Hervé FERON

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Les cahiers de l'été - petites remarques...



Après 7 premiers épisodes des "cahiers de l'été" plutôt documentés et argumentés, on pourrait penser que la presse s'en emparre un minimum pour nourrir le débat... et bien non !
Ces 7 premiers épisodes ont pourrant été suivis par plusieurs dizaines de milliers de personnes sur mon site herveferon.fr et sur facebook...
Dans l'Est Républicain de dimanche deux pages entières sont consacrées aux élections municipales sur le Grand Nancy. 
D'abord, le journaliste continue à considérer qu'à Nancy seul un duel Hénart-Klein est envisageable. Comme si un(e) autre candidat(e) ne pouvait se présenter et profiter du fait que ces deux-là se ressemblent trop dans leurs parcours politiques respectifs...
Ensuite c'est le passage en revue des maires qui se représenteront sur les 19 autres Communes, de ceux qui ne se représenteront pas et des indécis... "les vrais indécis et ceux qui jouent au chat et à la souris" (sic !) chacun appréciera l'élégance... 
Les uns et les autres sont énumérés avec plus ou moins de bienveillance... 
Une photo et un article spécial sont consacrés à Garcia, mais rien sur ses nombreuses  absence à l'Assemblée et rien sur son vote sur le CETA qui lui vallent quand même un déchainement hostile sur facebook... Comment peut-on passer tout ça sous silence ?
Un passage en revue donc, mais rien sur le fond ! Il est question d'enjeux, mais de quels enjeux ? Quand est-ce qu'on parle des positions de chacun sur les grands dossiers qui impactent le quotidien des Grands Nancéens ??? La dette ? Les privilèges ? Le mode de gouvernance ? Nancy Grand Coeur ? Grand Nancy Thermal ? La ligne 1 du tram ? L'écologie ? et surtout le projet caché d'Hénart et Rossinot (et d'autres ?) d'une fusion des communes en une "Commune nouvelle"...
Il appartiendra donc aux citoyens d'interroger publiquement chacun des candidats dans les 20 Communes sur son bilan et sur ses intentions quant à chacun de ces sujets.

"Intérêt personnel et ignorance" (Anton Pannekoek).


« De nombreux écrits scientifiques se plaignent avec émotion de la destruction croissante des forêts. Or ce n’est pas seulement la joie que chaque amoureux de la nature éprouve pour la forêt qui doit être prise en compte. Il existe aussi d’importants intérêts matériels, voire des intérêts vitaux pour l’humanité. Avec la disparition des riches forêts, des pays connus dans l’Antiquité pour leur fertilité, densément peuplés, véritables greniers pour les grandes villes, sont devenus des déserts pierreux. La pluie n’y tombe que rarement, ou des pluies diluviennes dévastatrices emportent les minces couches d’humus qu’elle doit fertiliser. Là où la forêt des montagnes a été anéantie, les torrents alimentés par les pluies de l’été roulent d’énormes masses de pierres et de sable, qui dévastent les vallées alpines, déforestent et détruisent les villages dont les habitants sont innocents « du fait que le profit personnel et l’ignorance ont détruit la forêt dans les hautes vallées et la région des sources . 

« Intérêt personnel et ignorance » : les auteurs, qui décrivent avec éloquence ce désastre, ne s’attardent pas sur ses causes. Ils croient probablement qu’il suffit d’en souligner les conséquences pour remplacer l’ignorance par une meilleure compréhension et en annuler les effets. Ils ne voient pas qu’il s’agit d’un phénomène partiel, l’un des nombreux effets de nature similaire du capitalisme, ce mode de production qui est le stade suprême de la chasse au profit.(...)

 Le capitalisme est une économie décérébrée qui ne peut réguler ses actes par la conscience de leurs effets. Mais son caractère dévastateur ne découle pas de ce seul fait. Au cours des siècles passés, les êtres humains ont exploité la nature de manière insensée sans penser à l’avenir de l’humanité tout entière. Mais leur pouvoir était réduit. La nature était si vaste et si puissante qu’avec leurs faibles moyens techniques, ils ne pouvaient lui faire subir que d’exceptionnels dommages. Le capitalisme, en revanche, a remplacé le besoin local par le besoin mondial, créé des moyens techniques pour exploiter la nature. Il s’agit alors d’énormes masses de matière qui subissent des moyens de destruction colossaux et sont déplacées par de puissants moyens de transport. La société sous le capitalisme peut être comparée à la force gigantesque d’un corps dépourvu de raison. 

Anton Pannekoek, La destruction de la nature, 1909

Les cahiers de l'été - épisode 7 - la Ligne Numéro 1 du tram...

