainsi en sous-terrain sans savoir comment il en ressortira. Et s’il arrive à la personne qui souhaite vous déposer pour prendre votre train de stationner à l’extérieur en double-file, la police municipale a été mobilisée pour appliquer la double peine : vous subissez un plan de circulation infernal dans un nouveau dispositif incompréhensible, et en plus vous vous faites verbaliser juste parce que vous essayez de vivre le centre-ville. S’il fallait un qualificatif pour résumer ce nouveau quartier, on dirait juste : austère.

Quelles sont les solutions préconisées par la gauche du Grand Nancy :

- Organiser de véritables concertations désormais pour tous les grands projets architecturaux ou urbanistiques qui feront le Grand Nancy de demain.

- Une vraie concertation signifie prendre en compte les avis exprimés pour construire la décision et non pas en utiliser certains pour légitimer une décision déjà prise par avance

- Faire de la politique autrement, c’est-à-dire savoir reconnaître ses erreurs et revenir sur les mauvais projets

- Repenser un vrai projet de ville verte avec de véritables espaces à vivre, de la convivialité, et imaginer ensemble l’esthétique.

- Associer véritablement tous les élus communautaires aux choix budgétaires pour arrêter de commettre de telles erreurs qui nous engagent sur un tel gaspillage d’argent public.

Je souhaite à toutes et à tous une joyeuse année 2016.

Hervé Féron

Débat sur la stratégie de développement économique du Grand Nancy

Vendredi 18 décembre, Hervé Féron est intervenu lors du Conseil de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, à l'occasion du débat sur la stratégie de développement économique :

Monsieur le Président, chers collègues,

La façon dont nous procédons cet après-midi pour organiser ce débat est un événement. En effet, sur un sujet aussi important que le développement économique qui va pouvoir être une compétence par le fait que nous deviendrons Métropole, on ne pouvait pas imaginer être crédible sans avoir travaillé en mobilisant les talents de chacun. Le fait que nos collègues Christophe Choserot et Michel Breuille aient pu travailler en amont avec les vice-Présidents de la majorité de la Communauté Urbaine dont les délégations croisent le développement économique était essentiel. Nos collègues ont ainsi pu très largement contribuer à la rédaction des propositions qui nous sont faites aujourd’hui.

Nous l’avons déjà dit, le Grand Nancy Métropole devrait permettre de faire Métropole ensemble, c’est ce que nous espérons, mais plus encore d’être une Métropole d’équilibre par rapport à l’Alsace. Sans cela, on risquait d’avoir dans cette nouvelle grande région d’un côté Strasbourg et de l’autre le reste du monde. Nous devons plus qu’exister, nous devons proposer, inventer, entreprendre. Si ce débat dans la forme qu’il prend ce soir est essentiel, il arrive également à point nommé. En effet, tout évolue, une nouvelle grande région, de nouvelles stratégies, de nouveaux territoires d’attractivité, de nouveaux partenariats, de nouvelles intelligences, nous ne pouvions attendre que la Grande Région se retourne vers le Grand Nancy pour nous demander « et vous, où en êtes-vous ? ». Il nous fallait anticiper et être les premiers, force de proposition, pour dire « voilà nos atouts, voilà ce que nous proposons, voilà ce que nous demandons, voilà ce que nous souhaitons entreprendre avec vous ». Enfin, il est essentiel de garder un seul cap, dans le cadre de ce débat, une seule volonté, nous allons parler développement économique, car parler de développement économique ne concerne qu’un seul objectif, créer de l’emploi sur notre territoire.

La conjoncture n’est pas des plus propices, je vous l’accorde. Si la reprise économique semble bien là, elle se fait timide, la croissance reste atone, et l’exigence de redressement des comptes publics grève les capacités d’investissement public. Les collectivités sont les premières à souffrir de cette situation alors que les dotations au titre de la DGF subissent des coupes drastiques. Cela réduit les marges de manœuvre et oblige à définir des priorités.

Notre région qui fut le troisième pôle économique de France s’est retrouvée au cours des dernières décennies à la remorque de la mondialisation, subissant de plein fouet les vagues de désindustrialisation successives, souffrant de la concurrence avec des pays plus compétitifs. Aujourd’hui, l’occasion nous est donnée de prendre à nouveau un coup d’avance, et nous sommes convaincus que le Grand Nancy dispose des atouts nécessaires pour devenir la tête de pont du développement économique de ce territoire.

