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Catégorie : Actualité (Page 254 de 316)

Dominique POTIER fait partie des 5 députés socialistes qui se sont abstenus sur le projet de loi pour le mariage pour tous. Et alors ? Où est le problème ?

Une poignée d’apparatchiks et quelques «observateurs » vont s’acharner sur lui. Je pense que ces gens-là ont tort ou alors est-ce que cela signifierait que dans ce pays on considère que les députés ne sont plus libres de leur vote ?

Très clairement, je désapprouve le vote de Dominique POTIER. Très clairement, je désapprouve et n’aime pas qu’il revendique ses convictions catholiques sociales, car je pense que ces éléments-là sont de l’ordre du privé. Il est élu de la République et ses convictions philosophiques ou religieuses personnelles n’ont pas à être revendiquées par un élu de la République, alors que le principe même de Laïcité est inscrit dans le préambule de la Constitution.

Par contre, je ne suis pas choqué du tout par le fait qu’un député de quel que parti que ce soit, et surtout quand il est au Parti socialiste, puisse voter en différence avec la consigne de vote donnée parce qu’il vote en son âme et conscience. Dans ce cas précis, Dominique POTIER s’est contenté de s’abstenir de façon très responsable puisqu’il savait très bien que le vote socialiste serait très majoritaire et que ce ne sont pas 5 abstentions dans le camp socialiste qui allaient bouleverser le monde ou remettre en cause fondamentalement les débats de qualité auxquels il a d’ailleurs participé activement. Alors on peut toujours discuter sur le vote, sur son vote et j’affirme que je suis en désaccord avec lui. J’ai voté pour le mariage pour tous, j’en suis fier, je le revendique. Mais par contre, ne remettez pas en cause l’homme. Je connais bien Dominique POTIER, c’est un mec bien, il a mon amitié, mon estime et mon soutien.

Le Parti Socialiste qui montre l’exemple en s’ouvrant à la diversité doit accepter aussi que dans ses propres rangs, chez ses propres élus, il y ait ponctuellement des différences philosophiques, voire politiques…

En d’autres temps, Chaynesse KHIROUNI n’avait pas souhaité voter le pacte budgétaire, je désapprouvais ce choix de Chaynesse, je ne l’ai pas commenté. J’ai surtout été irrité, à l’époque, quand dans la presse elle a cru bon se valoriser en disant qu’elle « n’était pas un béni-oui-oui ». Beaucoup de députés ont pensé comme moi : j’ai suffisamment de caractère pour me démarquer, avec courage, quand il le faut. Mais ce n’est pas parce que je vote comme la majorité de mon parti et que je suis d’accord avec la majorité de mon parti que je deviens pour autant un béni-oui-oui. Ce sont des expressions malheureuses que l’on n’utilise pour ses adversaires, pas pour ses amis. Cela dit, je n’ai pas pour autant pensé à l’époque qu’il fallait remettre en cause Chaynesse KHIROUNI et je ne l’ai pas souhaité.

Le député est d’abord un citoyen éclairé, avant que de prendre sa carte au parti, il est un homme libre. Sa parole doit rester libre, son vote doit rester libre, contre les vents et marées de la pression populiste émergente !

J’ai été moi-même très blessé quand quelques apparatchiks m’ont agressé avec insistance sur ma position quant au non-cumul des mandats. J’assume mes responsabilités, tout en étant élu du peuple, je n’en reste pas moins un homme libre. Le parti est important pour construire collectivement des idées, pour les porter stratégiquement ensemble, la solidarité doit y être privilégiée, mais il y a un moment où le parti ne doit pas être trop pesant car alors il devient liberticide. D’ailleurs, je n’ai entendu PERSONNE dans le groupe socialiste à l’Assemblée reprocher quoi que ce soit à Dominique Potier…

Tout le reste ne serait-il pas que bavardages inutiles ?

Je renouvelle tout mon soutien et mon amitié à Dominique POTIER et je continue à penser que ça n’est pas parce qu’il craignait le vote de Dominique POTIER que le Pape a démissionné (lol).

Hervé FERON

Je suis un peu fatigué d’entendre jusque très tard dans l’hémicycle la psychanalyse, la famille ou encore la morale prises en otage. Le débat n’est pas un débat, c’est une opération d’obstruction systématique pour ne pas dire une opération obscurantiste. A propos de la psychanalyse et de la famille d’ailleurs, je vous propose ces quelques lignes que j’ai trouvées sur l’excellent site de Jean Mirguet.