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C'est une histoire qui dure depuis au moins 19 ans ! Et qui semble ne jamais devoir s'arrêter, comme dans ces mauvais films américains où un tramway fou dans la ville est devenu incontrôlable...
Tout d'abord "ils" se sont complètement plantés sur la technologie choisie à l'époque. Il fallait ne pas faire comme les autres, alors "ils" ont choisi un tram sur pneu (comme disait Coluche "partir, c'est crever un pneu !") dont "ils" n'ont eu cesse de nous vanter les mérites et puis surtout, il avait fallu l'inaugurer en grandes pompes avec madame Chirac et André Rossinot, juste avant des élections...
Ensuite, "ils" se sont enfoncés pendant de nombreuses années, quand l'opposition (et pas que...) leur disait que ça nous coûtait très, très cher et que ça ne fonctionnait pas...
Mais "ils" sont têtus, "ils" ne reconnaissent jamais leurs erreurs. On nous avait même annoncé trois lignes de tram à échéance 2006... On attend encore. Ce tram aura été un des premiers éléments constitutifs de la dette abyssale d'aujourd'hui (avant Le Palais des Congrès, avant Nancy Grand Coeur, avant le Grand Nancy Thermal...) ! Il faut d'ailleurs remarquer que le grand public et les élus n'ont jamais obtenu de bilan chiffré de cette catastrophe : combien nous a coûté réellement par an ce tram sur pneu ???
 
"Ils", bien sûr, ce sont André Rossinot et sa majorité... 
 
Sans jamais n'avoir reconnu leurs erreurs, sans jamais assumer le fait qu'ils n'auraient jamais dû choisir le tram expérimental Bombardier, comme s'ils avaient joué en misant avec l'argent public et qu'ils avaient perdu. Penauds, voilà qu'"ils" ont décidé de repartir sur une nouvelle technologie : le tram ferré. Très bien...
Seulement voilà, un débat, dont "ils" n'ont surtout pas voulu, s'est installé au sujet de "la montée à Brabois"...
A. Rossinot a décidé de déménager entreprises et universités du centre de Nancy à Brabois, sans aucune concertation et sans avoir pensé à la façon dont ces milliers de personnes rejoindraient le plateau de Brabois chaque jour...occasionnant ainsi le chaos quotidien, le mal-être, voir l'impossibilité de rejoindre son lieu de travail ou d'études. J'ai déjà fait état de témoignages d'étudiants qui se sont résignés à ne plus monter à Brabois et à ne prendre leurs cours que par internet ! Un professeur d'université m'a également confié qu'il était contraint de donner ses cours par internet ! C'est une terrible précarisation des conditions d'études qui a été organisée là.
 
Dans un premier temps, la majorité du Grand Nancy nous a longtemps dit qu'il n'était pas possible de monter à Brabois en tram, sans rupture de charge et que le tram s'arrêterait donc en bas (!) "Ils" nous mentaient. Puis devant la grogne générale, ils ont proposé une montée avec rupture de charge (tram/bus). C'est dire combien ils n'ont pas conscience de la réalité et de l'ampleur du problème !
 
Et puis, un jour, "ils" nous ont sorti de leur poche un projet qui nous emmènerait nous promener en tram par Villers-les Nancy, projet qui rend furieux les premiers concernés, les riverains... 
Les mensonges ont succédé aux entourloupes, on nous parlait au début d'une somme de 400 millions (de toutes façons, on ne les a pas) où en est-on 
maintenant ? On nous parlait d'une réalisation pour 2021 (véridique), dans les documents budgétaires  2019, l'échéance envisagées est 2026 ! Et pendant ce temps-là, ce grand cirque va continuer ?
 
Pourquoi le projet qu'ils voudraient nous imposer n'est-il pas souhaitable ?
- Parce qu'il sera trop coûteux, les deux viaducs projetés engendreront un surcoût de 100 millions d'euros au bas mot. Oui, au bas mot, car chacun sait qu'il y a un grand décalage entre le coût annoncé au départ et celui constaté à l'arrivée. Exemple : Dijon avait prévu 398,5 millions pour réaliser son tramway, il lui en a couté en réalité ... plus de 680 millions ! Et les Dijonnais vont payer la note pendant 40 ans !
- Parce que le tracé est inapproprié, il implique des expropriations, les viaducs porteront préjudice à l'environnement, au Jardin Botanique et aux habitations proches. Et parce que les riverains ne sont pas entendus. Comme dans tous les projets du Grand Nancy, on ignore le triptyque écologie /esthétisme/ élégance, c'est malheureusement une constante.
On est tous d'accord : il faut que le tram, sans rupture de charge, monte à Brabois. Mais cela ne doit pas devenir un dogme et permettre un projet médiocre, sous prétexte qu'il faudrait avoir un alibi à exposer pour les prochaines municipales...
 