Nous sommes satisfaits que l’Agence de Développement Economique que nous appelions de nos vœux soit évoquée dans cette délibération, certes en des termes encore vagues puisqu’il ne s’agit encore que « d’engager une réflexion avec les partenaires du Grand Nancy », mais nous avons bon espoir que ce projet aboutisse et nous serons vigilants pour qu’il ne tombe pas aux oubliettes.

Car les défis sont immenses et requièrent un fort volontarisme institutionnel que seule peut initier la Métropole. Je souhaite ici apporter, peut-être, quelques éléments propositionnels supplémentaires, et en particulier pour ce qui concerne la formation professionnelle. Il est nécessaire de travailler à l’amélioration de l’adéquation entre les types de formations proposées dès le lycée professionnel et la réalité de l’employabilité sur le territoire. Trop de jeunes se perdent dans des formations inadaptées, aux débouchés professionnels incertains sinon inexistants. Il est urgent de rétablir un peu de réalisme économique dans notre système de formation, de valoriser enfin l’apprentissage afin de combler le fossé entre les besoins des entreprises, et de l’industrie en particulier, et les aspirations de la masse de jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni perspectives. Pourtant les débouchés existent : chaque année en Meurthe-et-Moselle, ce ne sont pas moins de 350 contrats d’apprentissage dans les métiers de l’industrie qui ne sont pas pourvus faute de candidat. Il y a là un véritable gisement d’emplois et d’activité qui ne demande qu’à être exploité. Même s’il n’en est pas question dans la présente délibération, il me semble qu’il sera souhaitable que la question de l’apprentissage prenne toute sa place dans notre projet.

Pour prendre un seul exemple que j’ai défendu personnellement à l’Assemblée nationale, l’entreprise Schweitzer à Ludres emploie plus de vingt personnes en interim très régulièrement car elle ne trouve pas de candidats correspondant aux qualifications recherchées – qui n’ont pourtant rien d’exotique : électriciens, mécaniciens, etc… Il s’agit d’une entreprise innovante, compétitive, qui exporte dans toute l’Europe. Spécialisée dans les emballages, elle produira bientôt des sacs en bioplastique fabriqués à partir de fécule de pomme de terre, conformément à l’évolution de la législation qui devrait prochainement interdire l’utilisation des sacs de caisse à usage unique en plastique dans les supermarchés. Il s’agit d’une filière d’avenir alors qu’un véritable continent sous-marin en plastique envahit la planète. Le groupe Sphère, dont fait partie l’entreprise Schweitzer, a d’ailleurs prévu de réaliser des investissements importants à Ludres pour développer cette activité.

C’est un exemple de filière innovante qui ouvre des perspectives nouvelles, qui créera de nombreux emplois liés à la modernité et au développement durable. Cette activité permettrait de diversifier l’économie du Grand Nancy qui repose de manière très importante sur le secteur tertiaire. En effet, outre les emplois industriels créés sur le site de production, le bioplastique produit à partir de fécule de pomme de terre ouvrirait également des débouchés nouveaux pour les agriculteurs lorrains qui pourraient fournir la matière première sans exercer de concurrence avec les terres cultivables car ce type de pomme de terre, impropre à la consommation humaine, pourrait être cultivée sur des terres en jachère. Nous retrouvons là réunies plusieurs des priorités affichées dans cette délibération, qui contribueront à faire du Grand Nancy un des principaux moteurs économiques de la Grande Région.

Le développement de la formation professionnelle doit bien sûr associer étroitement l’université qui joue un rôle de premier plan. Le Grand Nancy peut pour cela s’appuyer sur l’Université de Lorraine qui offre à la région une visibilité et un rayonnement nationaux voire internationaux sur certains domaines d’excellence comme les matériaux, les procédés, la santé, les sciences de l’environnement et le numérique.

Dans cette optique, les partenariats entre l’Université et le secteur privé doivent être renforcés. Par exemple, le laboratoire GeoRessources, lié à l’Université de Lorraine, travaille depuis des années avec la société EGL sur l’exploitation du gaz de charbon. Le sol lorrain regorge de ce gaz qui, contrairement au gaz de schiste plus connu et plus médiatisé, peut être exploité sans conséquences néfastes pour l’environnement. Il n’y a pas de fragmentation hydraulique. L’exploitation du gaz de charbon dans le cadre du Sillon Lorrain pourrait permettre de créer des milliers d’emplois pour la région tout en améliorant notre balance commerciale et en renforçant notre indépendance énergétique pour de nombreuses années.

Juste un autre exemple ; l’entreprise CINI, avec l’Institut Jean Lamour, l’école de chirurgie, l’INRIA, pour la conception de matériaux médicaux.