 

 

Un nouvel usage du père :

 

On connaît l’aphorisme provocateur de Lacan : « Il n’y a pas de rapport sexuel », formule emblématique d’une impossible jouissance et d’une chimérique complémentarité homme – femme, voués à ne jamais s’entendre, ce pourquoi la plupart d’entre eux passent leur vie à se chercher … et, quelquefois, à se rencontrer. Le sujet, dans l’acte sexuel, ne rencontre ni l’objet de son désir que l’autre paraît représenter pour lui, ni la complétude qu’il escompte d’une telle expérience.

Dans un post récent, à propos du mariage pour tous, publié par une association de psychologues orientés par les hypothèses de Freud et Lacan, on peut lire que les psychanalystes qui auraient l’idée farfelue qu’il leur faudrait avoir tous le même avis sur la très actuelle question du mariage pour tous, valable pour toute la planète psy, feraient mieux de se taire. Aussi jugent-ils fâcheux, à juste titre, l’utilisation qui est faite du savoir psychanalytique pour cautionner, dans les polémiques, les thèses opposées au projet de loi. Combattre le mariage pour tous au nom du critère de la différence naturelle des sexes est une billevesée et ne vaut pas mieux que débiter des coquecigrues puisque s’il n’y a pas d’appariement naturel entre elle et lui, ils sont destinés à rester des désassortis et à ne s’associer que par le fantasme : il n’y a pas de rapport sexuel.

Les psychanalystes opposés au mariage pour tous restent pour la plupart d’entre eux arc-boutés sur le sacro-saint Œdipe, soutien d’une conception normative et harmonieuse de la famille, alors que tout l’enseignement de Lacan engage sur la voie consistant à prendre du champ par rapport à ce qui est devenu une idéologie oedipienne (cf. la teneur des débats dans lesquels H. Guaino et d’autres se font les pourfendeurs du projet de loi).

Endossant son habit de père la malice, Lacan affirmera qu’est hétérosexuel celui ou celle qui aime les femmes : les femmes sont toujours autres, fut-ce pour elles-mêmes. De quoi donner des boutons aux militants de la république oedipienne fondée sur le règne éternel du père, à partir d’une vision psychologisante de la famille (avec laquelle la psychanalyse n’a pas grand-chose à voir même si certains psychanalystes médiatiques ont pris leur part dans cette dérive).

Considérant que les psychanalystes n’étaient pas plus les détenteurs des clés de la normalité que de celles de l’anormalité, Lacan a, sans relâche, bouleversé cette vision oedipienne de la psychanalyse en prédisant le déclin de l’Oedipe dans nos sociétés. Il a toujours insisté sur le fait que l’ordre symbolique – dont on fait un usage psychologisant à l’occasion de ce débat – n’était en rien une norme et que chaque sujet s’y rapportait de façon singulière. C’est ainsi que ce qu’on appelle la carence paternelle n’est pas directement liée à l’absence de la personne du père puisqu’un Oedipe peut tout à fait se constituer sans la personne du père. Le père est une fonction qui, certes, doit être incarnée, mais qu’il faut dissocier de sa personne réelle.

Avec l’homoparentalité, s’offre un nouveau scénario : la fonction maternelle n’est plus forcément attribuée à la femme, et la fonction paternelle à l’homme. La fonction parentale est dissociée du biologique, au moins pour l’un des deux parents, et de surcroît il y a lieu de distinguer différence des sexes et parentalité.

La sacro-sainte fonction paternelle soit, dans le jargon des psychanalystes, le rapport du désir à la loi, peut-elle fonctionner si la répartition père-mère ne coïncide pas toujours avec la stricte différence homme-femme ? Il semble bien que oui si l’on en juge par les études portant sur les familles homoparentales où les enfants peuvent trouver, ni mieux ni moins bien que dans les familles hétéroparentales, les identifications qui leur sont nécessaires.

Dans ces conditions, que faire du père ?  Dans une de ses  saillies fulgurantes dont il avait le secret, ce que nous propose Lacan, c’est de s’en servir … pour s’en passer. A suivre …

Je suis un peu fatigué d’entendre jusque très tard dans l’hémicycle la psychanalyse, la famille ou encore la morale prises en otage. Le débat n’est pas un débat, c’est une opération d’obstruction systématique pour ne pas dire une opération obscurantiste. A propos de la psychanalyse et de la famille d’ailleurs, je vous propose ces quelques lignes que j’ai trouvées sur l’excellent site de Jean Mirguet.