J'ai longtemps pensé qu'au début A. Rossinot n'a jamais eu l'intention de réaliser la montée vers Brabois sans rupture de charge... et qu'en proposant cette solution, incohérente au possible, il savait très bien qu'elle ne serait pas possible et il jouait ainsi la montre. C'est encore un peu vrai, mais aujourd'hui, je suis sûr d'une chose... il s'en contrefout ! Après moi le déluge ! Il sait pertinemment que ce ne sera pas lui qui aura à gérer ce douloureux dossier. On est donc dans l'irresponsabilité la plus complète. 
D'autant plus que, non content d'avoir muselé la droite et tous ses courtisans sur ce sujet, il s'est rallié "les autres" (je n'ose dire la gauche) par influence. Choserot s'est trouvé si flatté de se voir "confier" un tel dossier, il aura été le bon petit soldat à défendre l'indéfendable, à sortir la grosse artillerie pour flinguer toute velléité d'opposition (le macronisme, ça fait très peur...) ! 
Du côté de Vandoeuvre, on n'est pas toujours à l'aise dans ses baskets, on a aussi été très flatté d'être reçu par le Président qui a écouté dans sa grande mansuétude... on n'aime pas avouer que l'on s'est fait berner par le Président... Il ne serait pas trop tard pour reconnaître ses erreurs ?
 
Vous avez compris, vos élus ne sont pas bons, quand ils sont dans la posture, pour ne pas dire dans l'imposture...
 
De par la Loi, le Grand Nancy a l'obligation d'étudier les différentes variantes possibles avec objectivité. Obligation aussi de s'expliquer sur le choix qui sera fait et sur les conséquences sur l'environnement...
 
Alors, pour quoi ne pas étudier sérieusement, en toute sincérité et en toute objectivité, les propositions alternatives qui ont été émises ?
Messieurs, inféodés à André Rossinot, cela vous honorerait !
 
1) la proposition faites par le collectif des riverains :
Pourquoi le nouveau tram ne passerait-il pas par l’avenue Paul Muller à Villers-les-Nancy ? Il s’agirait d’un tram à deux voies de circulation et son emprise serait publique, donc n'impliquerait pas d’expropriations de particuliers. Il circulerait sur une route naturelle et n’impacterait pas  la circulation automobile. Il desservirait : le Campus Sciences (à 300 mètres) le collège L. Armand, le groupe d’ habitations de la Mutualité, Telecom, le Village, les futures résidences de Remicourt, la zone de résidences étudiants, le quartier des Cottages, le Camping de Nancy/Brabois puis TOUT LE TECHNOPOLE, la Fac de Médecine et enfin le CHRU de Brabois.
 
Comparé au tracé décrété par l'exécutif de la Métropole, ce serait un vrai transport public, laissant même la possibilité par la suite d'un raccordement éventuel pour desservir Villers Clairlieu.
La Métropole oppose un allongement du parcours... Alors que la distance du campus à Brabois via Paul Muller fait 4,93 km. Cette distance campus/Brabois par le Jardin Botanique fait 3,25km. La différence est de 1,68 km environ (à la vitesse commerciale de 30km/h, on perd 4 minutes). Quatre minutes pendant lesquelles les voitures resteront à la maison, quatre minutes qui feront que lorsque vous viendrez humer les dahlias ou les roses au Jardin Botanique vous n’entendrez que les oiseaux et non pas le roulement d’un tram toutes les 4 minutes .
La plus-value entre la proposition insuffisamment travaillée de la Métropole et celle de l'avenue Paul Muller s'évalue en 
- 4 minutes de "perdues", 
- au moins 100 millions de gagnés, 
- le Jardin Botanique préservé,  
- la qualité de vie et le respect  des riverains, comme des usagers...
 
2) La proposition faites par Françoise Hervé :
Passer par l'avenue Jean Jaurès à Vandoeuvre. Interroger les constructeurs sur la faisabilité, ne pas se suffire d'une seule étude commanditée pour mieux tuer cette hypothèse... Un tracé qui coûterait beaucoup moins cher et serait moins dommageable pour l'environnement... C'est possible !
 