Il faut également soutenir les accélérateurs de projets et travailler à la mobilisation de tous les acteurs en faveur du développement économique. Le  C2IME (Commissariat à l’Innovation à l’Investissement et la Mobilisation Economique), créé il y a deux ans avec le soutien de la région Lorraine et du pôle métropolitain du sillon Lorrain a un rôle d’interface entre les acteurs de l’université et de la recherche, les plateformes technologiques, la région Lorraine, les métropoles, les départements, les industriels, les banques et organismes de financement. C’est une initiative exemplaire qui a permis d’accompagner les créateurs en améliorant leurs points faibles, et d’accélérer leurs projets.

L’action du commissariat sera prolongée par l’agence de développement économique lorsqu’elle sera opérationnelle. Car les enjeux sont liés et indissociables. Le Grand Nancy doit jouer pleinement son rôle d’animateur du territoire, il doit être force de proposition, en adoptant une démarche proactive. C’est bien pour cela que le débat que nous avons eu hier est essentiel, débat au centre duquel se pose la question du mode de gouvernance et des responsabilités à partager. C’est ensemble, en mobilisant toutes les compétences, en s’ouvrant sur les partenariats, en travaillant en réseau, que nous développerons une véritable dynamique nouvelle et la nécessaire mobilisation pour l’emploi. La stratégie de développement économique qui nous est proposée cet après-midi est un premier pas dans cette direction, et c’est pourquoi nous y sommes particulièrement favorables.

 

 

 

 

 

La Gauche du Grand Nancy s'est exprimée contre la dégradation du service public de transport

L'Est Républicain publie aujourd'hui un article intitulé "La valse des horaires de bus", relatif aux conséquences de la mise en oeuvre de la délibération n°22 "Transports en commun : optimisation du réseau urbain" adoptée par la Majorité lors du Conseil de communauté du 14 novembre dernier.

Je souhaite rappeler qu'avec les élus de la Gauche du Grand Nancy, nous avions voté, de façon unanime, contre cette délibération diminuant la fréquence de passage des bus du réseau STAN. Le communiqué de presse que j'avais signé le 13 novembre dernier au nom du Groupe de Gauche démontrait clairement l'opposition des élus de Gauche, c'est une interprétation que de dire aujourd'hui dans la presse que "l'opposition socialiste n'est pas vraiment montée au front..."

Si le contexte du Conseil de Communauté contraint l'espace de parole qui nous est réservé, quatre interventions du groupe avaient présenté la position commune des élus de la Gauche du Grand Nancy et les arguments motivant un vote unanime contre cette délibération. 

A la lecture de ce communiqué de presse, il est très clair que nos interventions ne concernaient pas les bus qui roulent à vide mais bien toutes les lignes du réseau STAN impactées par cette délibération. Cette baisse générale de l'offre constitue une  dégradation du service public que nous avons dénoncée et que nous continuons à déplorer. Il ne nous semble donc pas concevable de réaliser ainsi des économies sur le dos des populations les plus fragiles.

Vous trouverez ci-dessous, pour votre parfaite information, le communiqué de presse que j'avais signé au nom du Groupe de Gauche le 13 novembre dernier, présentant notre position commune sur ce sujet.

Hervé FERON

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA GAUCHE DU GRAND NANCY - 13 NOVEMBRE 2014

Comme nous l’avions déjà expliqué, la gestion des transports en commun a toujours été l’un des talons d’Achille de la Communauté urbaine. Malheureusement, la nouvelle délibération relative à l’« optimisation » du réseau urbain inscrite à l’ordre du jour du Conseil communautaire, ne contribuera en rien à l’amélioration du quotidien des usagers du réseau STAN, bien au contraire.

Le choix de baisser notamment la fréquence d’un certain nombre de lignes de bus se fait au détriment des besoins quotidiens et ne fera qu’inciter les grands nancéiens à prendre leur voiture individuelle pour l’ensemble de leurs déplacements. Par cette nouvelle diminution de l’attractivité du réseau grand nancéien, la Communauté urbaine se met en contradiction avec l’objectif d’amélioration de la qualité de l’air défini par son Plan de Déplacements Urbains qui remonte à 2006.

Ainsi, parce qu’on ne peut faire de choix que de façon globale, l’élaboration d’un nouveau Plan de Déplacements Urbains du Grand Nancy, maintes fois annoncée mais toujours reportée, devient urgente. Aux nouveaux ajustements à la baisse visiblement prévus pour l’été 2015, nous préconisons le lancement d’une réelle concertation avec les habitants et les commerçants de l’agglomération et de réelles améliorations, le mécontentement des Grands Nancéiens étant réel.