 

 

Un nouvel usage du père :

 

On connaît l’aphorisme provocateur de Lacan : « Il n’y a pas de rapport sexuel », formule emblématique d’une impossible jouissance et d’une chimérique complémentarité homme – femme, voués à ne jamais s’entendre, ce pourquoi la plupart d’entre eux passent leur vie à se chercher … et, quelquefois, à se rencontrer. Le sujet, dans l’acte sexuel, ne rencontre ni l’objet de son désir que l’autre paraît représenter pour lui, ni la complétude qu’il escompte d’une telle expérience.

Dans un post récent, à propos du mariage pour tous, publié par une association de psychologues orientés par les hypothèses de Freud et Lacan, on peut lire que les psychanalystes qui auraient l’idée farfelue qu’il leur faudrait avoir tous le même avis sur la très actuelle question du mariage pour tous, valable pour toute la planète psy, feraient mieux de se taire. Aussi jugent-ils fâcheux, à juste titre, l’utilisation qui est faite du savoir psychanalytique pour cautionner, dans les polémiques, les thèses opposées au projet de loi. Combattre le mariage pour tous au nom du critère de la différence naturelle des sexes est une billevesée et ne vaut pas mieux que débiter des coquecigrues puisque s’il n’y a pas d’appariement naturel entre elle et lui, ils sont destinés à rester des désassortis et à ne s’associer que par le fantasme : il n’y a pas de rapport sexuel.

Les psychanalystes opposés au mariage pour tous restent pour la plupart d’entre eux arc-boutés sur le sacro-saint Œdipe, soutien d’une conception normative et harmonieuse de la famille, alors que tout l’enseignement de Lacan engage sur la voie consistant à prendre du champ par rapport à ce qui est devenu une idéologie oedipienne (cf. la teneur des débats dans lesquels H. Guaino et d’autres se font les pourfendeurs du projet de loi).

Endossant son habit de père la malice, Lacan affirmera qu’est hétérosexuel celui ou celle qui aime les femmes : les femmes sont toujours autres, fut-ce pour elles-mêmes. De quoi donner des boutons aux militants de la république oedipienne fondée sur le règne éternel du père, à partir d’une vision psychologisante de la famille (avec laquelle la psychanalyse n’a pas grand-chose à voir même si certains psychanalystes médiatiques ont pris leur part dans cette dérive).

Considérant que les psychanalystes n’étaient pas plus les détenteurs des clés de la normalité que de celles de l’anormalité, Lacan a, sans relâche, bouleversé cette vision oedipienne de la psychanalyse en prédisant le déclin de l’Oedipe dans nos sociétés. Il a toujours insisté sur le fait que l’ordre symbolique – dont on fait un usage psychologisant à l’occasion de ce débat – n’était en rien une norme et que chaque sujet s’y rapportait de façon singulière. C’est ainsi que ce qu’on appelle la carence paternelle n’est pas directement liée à l’absence de la personne du père puisqu’un Oedipe peut tout à fait se constituer sans la personne du père. Le père est une fonction qui, certes, doit être incarnée, mais qu’il faut dissocier de sa personne réelle.

Avec l’homoparentalité, s’offre un nouveau scénario : la fonction maternelle n’est plus forcément attribuée à la femme, et la fonction paternelle à l’homme. La fonction parentale est dissociée du biologique, au moins pour l’un des deux parents, et de surcroît il y a lieu de distinguer différence des sexes et parentalité.

La sacro-sainte fonction paternelle soit, dans le jargon des psychanalystes, le rapport du désir à la loi, peut-elle fonctionner si la répartition père-mère ne coïncide pas toujours avec la stricte différence homme-femme ? Il semble bien que oui si l’on en juge par les études portant sur les familles homoparentales où les enfants peuvent trouver, ni mieux ni moins bien que dans les familles hétéroparentales, les identifications qui leur sont nécessaires.

Dans ces conditions, que faire du père ?  Dans une de ses  saillies fulgurantes dont il avait le secret, ce que nous propose Lacan, c’est de s’en servir … pour s’en passer. A suivre …

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