3) La proposition soutenue par le Collectif des associations de défense des usagers des transports et de l'environnement :
Une étude commanditée début 2018 par la Commune de Vandoeuvre a démontré la possibilité de faire monter le tramway par l'avenue du Général Leclerc, y compris sur deux voies en site propre, à la condition de modifier le plan de circulation dans ce secteur. 
 J'avais moi-même, proposé qu'on étudie sérieusement (et non pas que l'on balaie cette idée  par de simples affirmations non démontrées) la possibilité de monter plus directement à Brabois en passant par la rue du Général Leclerc, mais en n'utilisant qu'une seule voie de tram en montant et en descendant, ce qui permet la continuité de la circulation automobile. Les deux schémas ci-dessous du tram à Valenciennes démontrent que c'est possible techniquement.
 
 
Alors, pourquoi ne pas soumettre cette solution aussi à la discussion ?
 
Il faut comprendre que ce dossier est très important, il sera déterminant  pour la qualité de la vie des Grands Nancéens, mais aussi pour l'état de nos finances. Cela fait plus de 19 ans qu'"ils" se trompent et qu'"ils" nous trompent, ne les laissons pas continuer !
La constitution d'une nouvelle majorité devrait permettre en responsabilité de remettre à plat complètement ce dossier, de déchirer cette pâle copie, d'explorer en toute transparence chacune des variantes pour choisir la solution  qui sera celle de la raison et de l'intérêt général.
Mobilisons-nous !

Les cahiers de l'été - épisode 6 - la dette !


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La dette, c'est le nerf de la guerre. Quand le remboursement de la dette nous étouffe au point de ne plus pouvoir fonctionner normalement, de ne plus pouvoir envisager des investissements qui seraient nécessaires, c'est que depuis longtemps on a mal géré.

J'ai été le premier à le dire, il y a 10 ans, en Conseil de Communauté Urbaine et à multiples reprises : "Monsieur le Président, dans le rapport dette par habitant, vous êtes la dernière Communauté Urbaine de France !"  Et je l'ai dit et redit, jusqu'à ce que d'autres reprennent également cette remarque... L'irresponsabilité, c'est de ne jamais avoir voulu l'admettre et de ne jamais nous avoir répondu en proposant une stratégie cohérente pour redresser cette situation.
Comme je relançais cette alerte régulièrement, souvent l'exécutif du Grand Nancy ironisait en disant que je rabâchais... Seulement voilà, aujourd'hui la Métropole du Grand Nancy, parmi toutes les Métropoles et les Communautés Urbaines de France est  la dernière de la classe dans le rapport dette par habitant.
Ils peuvent toujours chipoter, c'est un fait. Ils disent "telle Métropole n'a pas inclus les transports en commun dans son budget...", mais la Métropole du Grand Nancy, elle, ne nous parle jamais des centaines d'hectares réservés par l'EPFL pour son compte et qu'elle devra payer un jour, terrains sur lesquels elle devra aussi financer des projets pour assumer ses engagements... Ça c'est de la dette cachée qui s'ajoute à la dette...
La dette cumulée au 31 décembre 2018 est de 685 millions (excusez du peu). Ils prétendent que "notre capacité de désendettement se bonifie sensiblement (sur un an) par l'amélioration des niveaux d'épargne..." Comment cela est-il possible ? En augmentant les tarifs des services publics, en affaiblissant ces services publics (ramassage des ordures, bus...) en diminuant les enveloppes dévolues au Communes pour l'entretien des voiries et leur sécurité, en n'entretenant pas les petits équipements (ceux qui servent à la population, les gymnases...).

Ces affirmations posées lors du vote du Budget 2019 ne sont que recherches désespérées d'alibis... Et comme par hasard, ils ne nous ont pas présenté, à cette occasion et malgré nos demandes, de perspectives sur les années à venir concernant cette capacité d'autofinancement...
Et puis il vient se rajouter à tout cela, les dépenses fastueuses, pour ne pas dire les cadeaux faits aux entreprises privées par centaines de millions d'euros, exemple le projet de Grand Nancy Thermal dont on reparlera... Il vient aussi se rajouter les investissements nécessaires et incontournables, car on a trop pris de retard, comme la ligne 1 de transports en commun. Mais là aussi, les choix ne sont pas les bons et il est programmé un projet dommageable sur le plan écologique et beaucoup plus coûteux que d'autres solutions qui n'ont pas été explorées sérieusement...

Toujours à l'occasion de ce budget, "ils" ont fait voté (à tous ceux qui ont bien voulu le voter) rien que pour les 3 années suivantes 2019 - 2020 - et 2021, l'ouverture des AP (autorisations de programme pour investissements) : soit 12 AP dites "récurrentes" pour 273 millions d'euros et 12 AP de projets pour 226 millions d'euros ! C'est à dire 449 millions d'ici 2021 ! Alors qu'ils n'ont plus du tout de marge de manœuvre, ils savent pertinemment qu'une grande partie de ces 500 millions ne pourra être couverte que par de nouveaux emprunts engagés !