Certes, bien entendu, si nous avons la possibilité de réaliser certaines économies d’argent public pour des lignes incohérentes et mal adaptées, il convient de le faire rapidement. Mais ces économies générées doivent bien être réutilisées afin de combler les points de faiblesse du réseau que nous avons identifiés et pour lesquelles nous n’avons pas été entendus.

Par exemple, avec ces économies, nous demandons la mise en place de la gratuité de l’accès du réseau STAN aux personnes handicapées. La délibération n°20 du Conseil prévoit la gratuité pour les personnes qui les accompagnent. Nous souhaiterions que les personnes handicapées bénéficient elles-mêmes de la gratuité.

Pour toutes ces raisons, l’ensemble des élus du groupe de Gauche s’oppose à la diminution des fréquences de passage des bus et du tram présentée ce vendredi en Conseil de communauté.

Pour le groupe « La Gauche du Grand Nancy »,

Le Président,

Hervé FERON

La réponse de Marisol TOURAINE à Hervé FERON : l'octroi d'une aide de 34,6 millions d'euros pour le CHU de Nancy

A de nombreuses reprises, le Député-Maire est intervenu auprès de Marisol TOURAINE, Ministre de la Santé, au sujet de la situation préoccupante du CHU de Nancy, lui faisant part notamment de son attachement au projet de réorganisation des laboratoires du CHU en un plateau technique unique de biologie.

Vraisemblablement, la presse locale n'a pas mesuré, au long de ses articles, combien Hervé FERON s'était engagé sur ce dossier. Il a donc informé les représentants syndicaux du CHU de ses interventions nombreuses et de son engagement.

La Ministre vient d'adresser un courrier au Député, à titre personnel, pour lui faire savoir que le CHU bénéficiera d'une aide de 34,6 millions d'euros pour financer son projet d'investissement et redresser sa situation financière.

Communiqué

Il y a quelques jours, j’ai souhaité communiquer les éléments suivants à la presse parce que je pense qu’il est important que la population soit informée. Pour l’instant, rien n’a été publié, je suis habitué à ce qu’on ne publie pas mes communiqués de presse. Je suis Député, Maire, Président du Groupe de Gauche à la Communauté Urbaine mais peut-être est-ce que mon avis n’est pas aussi important que cela. Si mon communiqué n’était pas publié, n’hésitez pas à la reprendre et à le diffuser sur tous les réseaux sociaux.

Hervé FERON

 

Lors du Conseil de Communauté Urbaine du 25 juin 2015, le Groupe de Gauche et en particulier les Maires se sont abstenus sur la délibération concernant l’entretien et l’aménagement des voiries communautaires pour alerter l’opinion publique sur l’inquiétude qui est la leur. En effet, les investissements inconsidérés de la Communauté Urbaine ont généré une dette qu’il faut aujourd’hui rembourser et qui oblige à trouver des économies. Mais les choix qui sont faits aujourd’hui pour trouver des économies ne sont pas partagés.

Lors du Conseil de Communauté du 13 février, le Président de la Communauté Urbaine avait annoncé que les montants des enveloppes d’entretien des voiries qui avaient été adressés aux Maires ne représentaient pas la totalité des dotations. Il avait ajouté que tout cela sera discuté en Conférence des Maires. Plusieurs Conférences des Maires ont eu lieu et certes, les Maires ont pu dire leur désaccord et leurs inquiétudes. Mais hélas, cela n’a rien changé.

Pour calculer le montant de l’enveloppe, il existera désormais deux types de voiries : les voiries particulières et secondaires. Pour les voiries particulières, le coût de l’entretien comptera pour le double de leur surface dans le calcul de la répartition des enveloppes. Or, les voiries particulières seront celles qui présentent un intérêt culturel, économique, historique ou de centralité. Par ailleurs, l’entretien des voiries primaires, c’est-à-dire celles sur lesquelles on dénombre un trafic important en matière de transports en commun, sera pris en charge par la Communauté Urbaine. On comprend bien alors que les communes les plus modestes sont les grandes perdantes car ce sont celles qui sont les moins bien desservies par le réseau Stan et qui ne disposent que de peu ou pas de voies à proximité d’un site d’intérêt patrimonial. Ce sera donc la double peine puisque ces communes ne disposeront pas de voiries particulières qui seront les mieux entretenues. Pour les voiries particulières, c’est la Communauté Urbaine et non pas les Maires qui décideront de la nécessité d’y faire des travaux d’entretien.

