A l'Assemblée Nationale

Hervé Féron intervient pour le niveau de vie des étudiants

Ce matin, en Commission des Affaires culturelles et de l'Éducation, Hervé Féron est intervenu en faveur du niveau de vie des étudiants lors de la présentation du Rapport de Mme Valérie Corre sur l'Enseignement supérieur et la vie étudiante.

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Merci Monsieur le Président.

Madame la rapporteure, chers collègues,

Votre rapport permet de mesurer l'ampleur du travail accompli pour améliorer notre système de bourse pour les étudiants sous ce quinquennat. Les réformes entreprises ont permis non seulement d'augmenter l'aide aux jeunes issus des familles aux revenus les plus modestes mais aussi d'en faire bénéficier une partie des classes moyennes. Sans un tel accompagnement, comment pourrions-nous assurer une véritable démocratisation de l'enseignement supérieur, indispensable dans la société actuelle et à venir ?

A la lecture de votre rapport, il semble que des efforts aient été réalisés pour résoudre les problèmes de réactivité du CROUS. Cependant, je suis désolé de devoir témoigner du fait qu’il y a encore de graves dysfonctionnements. Des étudiants dans ma circonscription se plaignent comme chaque année de retards concernant le versement des bourses par le CROUS. Cela est doublement pénalisant car, au moment de payer les frais de scolarité en début d’année, ils ne peuvent prouver qu’ils sont boursiers et doivent donc avancer ces frais  en attendant qu’ils leur soient normalement remboursés deux ou trois mois plus tard lorsqu’enfin les bourses seront versées. Cela contribue à précariser des jeunes étudiants en situation parfois dramatique.

Ce rapport souligne avec pertinence qu'il reste de nombreuses questions en suspens, de la linéarisation des bourses au redéploiement du parc immobilier du CROUS. J'aimerais insister sur deux points en particulier :

  • Vous mentionnez à juste titre en conclusion le fait que la reconfiguration des études supérieures nécessite de « mieux reconnaître  les situations particulières de chacun » pour l'allocation des bourses. Cela passe bien sûr par une meilleure prise en compte du contexte familial de l'étudiant, ce qui a été fait avec le doublement des aides d'urgence. On peut également se demander, compte tenu des écarts du coût de la vie entre les différentes villes ou régions soulignés à de multiples reprises par l'INSEE, s'il ne faudrait pas ajouter un critère géographique au calcul du montant des bourses sur critères sociaux, comme c'est le cas des APL. Cela permettrait de s'acheminer vers plus d’égalité entre les étudiants boursiers, qui pour le moment semble faire partiellement défaut.
  • Vous mentionnez le cas exemplaire du CROUS de CAEN qui gère les aides régionales allouées aux jeunes des formations sanitaires et sociales. Il faut en effet saluer cette initiative qui permet d'améliorer la lisibilité du soutien public à destination des étudiants, un seul organisme gérant l'attribution d'aides diverses. Une telle mesure de gestion doit sans doute être étendue. Comme vous le soulignez également, l'alignement de l'aide régionale sur le droit commun de l'enseignement supérieur sur cet exemple précis facilite grandement une gestion commune. Je suis personnellement en faveur d'une plus grande harmonisation et d'une plus grande mise en cohérence des aides de l'Etat et celles des collectivités ; il me semble qu'il y a là une marge de progression pour rendre notre système d'aide plus accessible pour tous.

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Le travail continue à l'Assemblée pour de vraies réformes progressistes

En septembre 2015, j’avais déjà interpellé le gouvernement avec plusieurs parlementaires sur son manque de soutien à l’aide au développement dans une tribune publiée par le journal La Croix. Entre 2012 et 2016, le budget de la mission qui lui est liée a en effet considérablement diminué, ce qui va à l’encontre de nos convictions et des engagements pris par la France dans ce domaine.

J'accueille donc favorablement la hausse des crédits alloués à l’aide publique au développement inscrite dans le projet de loi de finances pour 2017. Cependant, je ne peux que relever la faiblesse de cette augmentation (à peine 5%) qui ne me semble pas à la hauteur des enjeux et des objectifs que le Président de la République s’est fixés.

Il faut aller plus loin si nous voulons montrer l’implication de la France dans le système de solidarité internationale. Les défis des pays les plus pauvres sont trop grands pour que nous puissions les ignorer : éducation, santé, malnutrition, écologie, manque d’infrastructures… C'est être primaire que de penser autrement, nous avons là une responsabilité collective. C’est également en aidant ces territoires que nous parviendrons à limiter efficacement l’afflux de réfugiés vers notre pays.

C’est pourquoi j’ai co-signé quatre amendements visant à dégager de nouvelles ressources pour l’aide au développement.

Les deux premiers sont destinés à augmenter le taux et l’assiette de la taxe sur les transactions financières (TTF). Cela permettra à la fois de générer des recettes supplémentaires et de faire en sorte que ce dispositif fiscal freine mieux la spéculation financière, ce qui était son objectif initial.