Cela signifie au moins trois éléments :

- Messieurs, Mesdames, habitants du Grand Nancy, nous allons être endettés à l'horizon 2021 , vous, moi et tous les contribuables, à hauteur de plus d'un milliard d'euros !!!

- Ils jouent la politique de l'autruche et tout cela éclatera après les élections municipales de mars 2020, quand une partie des responsables de cette situation ne sera plus là pour l'assumer ! Bonjour l'héritage !

- Dès 2021, si rien n'a été corrigé, il y aura une explosion des impôts levés par la Métropole, c'est inéluctable.

En conclusion, il faut changer la majorité de la Métropole pour une autre politique budgétaire raisonnable... 

Il est temps que les élus se saisissent de ce sujet essentiel et qu'on n'arrête d'abandonner les choix politiques aux techniciens !

Il y a urgence à être un minimum sérieux !

Le chômage au plus bas.

Les cahiers de l'été - épisode 3 - Les Maires.

Les cahiers de l'été - épisode 3 - Les Maires. 

... et plus particulièrement les Maires dans la Métropole du Grand Nancy. 

 

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Un des sujets les plus médiatiques de l'été aura été "la fonction de Maire". Suite, bien sûr, au décès tragique du Maire de Signes qui a bouleversé tout le monde. Décès d'ailleurs peut-être accidentel, mais qui n'en reste pas moins révélateur de la difficulté que les Maires ont à exercer leur fonction et du malaise profond qu'ils éprouvent... 

 

On a l'impression qu'à l'occasion de ce drame, on a découvert la situation ! Mais tout cela existe au quotidien et depuis longtemps. Malheureusement, les conditions d'exercice de cette belle fonction n'ont cessé de se dégrader au fil des réformes sous Sarkozy, Hollande et Macron. 

C'est simple, les Maires dérangent les gouvernants qui ne sont que nommés, mais qui souvent n'ont jamais été élus eux-mêmes... Ils dérangent aussi les barons locaux présidents en toute puissance des grosses intercommunalités. 

Alors il est de bon ton de dire que 35000 Communes en France c'est beaucoup trop, en comparaison avec l'Allemagne ou avec la sacro-sainte Europe (que l'on ne prend en exemple que lorsque cela arrange bien...) 

 

Les Maires dérangent, parce qu'ils sont dans la proximité au quotidien et qu'ils connaissent, ils vivent, ils partagent, les difficultés de leurs concitoyens et ils le disent... Ils sont en permanence sur l'humain, quand les élus plus distants (Métropole, Conseil Régional, députés...), les Ministres, le Président de la République ne s'appuient que sur la technocratie, sur des études, des rapports sans âmes... 

Les Maires, eux, sont sur l'humain, cela leur confère, en général, une estime de la population et cela dérange encore plus... 

 

Alors on a cherché à les affaiblir progressivement pour pouvoir mieux dire qu'ils seraient inutiles : on a empêché le Maire en exercice, d'être Parlementaire. On a supprimé aux maires des dotations depuis 13 ans sans discontinuer sous Sarkozy, Hollande et Macron. A force de leur enlever des domaines de compétences pour renforcer cette toute puissance des grosses intercommunalités, on les a complètement déshabillés… les Maires n’ont plus les moyens d’agir et de faire vivre des politiques publiques. Et cela continue, de plus en plus. On entend parler (à l’occasion du Projet de Loi « fonction publique ») d’amendements qui pourraient dessaisir les Maires de certaines responsabilités (Ressources Humaines, Communication…) pour renforcer celles des DGS ! Chaque fois que la fonction de Maire est encore un plus affaiblie, c’est le Peuple que l’on abandonne encore un peu plus. 

 

Les maires aident les gens au quotidien, ils leur trouvent du travail, des formations, un appartement, ils leurs portent véritablement secours pour pallier aux carences des autres institutions. Ils résolvent des conflits privés, ils apaisent, ils expliquent. Et en retour, il est de bon ton chez les observateurs, les donneurs perpétuels de leçons, de les accuser d’être clientélistes, électoralistes 

 

Mais chaque fois qu'une difficulté majeure survient au niveau national, ce sont les Maires qu'on appelle au secours, on se souvient soudain qu'ils existent et qu'ils sont une vraie chance pour la France. 