Pour les voiries secondaires, les Maires ont juste un avis de priorité à donner mais comme cela se cantonnera dans des enveloppes réduites à peau de chagrin, cela consiste à dire que les Maires n’ont plus du tout de marges de manœuvre.

Il est important que la population sache cela et il faudra être très attentif aux réactions des habitants de la Communauté Urbaine dans quelques mois lorsqu’ils constateront une dégradation globale des voiries sur le territoire de la Communauté Urbaine.

 

Intervention d'Hervé Féron en Conseil de Communauté Urbaine sur le compte administratif 2014

Monsieur le Président,

 

Même si le compte administratif n’est pas un vote sur l’opportunité, il est tout de même le constat de la mise en œuvre de politiques choisies par la majorité et nous sommes en profond désaccord avec ces choix et leurs conséquences. Les exercices budgétaires se suivent et se ressemblent. Ils sont marqués par la trace indélébile et fâcheuse qu’y laisse la majorité de Droite de la Communauté Urbaine du Grand Nancy. L’exercice 2014 n’échappe pas à cette règle. C’est un compte administratif frappé une nouvelle fois du sceau des déficits que nous examinons aujourd’hui.

On nous annonce certes un excédent de clôture de 24,1 millions d’euros. Mais la bulle de la dette continue de gonfler dangereusement, 677,01 M€ à la fin de l’année 2014 contre 662,1 M€ à la fin 2013, et de flotter au-dessus de la tête des Grands Nancéiens. Si la hausse ralentit, elle se fait néanmoins de plus en plus pesante avec désormais 2.644 € par habitant.

On peut noter cependant une évolution à travers le début de prise de conscience que vous semblez avoir prise quant à la gestion de cette Communauté Urbaine et que vous avez esquissée à la fin du précédent mandat. C’est probablement la raison pour laquelle l’évolution de l’encours de dette s’avère moins importante que lors des précédents exercices, de même que les dépenses d’investissement après des années et des années de hausse continue, à contre-courant du mouvement que les autres EPCI de même nature avaient choisi de suivre. Seulement 145,9 M€ en 2014, soit le niveau de 2009 et une baisse de 23% par rapport à 2012 et de 15% par rapport à 2013. Vous évoquez la nécessité de « pérenniser le dynamisme de l’agglomération tant pour la qualité de vie au quotidien que pour consolider la croissance de demain » mais je ne suis pas certain que les investissements réalisés répondent réellement à ces objectifs. En effet, le fond de notre désaccord, ce sont vos choix en matière d’investissement.

En y regardant de plus près, on a une nouvelle fois la confirmation que la ligne 1 dont l’exploitation a été prolongée jusque 2022 n’est sûrement pas la meilleure idée que vous avez eue, c’est un gouffre financier. 3,398 millions d’euros ont été affectés aux grandes révisions du matériel roulant et encore seulement pour 2014. Soit dit en passant, on remarque que la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement attribuée par l’Etat à la Communauté Urbaine du Grand Nancy entre 2013 et 2014 est justement de 3,4 millions d’euros. Comme quoi, nous n’avons besoin ni de l’Etat, ni de la situation économique actuelle pour  restreindre les possibilités d’investissement de la CUGN.

Toujours dans le registre des transports, on peut être satisfait que l’Enquête Ménages Déplacements soit finalement cofinancée au titre des fonds européens via une subvention de 353.000 €. Malgré ces aides publiques, on ne peut que regretter que cet outil, source d’informations utiles pour améliorer le réseau de transports communautaires et la fluidité du trafic dans l’agglomération, n’ait pas pu remplir son rôle puisque vous avez décidé de restructurer le réseau Stan courant 2013 sans utiliser les données tirées de cette enquête qui a coûté au total 1 million d’euros… A défaut de servir aux habitants pour leur offrir un réseau performant et adapté à leurs déplacements quotidiens, nous aimerions savoir combien cette enquête qui restera dans les cartons a coûté réellement à la Communauté Urbaine.

Enfin, le nouveau Centre des Congrès aura coûté la bagatelle de 18 millions d’euros rien qu’en 2014, et c’est sans compter les nombreux avenants et marchés complémentaires de travaux que nous avons approuvé depuis le lancement de l’opération, un chaque année, qui font encore grimper l’addition, tout comme les protocoles de transaction amiable avec les entreprises d’ailleurs. D’un montant de 56,45 M€ hors taxe en 2010, nous en sommes désormais à 60,9 M€ pour ce projet, soit une augmentation de 8% des coûts. On nous annonce un chiffre d’affaires de 1,363 M€ sur 4 mois d’exploitation, dépassant toutes les espérances, sur ce point on est d’accord. Mais comme l’indique le rapport du délégataire de service public, celui-ci a « su tirer partie [NDLR : faute d’orthographe comprise] de l’effet de nouveauté découlant de l’ouverture d’un équipement ». Nous souhaitons naturellement que les futurs résultats d’exploitation continuent de nous surprendre mais je reste réservé quant au chiffre d’affaires, eu égard au coût d’investissement.