Les autres amendements affectent une plus grande part des recettes de la TTF au budget de l’Agence française de développement qui verra sa capacité d’action accrue. Grâce à cette évolution, l’engagement pris par François Hollande lors de la Semaine des ambassadeurs d’affecter 50 % des recettes de la TTF à l’aide au développement sera ainsi mis en œuvre. 

Au total, ces mesures permettront de dégager plus de 900 millions d’euros supplémentaires pour l’aide au développement sans que cela n’impacte les finances publiques.

Si ces amendements ne sont pas rejetés, ce sera une avancée majeure dans l’assistance aux pays les plus pauvres et aux populations les plus fragiles.

Les députés de gauche en soutien aux milliers de femmes polonaises dans la rue

Les députés de gauche se sont rassemblés aujourd’hui en soutien aux femmes polonaises dont le droit à l’avortement, déjà soumis à des conditions très restrictives (viol, inceste, danger physique pour la mère ou l’enfant), est actuellement fortement menacé par un projet de loi à l’étude à la Diète polonaise. Juste avant les Questions au Gouvernement, les députés étaient invités à se vêtir de noir en soutien au mouvement « Czarny Protest » ou « Black Protest » à l’occasion duquel des milliers de femmes polonaises ont manifesté, toutes en noir, ce lundi.    

 

Les terminales du Lycée Jacques Callot à l'Assemblée nationale

Ce jeudi 6 octobre 2016, Hervé Féron a reçu, à Paris, deux classes de terminales du Lycée Jacques Callot de Vandoeuvre, accompagnées de leurs professeurs. Il a ainsi pu leur faire visiter l'Assemblée nationale, après avoir été en séance lors de l'examen de la Proposition de Loi relative à l'indépendance des médias.

Intervention d’Hervé Féron en Commission des Affaires culturelles et de l’Éducation dans le cadre de l’examen du rapport d’information relatif à la formation des enseignants

Ce matin, Hervé Féron est intervenu en Commission des Affaires culturelles et de l'Éducation lors de l'examen du rapport d’information relatif à la formation des enseignants :

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« Merci Monsieur le Président.

Monsieur le rapporteur, chers collègues,

Félicitations pour votre travail, c’est l’une des mesures majeures du quinquennat, dont nous pouvons être fiers : la formation des enseignants, indispensable à la refondation de l’école de la République. Vous le dites : « enseigner est un métier, qui ne s'improvise pas mais qui s’apprend et se perfectionne tout au long de la vie ».

Nous avions été nombreux ici à regretter la décision lors du précédent mandat en 2010 de supprimer l’année de stage à l’IUFM, pourtant indispensable avant l’entrée dans la carrière de jeunes professeurs qui se sont retrouvés jetés dans une classe avec des élèves devant lesquels ils ne savaient pas comment se comporter.

Si on ne peut que se réjouir du regain d’attractivité constaté avec l’augmentation du nombre des candidats aux concours de l’éducation nationale, il reste des questions à clarifier concernant les ESPE dont la majorité sont récapitulées dans le rapport. Ceci dit, je suis persuadé que, quelles que soient les mesures que l’on met en place, l’attractivité du métier d’enseignant passera forcément par une meilleure rémunération. 

C’est d’autant plus vrai que cinq années d’études sont désormais nécessaires pour faire un métier auparavant accessible avec une simple licence, pour des professionnels qui restent parmi les plus mal payés d’Europe. Or s’il faut être passionné pour exercer le métier d’enseignant, un sacrifice sans compensation financière ne suffira pas pour attirer les talents !

Sur les moyens d’attirer les talents, j’ai trouvé particulièrement intéressante la proposition n°19 de « libération » du master de la césure du concours[1]. Cela m’a fait penser aux sessions exceptionnelles organisées pour le CAPES il y a quelques années, avec de nombreux postes ouverts notamment en français, en anglais et en mathématiques. C’était une bonne idée qui a permis à des jeunes diplômés pas forcément préparés aux spécificités de l’enseignement en classe de se former sur le tas pendant un an avant de passer leurs oraux.

Enfin, je voudrais faire remarquer qu’il n’est à aucun endroit question d’éducation artistique et musicale dans le rapport. J’effectue actuellement un travail sur la place de la musique en France et notamment des jeunes artistes créateurs, et l’ensemble des gens que j’ai rencontrés m’ont convaincu de la dimension essentielle de cet aspect de l’éducation. Elle devrait constituer une matière à part entière comme le français ou les langues. En effet, des dispositifs comme l’Orchestre à l’école prouvent que la musique est bien plus qu’un esthétisme et qu’elle amène les jeunes, y compris les plus mal intégrés, à sortir de leur isolement, à se respecter et à se comprendre par la connaissance et la maîtrise d’une discipline.   

Or, l’éducation artistique et musicale, qui était bien présente dans les écoles normales, s’est amoindrie dans les IUFM, et elle est aujourd’hui totalement absente des ESPE. »

 

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