 

ð Au lendemain des attentats du Bataclan, par exemple, s'il n'y avait pas eu le formidable réseau des Maires, comment la France aurait-elle pu continuer à vivre sans être hyper militarisée ? Sans les Maires qui connaissent leurs concitoyens, et qui ont tout assumé avec leurs petits moyens, il aurait été impossible d'organiser la moindre fête dans le moindre petit village, dans les quartiers, dans les villes. Toute réunion, toute activité, toute kermesse d'école, tout spectacle auraient été impossibles dans ce climat de terreur... 

 

ð Quand Emmanuel Macron était acculé par les gilets jaunes, c'est aux Maires qu'il s'est adressé pour qu'ils ouvrent leurs salles au Grand Débat... et qu'ils absorbent au premier rang la légitime colère populaire... Ces Maires qu'il venait justement de mépriser deux mois plus tôt, en refusant de se rendre à leur Congrès national, il leur apportait soudain intérêt et reconnaissance... 

 

Le malaise dans ce pays n'est-il pas exacerbé depuis que les Maires ont été interdits d'Assemblée Nationale au nom du non-cumul des mandats, théorie de bobos, alors qu'il aurait été si simple d'instituer le non-cumul des indemnités ? Le résultat est là, immédiatement, le Parlement n'est plus, à quelques exceptions près, qu'une Assemblée de notables parisianistes hors sol, complètement déconnectés avec la réalité... 

 

Mais il n'y a rien de nouveau : 

 

=> depuis longtemps, les Maires sont aimés des Français, le Maire avait même été il y a un certain nombre d'années le personnage préféré des Français... récemment selon un sondage IFOP pour le JDD, 83% des sondés ont une opinion favorable de leur Maire. Et cela malgré les incessants amalgames faits par les médias avec les autres élus et de préférence avec les élus qui trichent... 

 

=> En exceptant les Maires des grandes Villes, on ne peut pas reprocher à un Maire de faire une carrière trop longue, quand personne ne veut ou ne peut prendre sa place - On ne peut pas lui reprocher des revenus trop élevés étant donné le montant faible et parfois ridicule de ses indemnités, étant donné aussi sa lourde charge de travail et de responsabilités, étant donné son statut si précaire - On ne peut pas lui reprocher de faire excès de pouvoir, quand il n'a justement plus de pouvoir d'agir... 

 

ð Les Maires travaillent beaucoup, ils sont sollicitables 7 jours sur 7 et 24h sur 24. 

 

=> Quand on parle des violences, l'affaire de Signes est terrible et cet été d'autres faits de violences physiques ont été révélés, mais ne soyons pas naïfs, la violence est quotidienne pour les Maires. Elle est verbale, elle est ironique, c’est une tension permanente. Dans une société d'hyper consommation, où toute personne qui achète une maison pense avoir acheté tout le quartier et revendique à ce titre des droits, dans une société en perte de repères, c'est toujours au Maire que l'on s'adresse au moindre problème et souvent il est même mis en cause. Beaucoup de personnes conditionnées par le climat général hostile aux élus de la République, s’adressent au Maire de façon irrespectueuse et agressive. La violence et par conséquent la douleur sont fréquentes. Si un Maire se fait insulter, menacer, bousculer dans l’exercice de ses fonctions et qu’il porte plainte, la plainte est usuellement classée sans suite. 

 

Dès lors que l’on constate de fait que, le Maire est un travailleur précaire, on peut dire qu’il y a « conditions de travail inacceptables ». Le fait d’être élu mériterait une vraie protection sociale et juridique prévue par le statut. 

 

=> Il n'est pas nouveau non plus qu'un grand nombre de Maires ne souhaite plus se représenter aux élections municipales suivantes, c’est un sujet qui ressort tous les six ans... On comprend aisément pourquoi. 

 

Dans la Métropole du Grand Nancy, c’est encore pire : 

 

L’exécutif de la Métropole du Grand Nancy s’empare systématiquement des évolutions législatives (qui sont interprétées à convenance) pour concentrer toujours plus de pouvoirs. Le problème n’est donc toujours pas la Métropole, mais son mode de gouvernance autoritariste. André Rossinot nie en permanence la légitimité démocratique des Maires qu’il écrase de toute sa suffisance. Il n’est plus sorti dans la rue au contact de la population depuis le siècle dernier, c’est pourquoi il est ignorant des attentes et des besoins des habitants. Il confie les politiques publiques à ses technocrates, le résultat en termes de bilan est humainement catastrophique. 

 

ð Il a dissous l’opérationnalité des Maires et de leurs Conseils Municipaux en leur confisquant moyens et domaines de compétences. 