Ces dépenses, loin d’être toujours judicieuses, grèvent les finances communautaires et alourdissent le poids de la dette, affaiblissant la capacité de la Communauté Urbaine à investir pour l’avenir, pour le bien-être et dans l’intérêt de ses habitants. Vous semblez avoir trouvé des « solutions », si je puis dire, pour résorber ces déficits abyssaux et retrouver des marges de manœuvre mais ces coupes budgétaires sont sans véritable discernement et surtout au détriment de la population et des communes les plus modestes. On en a encore eu un exemple récemment avec les rippeurs qui redoutent l’entrée en application d’un avenant qui réduirait le nombre de tournées de ramassage des déchets et engendrerait la suppression d’une trentaine d’emplois alors que leurs conditions de travail sont déjà difficiles. Cette diminution des fréquences de ramassage ne concernerait pas le centre-ville de Nancy.

Même constat sur le dossier des voiries communautaires. Depuis de nombreux mois, nous bataillons concernant le montant des enveloppes et leur répartition entre les communes. La volonté d’économies est compréhensible mais elle s‘effectue suivant des critères qui, une nouvelle fois, désavantagent les communes périphériques les moins dotées. Très peu de voies dans ces villes sont classées en tant que voiries dites « particulières » qui, en raison de leur intérêt historique, culturel, économique ou de centralité, comptent pour le double de leur surface dans le calcul des enveloppes. Ainsi, une commune qui n’a pas sur son territoire un château, des bâtiments classés ou encore un quartier qui, lui, serait mal desservi par les transports en commun ou pas desservi du tout sera désavantagé dans votre nouveau mode de calcul.

Tous ces choix, nous n’y sommes pas associés, la Conférence des Maires ressemblant davantage à un lieu où on nous communique des informations et des décisions déjà actées. Nous le regrettons et c’est probablement la raison pour laquelle la Communauté Urbaine continue à avancer sur la voie de l’endettement et des inégalités entre ses communes membres.

Nous ne pouvons accepter ces orientations et en conséquence, nous ne voterons pas ce bilan relatif à une gestion non partagée de la Communauté Urbaine.

 

Les baisses de dotations de l'Etat ont beau dos

Je regrette que l'Est Républicain ne reprenne que les affirmations de la majorité de la Communauté Urbaine du Grand Nancy sans avoir repris les informations que j'ai données à plusieurs reprises, y compris en Conseil de Communauté. Dans l’édition d’aujourd’hui, un article est ainsi consacré au mécontentement des rippeurs qui craignent la suppression de 30 emplois et la dégradation de leurs conditions de travail déjà difficiles si un avenant au contrat de délégation de service public venait à être appliqué. Le journaliste indique que « d’autres mesures d’économies sont à redouter » en raison des baisses de dotations de l’Etat au Grand Nancy, de l’ordre de 10,3 millions d’euros cette année et de 55,8 millions d’euros en cumulé à l’horizon 2017. La cause est toute trouvée, il n’y a pas besoin de chercher ailleurs, l’Etat est fautif, la Communauté Urbaine blanche comme neige. Mais la réalité est bien différente.

J’avais donc fait la démonstration en Conseil de Communauté Urbaine que la situation financière de la CUGN et les mesures d’économies nécessitées par cet état ne sont pas les résultantes des baisses de dotations de l’Etat mais bien les conséquences de la gestion malheureuse du Grand Nancy depuis de nombreuses années, et notamment de la politique dispendieuse, pour ne pas dire hasardeuse, en matière d’investissement (que l’on pense au tram, au Centre des Congrès ou encore aux nombreux terrains réservés auprès de l’EPFL) qui ont conduit à un niveau d’endettement irraisonné.