 

ð Il a spolié les Communes en faisant réserver des centaines d’hectares par l’EPL (ce qui équivaut à une dette importante qui n’apparait pas dans les comptes…) La Métropole est donc devenue ainsi propriétaire foncier privée sur les territoires des Communes. Il a privé les Communes de leur richesse foncière, il fait parfois des acquisitions à l’euro symbolique, puis revend à 60€ le m²… en demandant aux promoteurs de payer en plus les aménagements routiers. La conséquence, c’est que lorsque vous achetez un terrain ou une maison, vous payez beaucoup plus cher !!! Comme il a aussi verrouillé l’urbanisme en s’appropriant toutes les compétences, en finançant et en maitrisant les Conseils d’Administration de l’agence d’urbanisme et de l’aménageur qui sont systématiquement retenus pour gérer les ZAC, il a pouvoir de vie ou de mort sur les Communes, il permet ou empêche leur développement au gré de ses humeurs et en fonction de la docilité ou non des Maires, devenus ainsi serviles. 

 

ð Comme il a surendetté la Métropole par des dépenses inconsidérées, il a fait des Communes sa variable d’ajustement budgétaire. Par exemple, la Métropole a la compétence des voieries et donc de leur entretien et pour cela, elle perçoit des dotations. Cela signifie qu’elle nous doit ces services ! A. Rossinot a mis en place une règle de répartition des enveloppes financières pour entretien des voieries aux Communes d’emblée injuste et inappropriée puisque cette règle s’appuie, non pas sur les besoins réels d’entretien, mais sur le linéaire de voierie… Le Maire a donc une enveloppe fixe, qu’il ne peut pas utiliser, mais qu’il peut solliciter (c’est-à-dire qu’il faut ensuite que la demande soit validée par les techniciens du Grand Nancy… bonjour la démocratie !). Comme ça, le Maire ne décide de rien sur sa propre Commune, mais s’il advient que son enveloppe est épuisée, alors que des travaux urgents sont nécessaires, le Grand Nancy peut aisément rejeter la faute sur le dos du Maire en faisant savoir aux habitants que le Maire n’a pas choisi de faire entretenir leur rue en priorité… Ainsi le Maire est rendu responsable du moindre nid de poule ! C’est comme cela que ça se passe ! Pire encore, il y a trois ans, ne sachant plus comment faire pour équilibrer le budget de la Métropole ingérable en raison de l’endettement, A. Rossinot a soudainement raboté considérablement les enveloppes des Communes. Et par exemple, la Ville de Tomblaine qui avait 400 000€ par an pour entretenir l’ensemble de ses voiries, s’est retrouvée du jour au lendemain avec… 300 000€, alors même que son linéaire de voieries a augmenté sensiblement avec la nouvelle ZAC. Ce qui fait que nous avons consommé aujourd’hui l’enveloppe de l’année 2019 et celle de l’année 2020, on ne peut donc plus rien faire en matière e sécurisation ou de réparation. La plupart des 

Maires du Grand Nancy sont dans cette situation intenable. Dans tous les quartiers, on nous demande d’installer un ralentisseur (le moindre ralentisseur coute plus de 10 000€), un stop, des aménagements de sécurité… Ce n’est pas de notre compétence et nous n’avons donc pas l’argent pour le faire sur nos enveloppes, mais par contre nous avons toute la responsabilité au nom de notre pouvoir de police ! C’est ainsi que l’on crée de l’animosité et que les Maires sont décrédibilisés aux yeux de la population… 

 

ð A. Rossinot cherche sans cesse à inventer de nouvelles mutualisations avec les Communes, pour mieux les étouffer et leur soutirer encore plus de participations financières. 

 

ð Il a asservi les Maires par une Conférence des maires qui n’est qu’un passage d’informations sur des décisions qu’il a prises unilatéralement. Les Maires (qui sont convoqués par le DGS de la Métropole ! On croit rêver !) qui affirment le contraire se doivent de sauver la face, nier l’évidence pour conserver leurs postes de Vice-Présidents, plaire au monarque s’ils ne veulent pas qu’il empêche des projets sur leurs Communes. Ils savent tous que je dis vrai. 

 

Ainsi, la Métropole est une technostructure inhumaine, d’une lourdeur extrême administrativement et d’une inefficacité chronique. 

 

 

Aujourd’hui, la majorité de la Métropole est confrontée à au moins deux angoisses : les prochaines élections municipales et le gouffre que représente la dette métropolitaine. Alors ils cherchent des échappatoires… 

Lors d’un Conseil de Métropole récent Laurent Hénart, sans avoir prévenu personne (et donc pas A. Rossinot) a proposé la fusion des Communes comme remède à l’endettement du Grand Nancy !!! 

Manifestement, il s’est pris les pieds dans le tapis, puisque la suite nous le démontre, il ne voulait pas parler de la fusion des Communes, mais de la création d’une Commune Nouvelle ! Mais, cela revient un peu au même. A. Rossinot était furax, car il n’avait pas été prévenu de cette intervention. Mais je pense qu’il ne souhaitait surtout pas que cette intention, qu’il partage mais pas publiquement, soit dévoilée… 

Une chose est sure, c’est que L.Hénart n’a pas fait un tabac auprès des Maires, la totalité s’exprimant contre cette proposition scandaleuse. Les seuls avis partagés que l’on a pu lire provenaient de personnes qui ont toujours un avis, mais qui n’ont jamais été Maires et jamais en situation de devoir gérer une Commune (V. Debord, C. Khirouni…) 

 

Ce que vous ne savez pas, c’est que depuis, A. Rossinot, comme L. Hénart n’ont eu de cesse que de travailler à ce projet de Commune Nouvelle, qui capterait ainsi les dernières ressources des Communes, qui confisquerait les dernières compétences des Maires, instituant des Mairies de quartiers et qui mettrait les Conseils Municipaux dans l’impossibilité de gérer le moindre projet. 

C’est la mort annoncée de la démocratie de proximité. Si cela arrivait, les citoyens n’auraient plus d’interlocuteur sur leurs Communes ! 

Vous devez le savoir, A. Rossinot, comme L. Hénart préparent cela en douce (on peut même se demander ce que A. Rossinot a dans la tête, lui qui ne pense qu’à durer politiquement…), ils ont dépensé de l’argent public pour diligenter des études et tout cela en catimini, à l’insu des citoyens. J’en veux pour preuves les deux courriers que je publie ci-dessous. Ils mentent tous les deux : 

- L. Hénart a annoncé aux Maires la visite d’un consultant (comme par hasard, ancien DGS du Conseil Départemental, remercié par Mathieu Klein…). Moi, ce consultant n’est jamais venu me voir, mais j’ai reçu ensuite une lettre d’Hénart qui me dit qu’après notre rencontre avec ce consultant, il me propose une réunion de synthèse avec les autres Maires ! 

- A. Rossinot avait annoncé une étude en interne, or, il a fait appel à un intervenant extérieur. Quel a été le coût de cet audit payé avec l’argent public pour financer la stratégie politicienne d’A. Rossinot ? 

 

Si vous n’en savez rien, c’est que leur intention est malhonnête et dommageable à la démocratie. Vos Maires se taisent… pour l’instant. 

 

J’espère que la presse va en parler. 

Car le projet devrait sortir après les élections, sans que les électeurs en aient été avertis ! 

Alors, si vous ne voulez pas vous faire avoir une fois de plus, je vous invite dans chacune des 20 Communes à interroger publiquement chacun des candidats aux élections municipales de mars 2020, posez leur cette question : 

« Quelle seront vos positions et attitudes, si après les élections municipales, il est proposé de créer une Commune Nouvelle qui dessaisirait alors notre Conseil Municipal de la possibilité de faire vivre toutes politiques publiques dans l’intérêt général et en lien avec la population ? » 

 

Voici donc la preuve avec ces deux courriers, qu’A. Rossinot et L. Hénart intriguent tous les deux dans le même sens (mais peut-être pas avec le même objectif…)

Merci


À partir d'un certain âge, l'anniversaire n'est pas une bonne nouvelle... mais quand on reçoit autant de témoignages de sympathie, j'avoue que c'est réjouissant. À une époque où la critique, l'insulte, l'agression facile, la suspicion ont envahi notre quotidien, cette petite phrase anodine "bon anniversaire" vous arrive comme une bouffée d'oxygène et rend l'anniversaire finalement agréable. Par rapport à "bonjour","bonsoir", 
"ça va ?", ça ne se dit qu'une fois par an, alors ça prend encore plus de sens et de force. Et du coup, on a la sensation que c'est sincère, que l'autre est positif pour vous et vous veut du bien.
Je peux vous dire que ça marche, ça fait du bien.
Bon, hier ma journée a été consacrée aux remerciements (!) et vous avez été plusieurs centaines à me souhaiter mes 36 ans... directement, par sms, messenger, mail... en français, en italien et même en turc ! J'ai essayé de répondre à tout le monde (j'ai même répondu en turc) et si j'ai zappé quelqu'un, j'en suis désolé, je vous dit MERCI collectivement.
Tant de gentillesse et d'attention, par les temps qui courent, ça donne de la force. Du coup, comme je suis gourmand et épicurien, je veux bien que ce soit mon anniversaire tous les jours !
À partir d'un certain âge, l'anniversaire devient une bonne nouvelle...
Ah, au fait... je vous aime tous.
Hervé Féron.

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