Le 13 février dernier, Lors du Débat d’Orientation Budgétaire 2015, j’avais indiqué que le Grand Nancy avait investi en moyenne 154 millions d’euros par an ces 5 dernières années. Entre 2008 et 2013, cela représente 919 millions d’euros, les dépenses d’investissement ont grimpé de 112 à 172 millions d’euros, soit une hausse de 54%. Dès 2013, la Communauté Urbaine n’a plus été en mesure de tenir le rythme puisque les dépenses d’investissement ont baissé de 8,5% par rapport à 2012 quand celles des 16 autres collectivités similaires augmentaient de 3,7%. De même, j’avais relevé qu’entre 2009 et 2013, l’encours de dette de la CUGN avait augmenté de 34% quand cette hausse était limitée à 3,7% en moyenne pour l’ensemble des Communautés Urbaines et métropoles de France.

Le 10 avril 2015 à l’occasion du vote du Budget Primitif 2015, j’avais noté que les recettes avaient augmenté de 21% entre 2008 et 2015 et les charges réelles de 20,3%. Alors que ces résultats ont entraîné une hausse de l’épargne brute de 24,5%, l’encours de dette a continué d’atteindre des sommets, passant de 471,3 à 677 millions d’euros au 31 décembre 2014, soit une hausse de 43,6% ! Fin 2013, l’encours de dette était de 662 millions d’euros. Cet accroissement de l’encours de dette de plus de 2% en un an, entre 2013 et 2014, équivaut à 15 millions d’euros alors que les baisses de dotations de l’Etat pour la Communauté Urbaine s’élèvent à 3 millions d’euros en 2014 et 10,3 millions d’euros en 2015. Ainsi sur 2 ans, les dotations de l’Etat perdues ne suffiraient même pas à combler la hausse de la dette sur un an alors que cette hausse est la plus faible depuis 2010 ! Les faits sont là.

Lorsqu’aujourd’hui, on nous annonce des restrictions sur les voiries qui lèsent en particulier les communes les plus pauvres et les plus mal desservies par les transports en commun ou lorsqu’on nous annonce des diminutions des tournées pour le ramassage des ordures qui épargnent le centre-ville de Nancy, on a l’impression que cette grosse dette, elle aussi, ne sera pas épongée de façon égalitaire.

 

L'ASPTT Nancy-Tomblaine se voit refuser le COSEC de Tomblaine pourtant libre

Le Président de la Communauté Urbaine a donné des responsabilités dans son exécutif uniquement aux Maires de Droite et certains d’entre eux utilisent ce pouvoir malheureusement trop souvent pour se faire valoir ou pour régler leurs comptes. Comment expliquer par exemple que le club de basket de Tomblaine appelé ASPTT Nancy-Tomblaine Basket ait demandé pour faire sa journée de fête avec les familles des joueurs le COSEC de Tomblaine qui permet facilement de jouer au basket en intérieur tout en faisant la fête à l’extérieur au mois de juin et qu’on lui ait refusé en lui proposant à la place le gymnase Jacquet à Nancy où les possibilités sont beaucoup plus réduites pour faire la fête en extérieur ? Tout cela quand on sait que ce dimanche, le COSEC de Tomblaine n’était pas utilisé.

Le Vice-Président est Monsieur Pensalfini. Pourquoi traite-t-il les clubs tomblainois de la sorte ? Pourquoi réserve-t-il les terrains annexes dans l’enceinte du stade Marcel Picot, pourtant à Tomblaine, au club de football de Saint-Max et pourquoi les refuse-t-il au GSAT, club de Tomblaine ? Le club de basket ASPTT Nancy-Tomblaine a eu d’excellents résultats cette année en particulier chez les filles. Elles ont gagné tous leurs matches, elles accèdent en Nationale 3, elles ont gagné la Coupe de Lorraine et elles sont championnes. Elles reçoivent actuellement une équipe algérienne, sélection de la région de Saïda, parmi lesquelles 4 joueuses sont membres de l’équipe nationale d’Algérie. C’est une belle activité pour ce club et l’on sent bien que ce dynamisme vient de l’ancrage tomblainois d’où sont issus une grande partie des joueurs et des dirigeants. Leur refuser une infrastructure basée sur Tomblaine sans raison est forcément vécu comme une injustice de plus.

 

Baisse de la subvention du Canoë-Kayak Club en faveur du sport scolaire

Cet après-midi lors du Conseil de Communauté Urbaine, Hervé Féron a interrogé le Président du Grand Nancy sur la crainte de plusieurs associations, dont le Canoë-Kayak Club de Nancy-Tomblaine, qui ont été prévenues de façon informelle que les subventions attribuées au titre de l'accueil des élèves des établissements scolaires de l'agglomération ne seraient pas reconduites.

 

Retranscrit de l'intervention :

Monsieur le Président,

La subvention d’équipement que nous sommes appelés à voter permettra la concrétisation de ce projet ambitieux pour la pratique professionnelle du tennis sur l’agglomération et plus largement dans la Région. Ce soutien au sport de haut niveau est primordial, puisque celui-ci a un impact sur le rayonnement de l’agglomération mais également sur l’attrait de la discipline en question et donc sur le développement de la pratique de loisirs. Cependant, ce lien de dépendance entre sport de haut niveau et sport amateur fonctionne dans les deux sens et le sport non-professionnel, antichambre de l’élite, doit lui-aussi être soutenu.

Plusieurs associations sont aujourd’hui inquiètes de la remise en cause des subventions qui leur étaient jusqu’à présent attribuées par la Communauté Urbaine du Grand Nancy, comme le Canoë-Kayak-Club de Nancy-Tomblaine qui bénéficie d’une dotation au titre de l’accueil régulier de nombreux élèves des établissements scolaires de l’agglomération.

Cette association sportive perçoit depuis plusieurs années 20.000 €, tout comme le club d’aviron, somme lui permettant de faire l’acquisition du matériel spécifique utilisé par le public scolaire et de s’acquitter des charges liées à cette activité comme la rémunération du personnel. Cette participation de la Communauté Urbaine autorise le club à proposer ses prestations sportives aux partenaires à un coût avantageux, favorisant leur accès et la découverte de cette activité par tous et notamment les élèves. Le Golf de Pulnoy se voit, quant à lui, attribuer 100.000 € pour l’accueil des établissements scolaires. Déjà là, ces différences de montant m’interrogent d’autant que les effectifs accueillis sont sans commune mesure. Selon la délibération du 18 octobre 2013 concernant la mise à disposition des bâtiments, c’est quelque « 3.000 élèves qui utilisent régulièrement les installations de canoë-kayak » quand le nombre d’élèves inscrits à l’école de Golf était en baisse en 2012, évalué à 105 jeunes. Toujours en 2012, le Canoë-Kayak Club a accueilli 45.000 scolaires contre seulement 1.700 pour le Golf de Pulnoy. Enfin, le Canoë-Kayak Club de Nancy-Tomblaine a mis en place 439 séances cette année à destination des usagers des établissements scolaires, ce qui constitue un record. Il serait intéressant de connaître sur quelle base les montants de ces subventions ont été déterminés. Par ailleurs, ces trois clubs bénéficient de la prise en charge des transports depuis les établissements scolaires jusqu’aux lieux de pratique, valorisée à hauteur de 20.000 €.

Or, il semble que certaines associations aient été prévenues de façon informelle du non-renouvellement de ces crédits en 2015 ainsi que de l’arrêt du financement des bus indispensables aux transports des élèves vers les lieux de pratique sportive.

Les conséquences pour le Canoë-Kayak Club de Nancy-Tomblaine, c’est une perte de 30.000 euros attendus cette année, à savoir le montant de la subvention ainsi que des recettes engendrées par les prestations à destination des élèves pour le premier trimestre de la prochaine année scolaire. En 2016, cette perte pourrait atteindre 45.000 euros !

Les associations peuvent comprendre que la situation financière difficile des collectivités, en particulier de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, ne puisse permettre de revoir à la hausse ou de maintenir en l’état le montant des subventions mais elles ne peuvent accepter une suppression totale alors qu’elles  assurent une véritable mission d’intérêt général et de service public.

J’ajoute que le Contrat de Projets Etat-Région 2007 et 2013 a permis la réalisation de 1,2 M€ de travaux sur le pôle nautique. Il serait regrettable que ces investissements importants pour valoriser le potentiel sportif de la Lorraine et notamment l’aménagement du pôle nautique aient été réalisés en pure perte ou ne bénéficient plus qu’à quelques privilégiés. Enfin, nous reposons la sempiternelle question : quand et où se prennent de telles décisions et qui les prend ?

Je vous remercie.

 

En l'absence de Monsieur Pensalfini, parti voir un match de foot (sic !), c'est Monsieur Werner qui a répondu ... à côté de la question. Avec des petites piques aussi agressives que stupides.

Il a fini par nous annoncer ce qu'il qualifie de "bonne nouvelle" : le club de canoë-kayak aura finalement 10.000 € ... au lieu de 20.000 € ! Sacrée bonne nouvelle ! Il faut juste rappeler que cela sert au sport scolaire !

Mais à la question "où et quand se prennent ces décisions et surtout qui les prend ?" ... il n'a pas répondu ! Il a juste dit que la décision était prise ! Vous avez dit démocratie ?

 

 

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